6. ☼☼~~Le monastère de Kumbum~~☼☼

Le monastère de Kumbum

Le monastère de Kumbum ou monastère de Jampa ling ou Kumbum Jampa Ling (en tibétain :  སྐུ་འབུམ་བྱམས་པ་གླིངsku-‘bum byams-pa gling, est l’un des grands monastères de l’école Gelugpa du bouddhisme tibérain et certains tulkou de la lignée des Taktser Rinpoché dont lobsang Tsultrim Jigme Gyasto  (1856-1919) et Thupten Jigme Norbu  (1922-2008) comptèrent parmi les abbés du monastère. Il comporte un  kumbum cela signifie qu’il comporte un temple. 

C’est sur le site du futur monastère qu’est né Tsongkhapa, le fondateur de l’école Gelugpa. ,

Ce monastère et le site est classé dans la liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national pour la province du Qinghai depuis 1961, sous le numéro de catalogue, 1-111. Ce monastère a constitué l’une des plus grandes bibliothèques du bouddhisme tibétain et Alexandra David O’Neel en parle dans ses ouvrages puisqu’elle l’a visité.

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Situation géographique de Kumbum

Le monastère de Kumbum

Voici une vidéo de Stéphanie Langlet

Le monastère, créé en 1560, se trouve dans la province du Qinghai (Amdo), situé au bourg de Losar  ou Lushaer (鲁沙尔镇lǔshāěr), dans le xian de Huangzhong , à 25 kmau sud-ouest de la centre urbain de la ville-préfecture de Xining,  la capitale provinciale dont elle fait partie.

Une fête en l’honneur de Tsongkapa a lieu du 20 au 26 du 9e mois.

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Pour certains, le monastère de Kumbum est situé dans la région culturelle tibétaine de l’Amdo.

Tsongkhapa  (1357 — 1419), le fondateur de l’école Gelugpa  (dont sont issus les dalaï-lamas du bouddhisme tibétain et qui est né sous l’Empire mongol de la dynastie Yuan à l’endroit même où fut construit ensuite le Grand Pavillon à toit d’or.  

Le premier temple fut construit en l’honneur de Tsongkhapa, en 1560, et fondé par Sonam Gyatso qui eut plus tard le titre du IIIème dalaï-lama donné par Altan Khan le 15 laus 1578 à la même époque que le monastère de Litang.

Selon la tradition, à cet endroit même, un arbre de santal blanc  a poussé du sang tombé à terre lors de l’accouchement , qui se déroulait à même la terre battue.

Par son pouvoir, Tsongkapa aurait marqué par la suite les 100 000 feuilles de cet arbre d’images des déités tibétaines, et ses branches et son écorce d’autres empreintes et des « Six Écritures » (c’est-à-dire les six syllabes de om mani padme hum).
C’est d’ailleurs, comme le rappelle Alexandra David O Neel, la raison du nom du monastère : l’expression tibétaine kumbum (translittération Wylie : Sku ‘bum) signifie « cent mille images saintes ».

Le monastère de Kumbum

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Séjour du père Évariste Huc à Kumbum (1845)

Le père Evariste Huc  accompagné du père Gabet, tous les deux missionnaires lazaristes, a séjourné à Kumbum, en 1845, pendant trois mois. Il évoque longuement ce séjour dans ses souvenirs.

Il a pu voir l’arbre aux 100 000 images qui était encore vivant à cette date et il en a observé les feuilles, chacune marquée d’un caractère tibétain très bien formé, sans pouvoir s’expliquer ce phénomène. Il a pu assister à la fête des Fleurs, ou des tormas, qui se célébrait le 15 de la première lune.

Celle qu’il décrit fut particulièrement somptueuse. Il a pu voir de près, à cette occasion, le grand lama de Kumbum dont le costume, nous dit-il, ressemblait étrangement à celui d’un évêque catholique, avec mitre, crosse et chape sur les épaules.

À cette époque le monastère de Kumbum était peuplée de quelque quatre mille lamas.

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 Séjour d’Alexandra David-Néel à Kumbum (1918-1921)

Elle  séjourna à Kumbum de juillet 1918  à février 1921, accomplissant ainsi un souhait qu’elle entretenait depuis son séjour au Japon. Elle en rapporta de nombreuses photographies, qui illustrent l’aspect du monastère ainsi que les vêtements des habitants de la région à cette époque.

Le monastère, groupant des bâtiments de style chinois, d’aspect cossu, comptait alors, dit-elle, 3 800 lamas, vivant dans un silence complet, troublé seulement « par le bruit des longues trompettes tibétaines appelant aux exercices religieux et de lointaines harmonies de musique sacrée ».

Elle eut l’occasion d’y assister à la grande fête annuelle, la fête des tormas de beurre, au cours de laquelle étaient exposées « quantité de statues en beurre colorié exquisément modelées et entourées d’une profusion d’ornements, tous en beurre ». Alexandra David-Néel avoua préférer la fête des tormas de Kumbum à celle de Lhassa, pourtant célèbre dans tout le Tibet.

Elle put, pendant son séjour à Kumbum, voir la foule bigarrée, comprenant des éléments appartenant aux races diverses qui se côtoyaient dans la région, Tibétains, Chinois, mais aussi populations d’Asie centrale enturbannées. Elle fit d’ailleurs quelques commentaires sur les tenues féminines qu’elle croisait, notant par exemple, lors d’une des foires de la région, « les chapeaux pointus des femmes appartenant à une tribu métisse de Chinois et de Tibétains », ou encore les vêtements de parade des femmes des environs de Kumbum, au sujet desquels elle disait :

« Le beau sexe des environs de Kumbum arbore des harnachements qui conviendraient mieux à un cheval qu’à un être humain. Réellement, les dames endimanchées sont engoncées dans une sorte de pesant harnais en cuir recouvert de drap surchargé d’ornements qui leur enserrent le cou, tourne autour de la taille et descend jusqu’aux talons. »

Alexandra David-Néel n’est qu’un des hôtes occidentaux de ce monastère qui occupe une place considérable dans la mémoire occidentale concernant le monde tibétain. D’autres noms connus sont également liés au monastère de Kumbum : Evariste Huc, Ella Maillard, Paul Pelliot. Nombre d’anonymes y ont passé à un moment de leur approche du Tibet par la route du Septentrion. De nos jours, ce monastère sert de haut-lieu touristique de la culture tibétaine.

Sous la République populaire de Chine,  le monastère fut fermé un certain temps avant d’être rouvert en 1979. Si ses bâtiments furent protégés pendant la révolution culturelle,  il n’hébergeait plus que 400 moines, en comparaison des 3 000 avant cette période. Son abbé, Arjia Rinpoché s’est enfui en 1998 pour rechercher l’asile politique aux USA.

D’importants travaux de restauration ont été entrepris, à la suite du tremblement de terre de 1990.

Le monastère de Kumbum

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Les principaux bâtiments du monastère sont :

le Chorten de 13 mètres de haut, qui en marque l’entrée ;

le Petit Pavillon à toit d’or, très étrange du fait des animaux empaillés que l’on voit apparaître à l’étage supérieur ; cerfs, yaks ou chèvres,  drapés dans des écharpes de cérémonie, contemplent le visiteur de leur regard vide. Ils ont été tués et empaillés avant d’être placés à la balustrade de la galerie supérieure, car « ils étaient des démons» ;

le Temple de la Longévité, datant de 1717, dédié à Kelzang Gyatzo, le VIIème dalaï lama. On y voit en entrant une pierre curieuse, où se reposait la mère de Tsongkhapa quand elle allait chercher de l’eau ;

la Grande Cuisine ; le Grand Pavillon de la méditation, où pouvaient se réunir jusqu’à 2 000 moines pour chanter des soutras.  Ce pavillon abrite une très grande salle de prière à colonnades où se réunissent aujourd’hui les 700 moines du monastère ; les colonnes sont ornées de tapis, enroulés autour d’elles. Des niches vitrées abritent 500 statuettes de Tsongkapa ; on voit également une statue de Tsongkapa, à l’âge de 7 ans, grandeur nature. Toute la salle de prière est décorée de thangkas,  les plus anciennes étant ornées de perles noires qui figurent les yeux des personnages ;

le Grand Pavillon à toit d’or, également appelé Grand Temple des tuiles d’or, car son toit est recouvert de 350 kg d’or. Il fut construit à l’endroit même où naquit  Tsongkhapa en 1357. À l’intérieur se trouve un énorme chorten revêtu de 1 500 kg d’argent, à l’intérieur duquel se trouverait encore aujourd’hui les restes de l’arbre aux 100 000 feuilles, qui poussa à cet endroit lors de la naissance de Tsongkapa ;

le Pavillon de Maitreya, le Bouddha du futur ; construit en 1577, c’est aujourd’hui le plus vieux bâtiment du monastère de Kumbum ;

le Pavillon des neuf salles ;

le Pavillon des sculptures de beurre, où on voit de délicates sculptures en beurre de yak ; les moines édifient ces étonnantes sculptures pendant le mois le plus froid ; elles représentent par exemple des personnages de grande taille, tenant de délicates fleurs de beurre dans leurs fins doigts de beurre ;

le Pavillon de Dafanzhang, tout en haut du monastère, après une volée de marche.

Enfin, tout autour du site, sur une distance de 5 kilomètres, serpente sur les collines environnantes un chemin de prière, orné tout du long de drapeaux de prière ; les pèlerins le parcourent selon l’antique rite tibétain consistant à se prosterner à plat ventre à chaque pas ; le chemin de prière est donc long à effectuer.
De nombreux fidèles viennent d’ailleurs passer quelque temps au monastère, et y accomplir 100 000 prosternations avant de repartir chez eux, ce qui nécessite en moyenne un séjour de trois mois à un an, selon l’âge de la personne5.

Le monastère de Kumbum est facilement accessible depuis Xining.

Nous reprenons le parcours de G.T. Gsybikov dans l’article suivant pour retrouver d’autres monastères et d’autres lieux particuliers.

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Bonne périgrination au travers de ces pages.

©Colinearcenciel & Karma Samten Tcheu Dreun

©Coline Arcenciel

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