1.68. Les forces invisibles du temps

Krishna enfant appellé Gopal
SARASVATI

Pour le chapitre IV verset XVII et XVIII des explications sont donnés dans le premier livre. Il est à noter que vous pouvez obtenir cette oeuvre dans son entièreté dans un Ashram consacré à Krishna.

TENEUR ET PORTEE DE CES DEUX SLOKAS

« Les forces invisibles du temps agissent avec tant de puissance qu’elles font tôt ou tard sombrer dans l’oubli toutes choses matérielles.

Cependant, au cours de Kali-Yuga, dernier cycle de quatre âges, la qualité des objets matériels subit encore les détériorations du temps. La durée d’existence du corps de matière, de même que la mémoire, y décroissent considérablement pour la masse des hommes. La matière même y restreint ses dons.

La terre ne produit plus autant de céréales qu’aux âges passés. La vache ne donne plus autant de lait. Moindre également la production des fruits et des légumes. Si bien que tous les êtres, hommes et bêtes, s’y nourrissent de façon insuffisantes, tant par la qualité que par la quantité. Et par manque de toutes ces nécessités vitales, la longévité s’en trouve affectée, la mémoire raccourcie, l’intelligence appauvrie, les rapports entre les êtres chargés d’hypocrisie, et ainsi de suite.

Ainsi le sage Vyasadeva pouvait, de sa vision divine le prévoir. De même que l’astrologie peut prophétiser l’avenir d’un être, ou l’astronome prédire le moment des éclipses, du soleil et de la Lune, ceux qui voient à travers les écritures, et qu’on nomme âmes libérées, savent prédire le futur de l’humanité, et ce, en raison de la vision perçante que leur confère leur élévation spirituelle.

De plus, tous ces spiritualistes, qui sont naturellement des dévôts du Seigneur, brûlent toujours d’agir pour le bien de l’humanité, dont ils sont les véritables amis, au contraire des pseudo-leaders, incapables de prévoir ce qui arrivera dans cinq minutes.

L’âge de Kali n’épargne pas plus les chefs que le reste des hommes : eux aussi sont infortunés et n’ont plus de foi en la vérité spirituelle. Nul besoin d’ajouter qu’il s’y trouve déjà constamment assaillis par diverses maladies, qui n’existaient pas dans les âges passés ; les conditions n’y étaient pas si défavorables.

D’autre part, les hommes de cet âge accroissent leur infortune en se refusant à entendre, les spiritualistes qui représentent Srila Vyasadeva et qui, marchant sur ses traces, ne nourrissent aucun motif personnel, s’emploient tout entier à découvrir quelque moyens d’aider tous les êtres, dans tous les *varnas et *asramas.

Les plus grands philanthropes, sont d’ailleurs ceux-là même qui les représentent Vyasan, Narada, Madhva, Caitanya, Rupa, Sarasvati… et répandent leur mission. Tous sont de valeur égale.

Les personnalités diffèrent sans doute, mais la mission et son but sont uniques : délivrer les âmes déchues pour les ramener à Dieu, en leur demeure originelle ».

Source : Srimad Bhagavatam

*Varna = Varna est un mot sanskrit qui signifie couleur et est traduit en français par caste, classe ou ordre. La hiérarchie des varna repose sur le degré de pureté

* asramas = Un ashram (devanagari : आश्रम ; āśrama) était, dans l’Inde ancienne, sous le nom d’āshram ou āshrama, un ermitage en un lieu isolé, dans la forêt ou la montagne, où, dans une grande austérité de vie, un sage vivait et cherchait l’union à Dieu dans la solitude et la paix intérieure, loin des distractions et …

Attardons-nous sur :

SARASVATI

On la représente habituellement avec pour monture une oie sauvage (hamsa) d’une blancheur immaculée et tenant à la main un luth (vīnā), un manuscrit ou un livre, un rosaire et un nelumbium (padma). Dans les représentations modernes, la déesse a pour monture un cygne.

Déesse de la connaissance, de l’éloquence, de la sagesse, des arts, elle est aussi la divinité des rivières.

Assimilée à Shatarupa, la « multiforme », elle est à la fois l’épouse (shakti), la fille de Brahma, le dieu créateur de la trimurti indienne* ; leur union souligne la notion que la connaissance est une condition sine qua non de la création.

Elle est Vach, le « Verbe originel et créateur ».
Sarasvati naît par scissiparité  de l’oeuf de Brahma.

À l’aube du monde, Brahma tombe amoureux de sa première création, Sarasvati, et se fait pousser cinq têtes pour pouvoir la contempler et la surveiller en permanence. Rudra, figure primitive de  Shiva, arrache une de ces têtes par jalousie.


Sarasvati transmet alors à Brahma la discipline de l’esprit et les enfants de la déesse, les Veda, enseignent à Brahma comment échapper aux distractions et aux tentations du monde sensuel. Depuis, les quatre têtes restantes de Brahma chantent les Veda.


Sarasvati est la déesse de la connaissance et la maîtresse des arts. Les possessions matérielles ne l’intéressent pas, aussi elle est habituellement habillée d’un simple sari blanc et porte peu de bijoux, par rapport aux standards indiens. Sa monture est un grand cygne blanc sur une fleur de lotus, deux de ses quatre bras jouent de la vîna, un autre tient un livre, les Veda, le dernier un chapelet  ou un crochet à éléphant.


Sarasvati est créditée de l’invention du sanskrit et de l’écriture devanagri : une déesse populaire parmi les écoliers et les étudiants. Cependant, à l’image de son époux Brahma, elle est peu vénérée dans les temples.

Dans la littérature védique, Sarasvatî est souvent associée à deux autres déesses, Ida et Bharati ; les commentateurs les ont parfois considérées comme trois aspects de la déesse de la parole. Elle est invoquée dans un hymne du Rig-Veda avec Sinivali,   parfois avec Raka.


Dans les Puranas, elle fut davantage assimilée à la *Shakti ; on la considéra alors comme une des facettes de la Mère universelle.

*Shakti = Shakti (sanskrit IAST : śakti ; devanāgarī : शक्ति ; pali : satti ; tibétain : yum, nus-ma) est un terme qui signifie « pouvoir », « puissance », « force ». Dans l’hindouisme, ce mot désigne l’énergie féminine, le principe actif et extériorisé d’une divinité masculine.

Shakti est un concept d’une divinité représentant la puissance féminine créatrice.

Elle représente la Mère divine et la puissance de la fécondité.

Par extension, la shakti désigne l’énergie dynamique féminine, ou principe actif, des divinités du panthéon indien, le principe mâle devenant passif dans son rôle de semence ou d’essence.

Ceci est à mettre en corrélation avec la dualité *Purusa/*Prakriti de la philosophie du Sâmkhya.  

*Purusa = Purusa, un concept philosophique issu de la tradition indienne, est considéré comme l’âme universelle ou l’esprit cosmique. Il incarne le principe spirituel qui imprègne toute existence et transcende les limites du temps et de l’espace.

*Prakriti = La Prakṛti (en sanskrit IAST ; devanāgarī : प्रकृति) signifie nature ; ordre naturel ; forme primitive, fondement, origine, cause. Dans la philosophie indienne du Sāṃkhya, c’est d’abord la Nature Primordiale (mūlaprakṛti), cause originelle des phénomènes du monde matériel.

Ils sont ici réunis en un même corps d’une divinité à quatre bras.
Ainsi, dans l’hindouisme, le mot shakti revêt les sens suivants :
– puissance, force, énergie ;
– pouvoir divin, force consciente du Divin ;
– manifestation d’un pouvoir de la Conscience et de la Force suprême (selon Shrî Aurobindo)  ;
la Mère divine, source de tout pouvoir ;
Parèdre et Puissance de manifestation et d’action d’un Dieu particulier, représentée comme une Déesse.
C’est la fusion totale des deux entités, masculine et féminine, fusion physique, mentale et spirituelle, qui permet l’accès à l’énergie suprême, à la conscience et à la sérénité.

La représentation en deux entités distinctes de Shiva et Parvati, qui semblent au non-initié être simplement une scène charnelle n’est en fait que la représentation de la fusion des principes masculin et féminin, qui seuls donnent accès à la conscience et à l’énergie suprême.

*trimurti indienne = La trinité hindoue (Trimûrti) est l’un des traits caractéristiques de la mythologie indienne : Brahma représente l’élément créateur, Vishnu l’élément conservateur et Shiva l’élément destructeur.

Commentaire :

La représention d’union charnelle symbolique de l’Union au Divin provoquant une énergie, une force divine du fait que se trouve en Nous le Divin pourvu de cette Energie et Force se déployant au travers de la pratique de la discipline et aussi de la Bhakti (Vénération). Lorsque l’on se dépose dans le Soi (Divin) ce processus apporte une Paix illimitée, infinie déployant ses rayons d’or ou sa blancheur lumineuse, éclairante.

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Chacun bénéficie selon le souhait du Seigneur et par Lui seul aussi nous participons à Son Oeuvre de manière soudée dans le Soi.

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