1.79. Où il est parlé du bhakti et de la Dévotion

SRI KRISHNA La plume de paon qu’il porte souvent dans les cheveux le caractérise ainsi que la flûte et la beauté de ses traits

Verset 19

Ô Vyâsadeva, même si lui arrive, pour une raison quelconque, de déchoir, le dévôt du Seigneur Krishna, certes ne subit point alors, comme les autres (karmis etc) l’emprise matérielle. Car l’être, qui a une fois savourer le nectar des pieds pareils- au- lotus- du Seigneur ne peut qu’encore et encore se rappeler cette extase.

Alors il y a une explication que voici :

Le bhakta, parce qu’il est rasa-graha* il a goûté le doux nectar des pieds pareil au lotus de chez krishna, se désintéresse tout naturellement des charmes de l’existence matérielle. On ne peut évidemment citer nombre d’exemples de bhakta qui, à cause de leur relations indésirables, ce sont égarés de la voie dévotionnelle, apparemment comme de vulgaires karmis, lesquels sont toujours enclin à se dégrader.

Cependant, même s’il perd pieds, le bhakta ne saurait-être regarder du même oeil que des karmis déchus. Ce dernier doit subir sans plus les conséquences de ses actes ; le bhakta, lui, bénéficie de l’attention personnelle du Seigneur, manifester sous la forme d’un châtiment destiné à le corriger. Les souffrances d’un orphelin ne sont jamais comparables à celles de l’enfant chéri d’un roi.

L’orphelin se trouve entièrement démuni car personne ne veille sur lui, quand le fils bien-aimé du riche, même s’il semble connaître d’aussi grand revers que l’orphelin, a toujours l’œil bienveillant de son puissant père posé sur lui.

Parfois à cause de mauvaises relations, le bacta imite le carmi et cherche à dominer la nature matérielle.

C’est le cas par exemple du néophyte qui cherche stupidement à acquérir quelques puissances matérielles en échange de son service de dévotion mais le Seigneur en personne intervient parfois auprès d’un tel étourdi, en affrontant à quelques difficultés ; pour lui montrer une faveur spéciale, il arrive même qu’il lui retire tout s’est bien matériel.

Le bhakta égaré se voit alors délaissé de tous ses parents et amis ; mais par la grâce du Seigneur, il retrouve ainsi ses esprits et se redresse pour accomplir convenablement son service dévotionnel .

La bhagavad Gîta nous apprend également que le baktha déchu peut obtenir de renaître au sein d’une famille de brahmanas hautement qualifié ou de riche vaisayh. Mais ce dernier cas n’est pas aussi heureux que celui ou le bhakta reçoit le châtiment personnel du Seigneur.

Car, le bhakta déchu renaissant dans une bonne famille risque d’oublier les pieds- pareil- au- lotus du Seigneur ; au contraire, celui qu’afflige le désespoir s’empresse, dans son impuissance, de s’y réfugier aussitôt.

Le service de dévotion pure qui procure une si grande félicité spirituelle et il en découle que le bhakta perd automatiquement tout intérêt pour les plaisirs matériels.

C’est d’ailleurs ce détachement qui indique nos progrès vers la perfection dans l’accomplissement du service de dévotion.

Le pur bhata se rappelle sans cesse les pieds- pareils-au- Lotus du seigneur Sri Krishna ; pas un instant et ne L’oubliera même si on lui offre l’opulence des trois mondes.

Verset 20

Le Seigneur suprême, Dieu, bien qu’Il soit Lui-même cet univers, ne s’en trouve pas moins au-delà.

De Lui seul provient à la manifestation cosmique, en Lui elle repose, et en Lui elle se résorbe après sa destruction. Mais toi, âme noble, connais bien tous ces faits ; aussi ne t’en ai-je montré qu’une vue rapide.

Le pur bhakta perçoit les deux natures personnelles et impersonnelles, du Seigneur suprême, Mukunda ou Sri Krishna car le cosmos impersonnel représente également Mukunda, puisqu’il est le déploiement de son énergie.

Prenons l’exemple d’un arbre. Il constitue un tout complet, dont les branches et les feuilles ne sont que des parties nées de lui.

Ses branches et ses feuilles sont également l’arbre , mais on ne pourrait dire que l’arbre ce sont les branches ou les feuilles.

De même, on dit des divers membres qu’ils constituent le corps, mais le corps, dans son tout, n’est ni les bras, ni les jambes, ni aucun autre membre.

L’enseignement védique selon lequel l’entière création matérielle est en réalité nullement différente du Brahman s’explique donc ainsi : puisque tout émane du Brahman suprême, rien n’En est séparé.

Le Seigneur et la forme absolue de l’éternité, de la connaissance et de la beauté.

C’est pour cette raison que la manifestation de Son énergie apparaît partiellement doté des mêmes traits point et voilà pourquoi les âmes conditionnées, sous le charme de la nature matérielle de l’énergie externe au Maya semble être dans les filets de la nature matérielle.

Ils acceptent la création comme la totalité de ce qui est, mais il ignore tout du Seigneur, cause première de toute manifestation, comme il ignorent d’ailleurs le principe par quoi un membre détaché du corps n’a plus les mêmes pouvoirs que lorsqu’ il y était attaché.

Une civilisation sans Dieu coupé du service d’amour sublime que l’on offre au Seigneur, ressemble un membre coupé, qui garde toujours son apparence, mais ne peut plus remplir ses fonctions.

Srila Vyasadeva dévôt du Seigneur connais bien ses vérités et Srila Rada lui conseille maintenant de les développer pour permettre aux âmes conditionnées, prisonnière de la matière, de comprendre que le Seigneur suprême et la cause première.

Selon les Vedas le Seigneur est par nature tout-puissant ; aussi ces énergies suprêmes sont-elles toujours parfaites et identiques à Lui-même.

Le monde spirituel et l’univers matériel avec tout ce qu’il renferme, constituent la manifestation des énergies internes et externes du Seigneur, respectivement dites supérieure et inférieure.

L’énergie supérieure et vivante, et donc en tout identique au Seigneur alors que l’énergie externe est inerte, partiellement identique au Seigneur.

Mais ni l’une ni l’autre n’égale ou ne surpasse le Seigneur, source de toutes les énergies ; elle demeure toujours sous son contrôle tout comme l’énergie électrique, si puissante soit-elle, demeure toujours sous le contrôle de l’ingénieur, dans la centrale.

L’être vivant, homme ou autre, appartient à l’énergie interne du Seigneur, et Lui est donc également identique, certes, mais jamais il ne L’égale ou ne Le surpasse.

Dieu et les autres êtres possèdent tous une individualité propre.

Les êtres distincts peuvent également, à l’aide de l’énergie matérielle exercer un certain pouvoir créateur, mais aucune de leurs créations N’égalerons ou ne surpasseront jamais celle du Seigneur.

L’homme peut toujours créer un petit satellite artificiel qu’il s’amusera à projeter dans l’espace, mais qu’est-ce en comparaison du pouvoir de créer une planète telle que la Lune ou la terre et de la suspendre en l’air, comme le fait le Seigneur ?

Des hommes au savoir déficient se proclame égaux avec Dieu, mais jamais il n’en saurait être ainsi.

Au faîte de la perfection l’homme peut développer à certains pourcentage des Attributs du Seigneur jusqu’à 78 %, mais jamais il ne lui sera possible de le surpasser, au même de L’égaler.

Il n’y a que des esprits déraisonnable, pour affirmer ne faire qu’un avec Dieu et ainsi se laisser égaré par l’énergie illusoire.

Dans leur égarement ils n’ont d’autre recours que de reconnaître la suprématie du Seigneur et de s’engager volontairement dans Son service d’amour, car c’est pour agir ainsi qu’ils ont été créés.

S’ils ne retournent pas à ce devoir au originel, le monde ne pourra connaître ni paix ni quiétude.

Tel est le principe de Sri Narâda conseille à Srila Vyasadeva de développer dans le Srimad Bhagavatam, et que reprend la Bhagavad Gîta : l’abandon total aux pieds- pareil -au- lotus du Seigneur unique préoccupation de l’homme accompli.

* Rasa : mot signifiant un doux sentiment et servant à désigner la relation spirituelle intime qui unit l’âme pure au Seigneur Suprême. Nous comptons 5 Rasas principaux et 7 secondaires (explication dans un prochain article)

* le Bhakta pratique le Bhakti : celui qui pratique la Dévotion

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.