17.2. Sainte Thérèse de Lisieux

Élection de mère Agnès

Mère Agnès de Jésus au début du XXème siècle  

En 1893, mère Marie de Gonzague arrive au terme de son deuxième mandat consécutif de prieure. Elle ne peut donc se représenter. C’est Pauline, sœur Agnès de Jésus en religion, qui est élue, le 20 février 1893, prieure du carmel pour trois ans. Cette situation n’est pas des plus faciles pour Pauline, désormais appelée mère Agnès, et ses sœurs. Mère Marie de Gonzague compte toujours exercer son influence. De plus, le chanoine Delatroëtte encourage publiquement mère Agnès à se laisser conseiller par l’ancienne prieure. Elle doit donc se montrer particulièrement diplomate. En outre, elle ne doit pas donner l’impression de favoriser ses deux sœurs, Marie du Sacré-Cœur et Thérèse.

Mère Marie de Gonzague devient pendant cette période maîtresse des novices. Mère Agnès demande à Thérèse de l’aider dans cette tâche. Son rôle consiste à apprendre aux novices la vie religieuse. Thérèse se trouve dans une situation délicate. Elle doit à la fois obéir à sa sœur, devenue prieure, et à mère Marie de Gonzague, les deux femmes étant parfois en désaccord. Sa conception de l’obéissance  en fait une assistante docile, même si elle n’hésite pas à donner son point de vue, quand on le lui demande. Ainsi, elle donne un avis contraire à celui de mère Marie de Gonzague, qui refusait à l’une des novices de faire profession. 

Alors qu’une carmélite quitte le noviciat après trois ans, Thérèse demande, le 8 septembre 1893, à y rester définitivement. Elle garde donc un statut inférieur à la plupart des autres religieuses, ne pouvant exercer de charges importantes. Ce statut s’accompagne de permissions à demander, ainsi que d’un horaire et de réunions obligatoires propres aux sœurs du noviciat.

En 1894, Thérèse écrit ses premières Récréations pieuses. Ce sont de petites pièces de théâtre, jouées par quelques religieuses pour le reste de la communauté, à l’occasion de certaines fêtes. Sa première création est consacrée à Jeanne d’Arc, qu’elle a toujours admirée, et dont la cause de béatification vient d’être introduite. Son talent pour l’écriture étant reconnu, d’autres pièces lui sont confiées, dont une seconde sur Jeanne d’Arc, réalisée en janvier 1895. Elle écrit également des poèmes spirituels à la demande des autres religieuses.

Au début de cette même année, elle commence à être prise de maux de gorge et de douleurs dans la poitrine. Malheureusement, mère Agnès n’ose pas faire appel à un autre médecin que le docteur de Cornière, grand ami de mère Marie de Gonzague, et médecin officiel de la communauté. Le cousin par alliance de Thérèse, Francis la Néele, médecin à Lisieux, ne peut donc l’examiner.

Le 29 juillet 1894, Louis Martin décède. Toujours malade, il était gardé et soigné par Céline, sa quatrième fille. Celle-ci pense aussi, depuis plusieurs années, au carmel. Soutenue par les lettres de Thérèse, elle a entretenu ce désir de se consacrer à Dieu malgré deux demandes en mariage. Céline hésite pourtant encore entre la vie de carmélite et une vie plus active, au service d’une mission menée par le père Pichon au Canada. Finalement, suivant le conseil de ses sœurs, elle choisit le Carmel. Elle rentre au carmel de Lisieux le 14 septembre 1894. En août 1895, les quatre sœurs Martin sont rejointes par leur cousine, Marrie Guérin. 

Thérèse et les carmélites de Compiègne

En 1894 est célébré le centenaire du martyre des carmélites de Compiègne.  Cet événement a une grande répercussion dans toute la France et encore plus dans les carmels de France. Les religieuses du Carmel de Compiègne demandent aux sœurs de Lisieux de contribuer à la décoration de leur chapelle.

Thérèse de l’Enfant-Jésus et Thérèse de Saint-Augustin vont broder des oriflammes. Cette dernière témoignera, au procès de béatification de Thérèse, du zèle et du dévouement de celle-ci en cette circonstance. La petite Thérèse déclarait même : « Quel bonheur si nous avions le même sort ! Quelle grâce ».

Le 8 septembre 1896, l’évêque  Roger du Teil, qui instruit alors le procès en béatification des carmélites de Compiègne, vient faire un exposé à Lisieux sur la vie et la mort de ces religieuses. C’est précisément durant cette période que Thérèse écrit dans son Manuscrit B : « Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse, ce rêve il a grandi avec moi sous les cloîtres du Carmel mais là encore je sens que mon rêve est une folie, car je ne saurais me borner à désirer un genre de martyre… Pour me satisfaire il me les faudrait tous… ». On a retrouvé trois images représentant les carmélites de Compiègne dans les livres utilisés par Thérèse. Les images étaient annotées par Thérèse. Dans ses Derniers entretiens, en date du 17 juillet, elle inscrit une note concernant sœur Constance de Jésus.

Découverte de la « petite voie »

La Vierge-Mère, reproduction d’un tableau de Céline, peint en 1894 à la demande de Thérèse.

Thérèse est entrée au carmel avec le désir de devenir une grande sainte. Mais, fin 1894, au bout de six années, force lui est de reconnaître que cet objectif est pratiquement impossible à atteindre.

Elle a encore de nombreuses imperfections et n’a pas le charisme de Thérèse d’Avila de Paul de Tarse et tant d’autres.

Surtout, elle dont le caractère est très volontaire, voit bien les limites de tous ses efforts. Elle reste petite et bien loin de cet amour sans faille qu’elle voudrait pratiquer. Elle comprend alors que c’est sur cette petitesse même qu’elle peut s’appuyer pour demander l’aide de Dieu.

Dans la Bible, le verset « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi ! » (Livre des Proverbes ch. 9, verset 4) lui donne un début de réponse. Elle qui se sent si petite et incapable peut se tourner vers Dieu avec confiance. Mais alors, que va-t-il se passer ? Un passage du Livre d’Isaïe  lui donne une réponse qui l’encourage profondément : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux. » (Livre d’Isaïe, 66, 12-13)

Elle conclut que Jésus lui-même va la porter au sommet de la sainteté : « L’ascenseur qui doit m’élever au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n’ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus ».

La petitesse de Thérèse, ses limites deviennent ainsi motifs de joie, plus que de découragement. Car c’est là que va s’exercer l’amour miséricordieux de Dieu pour elle. Dans ses manuscrits, elle donne à cette découverte le nom de « petite voie ».

Dès février 1895, elle signe régulièrement ses lettres en ajoutant « toute petite » devant son nom. Jusque-là, Thérèse employait le vocabulaire de la petitesse pour rappeler son désir d’une vie cachée et discrète. À présent, elle l’utilise aussi pour manifester son espérance : plus elle se sent petite devant Dieu, plus elle peut compter sur lui.

C’est aussi pendant cette période qu’elle commence, à la demande de mère Agnès, à écrire ses mémoires. Elle poursuit dans le même temps l’écriture de pièces de théâtre et de cantiques, dont le plus connu est Vivre d’amour.

Offrande à l’amour miséricordieux

Le 9 juin 1895, lors de la fête de la sainte Trinité, Thérèse a l’inspiration soudaine qu’il lui faut s’offrir en victime à « l’amour miséricordieux ».

À l’époque, certaines religieuses s’offraient comme victimes à la justice de Dieu. Leur intention était de souffrir, à l’image du Christ, et en union avec lui, pour suppléer aux pénitences que ne faisaient pas les pécheurs. Ces religieuses qui s’offraient de la sorte pouvaient être atteintes de maladies particulièrement longues et douloureuses et on ne manquait pas de faire le lien entre leur souffrance et l’offrande qu’elles avaient faite. La veille, le 8 juin, Thérèse a encore entendu, au carmel, la vie et la terrible agonie d’une d’entre elles, sœur Marie de Jésus, carmélite de Luçon, qui s’était bien souvent offerte comme victime à la justice divine. Tout en admirant la générosité de cette offrande, Thérèse ne se voit pas la faire elle-même. La petite voie qu’elle vient de découvrir quelques mois auparavant l’encourage à innover en s’offrant plutôt à l’amour et à la miséricorde de Dieu. Elle a l’intuition que Dieu est une fontaine intarissable d’amour mais que ces flots de tendresse sont comme comprimés car les hommes ne les accueillent pas. Elle s’offre alors, le 11 juin, à l’amour miséricordieux afin de recevoir de Dieu cet amour qui lui manque pour accomplir tout ce qu’elle voudrait faire : « Oh mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Église en sauvant les âmes […]. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, oh mon Dieu ! d’être vous même ma sainteté ». Quelques jours plus tard, alors qu’elle prie le chemin de croix, elle est prise d’un amour intense pour le « bon Dieu » : « Je brûlais d’amour et je sentais qu’une minute, une seconde de plus, je n’aurais pu supporter cette ardeur sans mourir ». Elle voit dans cet épisode, qui est rapidement suivi du sentiment de sécheresse spirituel qu’elle connaît habituellement, la confirmation que son acte d’offrande est accepté par Dieu.

En octobre, un jeune séminariste, l’abbé Maurice Bellière, demande au carmel de Lisieux qu’une religieuse soutienne, par la prière et les sacrifices, sa vocation missionnaire.

Mère Agnès désigne Thérèse, qui, ayant toujours rêvé d’avoir un frère prêtre, en est ravie. Elle multiplie les petits sacrifices qu’elle offre pour la mission du futur prêtre, et l’encourage par ses lettres. En février 1896, elle connaît une autre joie avec la profession religieuse de sa sœur Céline (sœur Geneviève, au carmel).

Le 21 mars 1896 a lieu l’élection de la prieure. Après ces trois années où, comme l’imposait le règlement, elle a dû céder la place, mère Marie de Gonzague s’attend à retrouver sa charge de prieure mais les élections sont tendues et mère Marie de Gonzague ne l’emporte que de justesse, devant mère Agnès. Émue par ce qui vient de se passer, mère Marie de Gonzague décide de garder, tout en étant prieure, la fonction de maîtresse des novices. Elle choisit, comme adjointe, Thérèse. Celle-ci est, de fait, responsable de la formation du noviciat, sans en avoir officiellement le titre. Les autres novices le savent et sont en majorité ses aînées. Thérèse vit cette mission délicate avec pédagogie, s’adaptant à la personnalité de chacune mais sans faire de concession. Elle veut aider les religieuses à devenir de vraies carmélites, même si le prix à payer est d’être jugée parfois trop sévère.

Vis-à-vis de mère Marie de Gonzague, Thérèse reste dans la plus grande obéissance, accomplissant à la lettre, selon le témoignage d’une de ses novices, « la multitude de petits règlements que mère Marie de Gonzague établissait ou détruisait au gré de ses caprices, règlements instables dont la communauté tenait peu de compte ».

Maladie et nuit de la foi

Thérèse effeuillant des roses sur son crucifix. Photographie prise dans le cloître, à la porte de l’infirmerie, le 30 août 1896.

Pendant le carême 1896, Thérèse suit rigoureusement les exercices et les jeûnes.  

Dans la nuit du jeudi au Vendredi Saint, elle est victime d’une première crise d’hémoptysie.

Elle signale celle-ci à mère Marie de Gonzague, tout en insistant sur le fait qu’elle ne souffre pas et n’a besoin de rien. Une seconde crise se reproduit la nuit suivante. Cette fois, la prieure s’inquiète et autorise son cousin, le docteur La Néele, à l’ausculter.

Celui-ci pense que le saignement a pu provenir de la rupture d’un vaisseau sanguin dans la gorge. Thérèse ne se fait aucune illusion sur son état de santé mais elle n’éprouve aucune crainte. Bien au contraire car la mort va bientôt lui permettre de monter au ciel et de retrouver celui qu’elle est venue chercher au carmel : sa joie est à son comble.

Elle continue de participer à toutes les activités du carmel, sans ménager ses forces.

Cette période difficile est aussi une période de déréliction, ou « nuit de l’âme ». Pendant la semaine sainte  1896, elle entre soudain dans une nuit intérieure. Le sentiment de foi qui l’animait depuis tant d’années, qui la faisait se réjouir de « mourir d’amour » pour Jésus a disparu en elle. Dans ses ténèbres, il lui semble entendre une voix intérieure se moquer d’elle et du bonheur qu’elle attend dans la mort, alors qu’elle avance vers « la nuit du néant ».

Ses combats ne portent pas sur l’existence de Dieu mais sur la croyance en la vie éternelle.

Une seule impression en elle désormais : elle va mourir jeune, pour rien. Elle n’en poursuit pas moins sa vie de carmélite. Seuls les cantiques et les poésies, qu’elle continue à composer à la demande des sœurs, laissent entrevoir son combat intérieur : « Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j’adore, lorsqu’Il veut se cacher pour éprouver ma foi ».

Les ténèbres ne la quitteront plus et persisteront jusqu’à sa mort, un an plus tard. Pourtant, elle vit cette nuit comme l’ultime combat, l’occasion de prouver malgré tout son indéfectible confiance en Dieu. Refusant de céder à cette peur du néant, elle multiplie les actes de foi. Elle signifie par là qu’elle continue à croire, bien que son esprit soit envahi par les objections. Ce combat est d’autant plus douloureux qu’elle a toujours manifesté son désir d’être active et de faire beaucoup de bien après sa mort.

À partir de mai 1896, à la demande de mère Marie de Gonzague, Thérèse parraine un second missionnaire : le père Roulland. Sa correspondance avec ses frères spirituels est l’occasion de développer sa conception de la sainteté : « Ah ! Mon frère, que la bonté, l’amour miséricordieux de Jésus sont peu connus ! Il est vrai que pour jouir de ces trésors, il faut s’humilier, reconnaître son néant, et voilà ce que beaucoup d’âmes ne veulent pas faire ».

En septembre 1896, Thérèse éprouve toujours de nombreux désirs : elle veut être à la fois missionnaire, marthyr, prêtre, docteur de l’Eglise. 

Elle lit alors les écrits de Saint Paul.  Dans la Première épître aux Corinthiens, l’hymne à la charité, au chapitre 13, l’éclaire profondément. Comme un éclair qui la traverse, le sens profond de sa vocation lui apparaît soudain : « Ma vocation enfin je l’ai trouvée, ma vocation c’est l’amour ! ».

En effet, la vocation à la charité englobe toutes les autres ; c’est donc elle qui répond à tous les désirs de Thérèse. « Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux. En un mot qu’il est Éternel ». Thérèse s’évertue alors, de plus en plus, à vivre tout par amour. De nombreux exemples la montrent cherchant à faire le bien des religieuses, tout particulièrement de celles au tempérament difficile. Le père Roulland lui fait connaître Théophane Vénard.

Elle découvre ses écrits en novembre 1896 et Théophane devient pour elle un modèle de prédilection. Elle trouve dans sa correspondance de nombreux points communs avec elle : « Ce sont mes pensées ; mon âme ressemble à la sienne ». Elle recopiera plusieurs passages de Théophane Vénard dans son testament.

Aggravation de la maladie et mort

En janvier 1897, Thérèse vient d’avoir vingt-quatre ans et écrit : « Je crois que ma course ne sera pas longue ».

Pourtant, malgré l’aggravation de la maladie pendant l’hiver, Thérèse parvient encore à donner le change aux carmélites et à tenir sa place dans la communauté mais au printemps, les vomissements, les fortes douleurs à la poitrine, les crachements de sang deviennent quotidiens et Thérèse s’affaiblit.

En avril 1897, elle subit le contrecoup de l’affaire Diana Vaughan.

Celle-ci est connue depuis 1895 par ses mémoires, racontant son passage dans les milieux sataniques, suivi de sa conversion grâce à l’exemple de Jeanne d’Arc.   Thérèse, frappée comme beaucoup de catholiques par ce témoignage et admirative d’une prière composée par Diana Vaughan, lui a envoyé quelques lignes.

Mère Agnès a joint au courrier une photo de Thérèse jouant le rôle de Jeanne d’Arc. Thérèse a aussi écrit, en juin 1896, une courte pièce de théâtre, s’inspirant de la conversion de Diana Vaughan et intitulée Le Triomphe de l’humilité. Diana Vaughan vivant cachée, c’est un nommé Léo Taxil, ancien anticlérical, converti lui aussi, qui est son intermédiaire auprès de la presse mais, à partir de 1896, on se met à douter de sa sincérité.

Léo Taxil annonce alors, pour le 19 avril 1897, une conférence qu’il donne avec la célèbre jeune femme. Lors de cette séance publique, il révèle que Diana Vaughan n’a jamais existé et que cette histoire est un canular  monté de toutes pièces. L’assistance est scandalisée. Au Carmel, on apprend la nouvelle le 21 avril. Le 24, Thérèse découvre que la photo la représentant en Jeanne d’Arc a été projetée lors de la conférence. Elle vit cet épisode comme une humiliation et une épreuve, surtout dans cette période où elle est tenaillée par les doutes.

En juin, mère Marie de Gonzague lui demande de poursuivre la rédaction de ses mémoires. Il lui arrive d’écrire dans le jardin, sur la chaise d’infirme utilisée par son père dans les dernières années de sa maladie, et cédée ensuite au carmel. Son état empirant, elle est placée le 8 juillet 1897 à l’infirmerie, où elle reste pendant douze semaines jusqu’à sa mort.

Se sachant condamnée et vivant toujours cette nuit de la foi qui la prive de l’impression intérieure d’une vie après la mort, Thérèse n’en continue pas moins de dire, à plusieurs reprises, son espérance.

Le 17 juillet, elle confie : « Je sens que je vais entrer dans le repos mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l’aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ».

Le corps de Thérèse de Lisieux avant son inhumation.

Le 17 août, le docteur La Néele examine Thérèse. Son diagnostic est sans appel : c’est une tuberculose  au stade le plus avancé, un poumon est perdu et l’autre atteint, les intestins sont touchés.

Ses souffrances sont alors extrêmes (« C’est à en perdre la raison ») puis elles s’apaisent dans une dernière phase de rémission ; Thérèse reprend quelques forces, elle retrouve même son humour.

Ses sœurs consignent ses paroles. Elles lui demandent comment l’invoquer quand elles prieront plus tard ; elle répond qu’il faudra l’appeler « petite Thérèse ». Malgré la gravité de son état elle n’est pas transportée à l’hôpital. La prieure Gonzague refuse les piqûres de morphine que le médecin propose pour Thérèse, estimant que ce traitement, assez nouveau à l’époque, ne convient pas à une carmélite qui doit accepter la souffrance héroïquement subie.

À partir du 29 septembre 1897, son agonie commence. Elle passe une dernière nuit difficile, veillée par ses sœurs. Au matin, elle leur dit : « C’est l’agonie toute pure, sans aucun mélange de consolation ».

Elle demande à être préparée spirituellement à mourir. Mère Marie de Gonzague la rassure, lui disant qu’ayant toujours pratiqué l’humilité, sa préparation était faite.

Thérèse réfléchit un instant puis répond : « Oui, il me semble que je n’ai jamais cherché que la vérité ; oui, j’ai compris l’humilité du cœur ».

Sa respiration est de plus en plus courte, elle étouffe. Après plus de deux jours d’agonie, elle est épuisée par la douleur : « Jamais je n’aurais cru qu’il était possible de tant souffrir ! Jamais ! Jamais ! Je ne puis m’expliquer cela que par le désir ardent que j’ai eu de sauver des âmes ».

Vers sept heures du soir, elle prononce ses dernières paroles « Oh ! je l’aime ! Mon Dieu… Je vous aime… ». Elle s’affaisse, puis rouvre une dernière fois les yeux.

D’après les carmélites présentes, elle a une extase qui dure l’espace d’un credo avant de rendre le dernier soupir. Elle meurt le 30 septembre 1897 à 19 h 20, à l’âge de vingt-quatre ans. « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie », écrivait-elle dans l’une de ses dernières lettres.

Elle est inhumée le 4 octobre au cimetière de Lisieux, dans une nouvelle concession acquise pour le Carmel. Les carmélites ne peuvent quitter le couvent et c’est un « fort petit » cortège qui suit le corbillard.

Postérité

Les écrits de Thérèse

Histoire d’une âme

La couverture du livre Histoire d’une âme écrit par elle-même, Lisieux, édition 1940.

À la mort de Thérèse, mère Agnès dispose de différents écrits autobiographiques, que l’on désigne sous le terme de Manuscrits A, B et C.

  • Le Manuscrit A est rédigé à la demande de mère Agnès pendant l’année 1895. Au cours de l’hiver 1894, la sœur de Thérèse, prieure du carmel, lui ordonne d’écrire tous ses souvenirs d’enfance. Fin janvier 1895, Thérèse achète un petit cahier d’écolier et s’attelle à la tâche, écrivant généralement le soir après l’office de complies. Avec humour et sur un ton allègre, sans plan établi, elle n’écrit pas l’histoire de sa vie mais bien l’« histoire de son âme », qu’elle intitule Histoire printanière d’une petite fleur blanche. Cette relecture lui est bénéfique car elle l’aide à mieux comprendre le sens de ce qu’elle a vécu. Ce sont finalement six cahiers qu’elle remplit au long de l’année 1895 et qu’elle remet à la prieure le 20 janvier 1896.
  • Le Manuscrit B est un ensemble de lettres adressées à la marraine de Thérèse, sa sœur Marie. En septembre 1896, alors que Thérèse connaît la gravité de sa maladie et qu’elle est entrée dans une nuit de la foi, elle commence sa retraite annuelle. Elle profite des temps de silence et de méditation pour écrire des lettres qu’elle adresse directement à Jésus. Elle décrit ce qu’elle vit depuis quelques mois mais surtout les grâces reçues en septembre 1896 et la grande découverte qu’elle fait alors : l’amour est sa vocation. Marie lui ayant demandé de rédiger une présentation de sa « petite doctrine », elle lui remet ces lettres qui constituent « la charte de la petite voie d’enfance ».
  • Le Manuscrit C est écrit en obéissance à mère Marie de Gonzague. En réalité c’est mère Agnès, réalisant que sa sœur va mourir, qui incite la prieure à obtenir de Thérèse la suite du récit de sa vie. C’est sur un petit carnet à la couverture noire, à partir du 3 ou 4 juin 1897, que la malade rédige ses souvenirs : « Pour écrire ma « petite vie », je ne me casse pas la tête ; c’est comme si je pêchais à la ligne : j’écris ce qui vient au bout ». Elle y décrit les grâces qu’elle a reçues au cours de sa vie, les découvertes spirituelles qu’elle a faites, notamment la « petite voie ». Début juillet, prise par une fièvre de plus en plus forte, elle ne peut plus tenir son porte-plume et continue avec un petit crayon. Fin août, rongée par la maladie, elle doit abandonner la rédaction du carnet.

Peu avant sa mort, Thérèse sait que ses écrits seront diffusés, au moins dans les carmels sous la forme d’une circulaire et peut-être même publiés comme le propose Pauline en juillet 1897. Elle lui déclare d’ailleurs avec confiance : « Ma Mère, ces pages feront beaucoup de bien. On connaîtra mieux ensuite la douceur du bon Dieu ». Elle lui confie par avance la tâche de corriger les écrits à sa guise, consciente du nécessaire travail de relecture et de correction.

Sans perdre de temps, mère Agnès se met au travail après la mort de Thérèse : sous la responsabilité de mère Marie de Gonzague, elle fond les trois manuscrits en un seul volume, qu’elle découpe en chapitres. Elle reprend largement le texte, corrige ce qui lui paraît incorrect. Comme l’affirme le père François de Sainte-Marie, spécialiste des manuscrits thérésiens, « elle a pratiquement réécrit l’autobiographie ». Le 30 septembre 1898, un an jour pour jour après la mort de Thérèse, paraît Histoire d’une âme, un volume relié de 475 pages, publié à 2 000 exemplaires. Financée par l’oncle Guérin, la publication a reçu l’imprimatur de Flavien Hugonin. Le livre est envoyé dans tous les carmels et à quelques personnalités ecclésiastiques. Malgré certaines réticences initiales, l’accueil est élogieux et les rééditions se succèdent, puis suit la traduction en anglais (The Little Flower of Jesus en 1901) et dans de nombreuses langues. En 1915, 211 000 volumes ont été diffusés ainsi que 710 000 exemplaires d’une version abrégée. Les carmélites de Lisieux et mère Agnès elle-même sont stupéfaites de ce raz-de-marée.

Des milliers de lecteurs sont profondément touchés. Des prêtres témoignent que cette lecture leur fait beaucoup de bien spirituellement. Ainsi, le père Marie-Joseph Lagrange, fondateur de l’École biblique de Jérusalem, dira en 1927 : « Je dois à sainte Thérèse de ne pas être devenu un vieux rat de bibliothèque. Je lui dois tout, car sans elle j’aurais dû me racornir, me dessécher l’esprit ». La lecture d’Histoire d’une âme inspire aussi de nombreuses vocations, pour le Carmel mais également dans les autres ordres religieux. Les études sur l’œuvre de Thérèse se multiplient et l’attente de pouvoir lire les cahiers originaux devient de plus en plus forte. Cependant il faut attendre 1956 pour qu’à la demande du pape Pie XII, le père François de Sainte-Marie publie les Manuscrits autobiographiques en Fac-similé  puis, à partir de 1957, dans une édition imprimée. Histoire d’une âme est actuellement traduit en plus de quarante langues et dialectes.

Autres écrits

Thérèse jouant Jeanne d’Arc dans la pièce qu’elle a elle-même écrite.

Thérèse de Lisieux a écrit plus de 250 lettres, 62 poésies, 8 récréations pieuses (pièces de théâtre) et 21 prières.

Au début de l’année 1893, mère Agnès demande à Thérèse de composer un cantique. Cette première poésie religieuse sera suivie de nombreuses autres, dans lesquelles la religieuse exprime le fond de son cœur.

En janvier 1894, c’est une récréation théâtrale qu’elle doit écrire pour la fête de la prieure. Elle choisit le thème de Jeanne d’Arc, qu’elle considère comme sa « sœur chérie » et dont la béatification  est alors en cours. Elle est applaudie par les carmélites qui découvrent son talent et la sollicitent désormais fréquemment, la considérant comme le « poète de la communauté ». Elle compose très librement, puise son inspiration dans ses lectures, notamment le Cantique des cantiques  et exprime ses désirs, ses craintes, son amour de Jésus, sans « s’inquiéter du style ».

L’année suivante, elle écrit et met en scène Jeanne d’Arc accomplissant sa mission, une pièce spectaculaire avec seize personnages costumés. Elle-même joue le rôle de Jeanne, puis pose pour Céline, que la prieure a autorisée à conserver son appareil photographique, fait exceptionnel dans un carmel à cette époque. Le 11 juin 1895, Thérèse et Céline prononcent un Acte d’offrande à l’Amour Miséricordieux, que Thérèse a rédigé le 9 juin. Dès avril 1896, elle entre dans une profonde nuit de la foi mais elle n’en laisse rien paraître. Seuls les cantiques qu’elle continue à écrire expriment ses ténèbres : « Appuyée sans aucun appui, sans lumière et dans les ténèbres, je vais me consumant d’amour ».

Pendant sa vie religieuse, Thérèse a également écrit de nombreuses lettres qui nous éclairent sur le développement de sa spiritualité, en particulier celles adressées à sa sœur Céline et à ses frères spirituels : les pères Roulland et Bellière.

Alitée les dernières semaines de sa vie, Thérèse consacre plus de temps à l’écriture mais la maladie l’épuise et, le 16 juillet, elle rédige ses dernières lettres d’adieu. Mère Agnès, qui veille la malade, note sur un petit carnet jaune les paroles de Thérèse, jusqu’à son dernier jour.

À partir de 1971, les écrits de la sainte sont publiés conformément aux originaux.

Notoriété et influence

Diffusion de sa dévotion

Parallèlement au succès du livre Histoire d’une âme  (vendu à 500 millions d’exemplaires), une dévotion populaire à Thérèse de Lisieux se développe rapidement, en France et dans le monde. Elle s’accompagne de témoignages de conversions et de guérisons physiques. Dès la fin du XIXème siècle, on prie « la petite sainte » bien avant que l’Église ne la canonise.  

Pendant la Première Guerre mondiale, les demandes d’intercession à Thérèse se multiplient et sa renommée grandit, même du côté allemand. L’anthologie restreinte des témoignages envoyés au carmel de Lisieux entre 1914 et 1918 comporte à elle seule 592 pages. En 1914, le carmel de Lisieux reçoit en moyenne 500 lettres par jour. Durant la guerre, des soldats français, belges, anglais ou même allemands écrivent pour témoigner de miracle ou de protection qu’ils attribuent à la petite Thérèse. Après la guerre, le carmel reçoit des milliers de lettres témoignant de la gratitude des soldats survivants. Les poilus  ont joué un rôle important dans l’avancement de la cause de sainte Thérèse car ils sont nombreux à avoir envoyé une supplique au pape Benoît XV  pour demander sa béatification.

Dans les années 1923-1925, le nombre de lettres reçues par le carmel passe à huit cents par jour

Vers 1920, Édith, une fillette atteinte d’une kératite,  est emmenée par sa grand-mère à Lisieux, sur la tombe de Thérèse. Elle recouvre la vue et, devenue Edith Pial,   elle vouera toute sa vie une véritable dévotion à Thérèse de Lisieux — qui est en fait sa cousine au quatorzième degré —, pour ce qu’elle considère comme un miracle.

La ferveur populaire est rejointe par la reconnaissance de l’Église, qui canonise Thérèse en 1925.

Le 30 septembre 1957, veille de son exécution, Jacques Fesch, meurtrier converti en prison, écrit sa dernière lettre en citant Thérèse.

Influence spirituelle

L’influence de la nouvelle sainte ne se limite pas à son pays natal. En 1931, une jeune Albanaise prononce ses vœux en Inde, en se plaçant sous le patronage de sainte Thérèse de Lisieux. À la différence de sa patronne, Mère Teresa aura une longue vie, mais une vie de missionnaire au service des plus petits que n’aurait pas reniée Thérèse.

Marthe Robin, mystique française, rapporta qu’elle était là pour continuer la mission de Thérèse de Lisieux et était spirituellement très liée à cette dernière.

Dina Bélanger, mystique québécoise, religieuse de la congrégation Jésus-Marie, née quelques mois avant la mort de Thérèse, prend celle-ci comme modèle, vingt-six ans plus tard. Elle s’engage à son tour dans la « petite voie », bien qu’elle ne soit pas carmélite. Elle sera béatifiée en 1993 par Jean-Paul II

Plus de 50 congrégations dans le monde se réclament de la spiritualité de sainte Thérèse.

Canonisation de Thérèse de Lisieux le 17 mai 1925 dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Lors de la canonisation, Pie XI affirmera de Thérèse de Lisieux :

« L’Esprit de Vérité lui ouvrit et lui fit connaître ce qu’il a coutume de cacher aux sages et aux savants pour le révéler aux tout-petits. Ainsi, selon le témoignage de notre prédécesseur immédiat, elle a possédé une telle science des réalités d’en-haut qu’elle peut montrer aux âmes une voie sûre pour le salut. »

Le pape Pie XI en prière devant la statue de sainte Thérèse, inaugurée dans les jardins du Vatican , le 17 mai 1927.

Distinctions et titres

Le 30 septembre 1925, pour la première fois, l’Église universelle célèbre « sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face », plus communément appelée « sainte Thérèse de Lisieux ». À cette occasion, le pape Pie XI offre à la sainte la Rose d’or  qui, traditionnellement, honore les chefs d’État ou leur épouse.

Paul VI avait une grande dévotion pour Sainte Thérèse, remarquant « Je suis né à l’Église le jour où la sainte est née au ciel » : le jour de son baptême est celui-même de la mort de la sainte.

La basilique Sainte-Thérèse de Lisieux.

« Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d’autres docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d’un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Église. »

Âgée de vingt-quatre ans lors de son décès, elle est la plus jeune des trente-trois docteurs de l’Église. Dans le monde, plus de 1 700 églises sont dédiées à Thérèse de Lisieux. De nombreuses écoles catholiques et chapelles portent également son nom.

Les parents de sainte Thérèse,  Louis et Zélie Martin, sont béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux,  puis canonisés à Rome le 18 octobre 2015.

Célébration liturgique

La prière propre à la messe célébrée en sa mémoire, est la suivante : « Dieu, qui ouvres ton Royaume aux petits et aux humbles, donne-nous de marcher avec confiance sur les pas de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, pour obtenir ainsi la révélation de ta gloire ».

Les passages de la Bible lus lors de l’eucharistie ont été choisis en fonction de sa spiritualité. Ils évoquent essentiellement l’« esprit d’enfance spirituelle » que Thérèse a développé dans sa vie et ses écrits. La première lecture est tirée du Livre d’Isaïe (ch. 66, 10-14). Ces versets sont ceux qui l’ont aidée, fin 1894, à trouver la spiritualité de la « petite voie », dont elle témoignera ensuite : « […] Vous serez comme des nourrissons que l’on porte sur son bras, que l’on caresse sur ses genoux. De même qu’une mère console son enfant, moi-même, je vous consolerai, dans Jérusalem, vous serez consolés […] ».

Une lecture alternative est l’Epître aux Romains  8, 14-17 : « […] L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c’est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant : « Abba ! » […] ». Cette lecture est suivie du Psaume 130 (129) « […] mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère […] ».

Iconographie

Représentation traditionnelle

Reproduction du portrait Thérèse aux roses réalisé par Céline Martin   en 1912.

Après sa mort, l’image de la rose s’est surtout imposée pour symboliser les bienfaits spirituels et les miracles rendus possibles par son intercession. Selon les carmélites qui l’ont connue, Thérèse aurait déclaré peu avant de mourir : « Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses. » 

Ce thème a aussi été repris par le carmel pour les titres de deux publications à grand succès : l’édition de poche de Histoire d’une âme sous le titre Une rose effeuillée et l’inventaire des faits miraculeux attribués à Thérèse sous le titre Une pluie de roses.

Statue de Thérèse de Lisieux dans le jardin du carmel de Lisieux par Louis Richhomme.  

Enfin, il existe une photographie de Thérèse de Lisieux sur son lit de malade, dans le cloitre du couvent, en train d’effeuiller des roses et de lancer les pétales sur un crucifix.  Cette représentation, connue comme la Thérèse aux roses, fut massivement diffusée sous forme d’images pieuses et dans les publications du carmel. Une version identique en couleur fut réalisée par Céline en 1925 en complément de l’originale.

Selon Céline, les photographies qu’elle avait prises ne restituaient pas l’apparence réelle de Thérèse, ne faisant que figer une expression du visage immobilisé par de longues secondes de pose, tandis que les portraits d’artiste réalisés à partir de ses souvenirs exprimaient de manière fidèle le visage authentique et vivant de sa sœur.

Ce n’est qu’en 1961, deux ans après la mort de Céline, que les 47 photographies originales sur lesquelles figure Thérèse de Lisieux furent révélées au public, sous le titre Visage de Thérèse de Lisieux.

La forte dévotion populaire qui se forme envers Thérèse après sa mort s’accompagne de nombreuses sollicitations envoyées au carmel de Lisieux pour obtenir des reliques. Les carmélites vendent alors des sachets-souvenirs ou des images pieuses contenant des fragments d’objets ayant été en contact avec sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus : vêtements, plancher de sa cellule, rideaux du lit, laine de l’oreiller ou du matelas, pétales de roses, ainsi que de la terre du cimetière. Au total, 34 millions de reliques ont ainsi été distribuées jusqu’en 1932.

Dans le cadre du procès de béatification ouvert en 1909, deux exhumations de sa dépouille sont effectuées, le 6 septembre 1910 et le 10 août 1917, lors desquelles ses restes sont transférés dans un nouveau cercueil et un autre caveau afin d’en assurer une meilleure conservation.

Translation et vénération

La châsse et le gisant où repose depuis 1923 l’essentiel des restes de Thérèse de Lisieux, dans la chapelle du carmel de Lisieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.