
Les choses arrivent d’elles-mêmes. Nous ne le voyons pas assez. Il nous semble par exemple qu’on doit désirer ardemment rencontrer son maître pour qu’il vienne à nous.
En réalité, cela survient spontanément. Tout surgit dans la plénitude du temps. Le désir de rencontrer son maître se manifeste, il est là.
Si la graine est semée, la plante pousse d’elle-même. Elle n’a pas à faire d’efforts. De la même façon, tout ce qui se manifeste au monde, participe du non-effort.
Allez à la recherche de ce qui est dissimulé derrière le monde.
Pour cela, choisissez le seuil qui rend facile l’accès à votre vraie demeure.
Quand vous dites : « Untel vient de s’en aller », il ne faut pas oublier qu’en un sens personne n’est parti. Absente de tout va-et-vient, chaque existence est présente de tout-temps.
Pour qui a gagné la grâce d’une Grande Ame, quelle que soit ensuite sa façon d’agir, le but suprême ne peut plus être manqué. Cette personne peut traverser toutes les tribulations, tous les désirs, elle est sur la Voie. Cela s’explique : une étincelle peut suffire à mettre le feu. Après, tout va de soi. Les barrières brûlent !
Vos limites sont l’occasion d’un retournement qui vous renvoie à ce que vous êtes à l’origine.
Où que vous vous dirigiez, vous allez au devant de votre propre Soi. Rien au monde n’est autre que votre propre Soi.
Vous pouvez atteindre le Un autant en vous déclarant son ennemi qu’en l’adorant. Le Un condense guerre et paix. Tout est Lui seul. Quoi que vous perceviez, quels que soient les événements, tout est sa manifestation.
Quand vous réaliserez que Dieu est indissociable du monde, quand vous comprendrez que tout est la mouvance du Divin, alors il n’y aura plus pour vous ni grâce, ni causalité. Il n’y aura plus moyen de séparer le vrai du faux.
La maladie est une de ses manifestations. En tout malheur, en toute tristesse, c’est Lui qui souffre. Quand c’est trop Il crie « C’est assez ! Je n’en peux plus ! ». Tant que nous nous laissons emporter dans le jeu terrible de la Création, il en est ainsi. Mais au-delà, que dire ? Au-delà, savoir et non-savoir, existence et non-existence sont UN.
Un mode de connaissance n’est pas lié à l’étude des Ecritures et à leur expérimentation progressive : Celui… « Révélé de Soi-même »… Ainsi s’échappe de soi-même, le suc d’un fruit mûr.
Quand vous faites escale dans un gîte, ce n’est pas votre « chez soi », n’est-ce pas ? Si cela était, nul ne pourrait vous forcer à le quitter. Mais en fait à tout moment on peut vous demander de libérer les lieux « sans discuter ! » c’est pourquoi, s’il vous plaît, trouvez et suivez le chemin qui mène à votre vraie demeure, pour ne pas indéfiniment camper de gîte en gîte.
Dans ce que nous nommons la Réalisation Suprême, rien ne disparaît. Dans cet état exalté on ne peut dire ce qui reste et ce qui ne reste pas. Alors, à la fois, tout existe et plus rien n’existe. Etre à la fois fini et infini, là est la grande plongée, la Réalisation du Soi.
Si quelqu’un n’a aucun besoin d’être reconnu, même si de nombreux pouvoirs extraordinaires sont à sa disposition, il n’en manifeste rien.
Ce qu’une dévotion soutenue permet d’atteindre, une grande Ame peut le donner d’un seul regard, du plus léger attouchement. La grâce de Dieu se donne sans rien attendre. Tout est possible à tout moment.
Parfois la libération survient dans le corps d’un animal. En totalité, tout arrive.
Comment y aurait-il omniscience, là où le désir tiraille ! Parce que vous êtes dépendants, vous considérez toutes choses en terme de cause et d’effet. Vous établissez des préférences : là désir, là aucun désir. Comment pouvez-vous ainsi avoir une idée de ce qu’est l’omniscience ?
Que cela plaise ou non, les sages, ceux que l’on respecte comme omniscients, n’ont pas souvent l’inclination de révéler la Vérité. Ils le font dans certaines circonstances. Elles se présentent de temps en temps. Alors ils divulguent à certaines personnes ce qui peut aider. Cette présentation est partielle. La Vérité Suprême ne peut jamais être totalement exposée.
Dites-moi : vous vous confiez à Dieu parce qu’il vous donne sa grâce ? Ou… parce que vous vous en remettez à Dieu, il vous donne sa grâce ?
Je vous pose la question : un pieu est fiché en terre par la force du coup ou parce que la terre veut bien céder ? Ces deux aspects sont-ils dissociables ?
La personne centrée sur Dieu cesse de condamner êtres ou choses ; son amour, son pardon, sa patience, sa tolérance s’accroissent.
Elle voit Dieu en chacun, en chaque forme, chaque secte, chaque croyance, chaque religion, exactement comme une même personne est abordée par son fils en tant que père, par son neveu en tant qu’oncle, par sa femme en tant que mari et par ses parents en tant que fils.
Ecoutez, quand vous partez en voyage, vous ne prenez avec vous que ce dont vous avez besoin. Vous n’emportez pas tout ce qu’il y a dans votre maison. De même, lorsque vous devenez pèlerin en chemin vers Dieu, vous ne devez prendre que les provisions qui vous aideront à vivre toujours en Sa présence.
(en souriant) Si les femmes prennent le bon chemin, les hommes ne peuvent se tromper de direction.
Une personne demanda :« Ma, comment réaliser l’union ? »
Elle répliqua en riant :
« De qui vient la désunion ? »
« Quelquefois une personne expérimente des états extraordinaires sans qu’elle ait aucune discipline spirituelle, comme pour un enfant. »
Elle répondit :
« Cela peut arriver à la suite d’un choc. Quelquefois les portes du dedans s’ouvrent ainsi toutes grandes, et tout s’éclaire. Cette ouverture peut être permanente ou temporaire. Si elle demeure, c’est une occasion remarquable de réussir sa vie. »
Le monde de Dieu est fait tout à la fois d’êtres qui comprennent sa nature et d’êtres qui ne la comprennent pas ; à ceux-là Il donne les jouets qu’ils désirent.
S’il y a doctrine, il ne peut y avoir compréhension totale.
La conscience est omniprésente ; présente également en chaque créature, présente dans la terre.
Parce que nous ne réalisons pas que cette conscience est déjà présente dans l’argile, nous modelons une image d’argile et voulons lui insuffler la « vie » par des rites appropriés…
Quand il n’y a plus d’éloignement, la paix est acquise. Aussi longtemps que vous Le sentez éloigné, vous êtes dans le trouble.
Il n’est pas utile d’annoncer qu’une grenade est mûre. Sa couleur et son parfum parlent d’eux-mêmes !
Ce qui voile la réalité finit par tomber en charpie. Quand cela commence de se désagréger, on n’y peux plus rien. Le temps est venu de voir.
Comment le mensonge émerge-t-il de la vérité ?
Vous voulez le savoir ? Les vagues sont l’océan. Elles ne sont que les remous de l’océan lui-même. Le mensonge n’est rien d’autre qu’un remou de la vérité.
Chacun exprime les idées qui correspondent à ses propres possibilités. Après tout, foi et scepticisme sont tous les deux naturels.
En toute forme, en toute expression, il n’y a que Lui.
L’univers, vous le dites, n’est rien d’autre que le UN. En tant que tel, toute forme est Lui, toute forme est Sa Forme. Cela implique quoi ? La non-action… Pourquoi ?
Vous dites aussi :
« L’action offerte à Dieu est la seule vraie action, toute autre action est dérisoire, négative. »
En fait qu’en est-il de Lui en tant qu’Action ? Forme ? Qualité ?
Quand Il se manifeste (Lui et tout ce qui participe de sa splendeur) Il semble en acte et Il ne fait rien.
IL EST FORME… la forme « fait »-elle quoi que ce soit ? et IL EST ACTION… Lui, le Tant-Aimé, vers qui languit toute la création.
Comprenez bien. L’UN qui est « Sans Forme », « Sans Qualités » est aussi « Toute Forme », « Toutes Qualités » ? Ce UN, Pure Intelligence, a toutes les formes en même temps qu’aucune. Oui, les activités mondaines, et les actions offertes à Dieu, les unes et les autres sont CELA, la seule Réalité Eternelle.
Parce que vos points de vue vous limitent, vous parlez de non-éternel et tenez pour certain que tout est provisoire, changeant, et que les sempiternels bouleversements de ce monde mènent on ne sait où.
En réalité…
… L’ACTION qui ne nous tient pas à sa merci est L’ETRE, simplement.
Arrive un moment dans la vie où une action inconditionnée, jaillissante, est rendue possible, quand vous êtes sans attache…
plus de danger alors, plus d’action erronée, plus de faux pas.
Vivre dans la division et rester indivise.
Obéir ? Ne pas obéir ?
Etabli dans le Soi, qui obéirait à qui ?
Où est l’autre ? Rien n’est séparé. A qui parler ? Où peut-il y avoir une relation ? Aussi longtemps que le guru, l’amour pour Lui, le travail, le « je », sont perçus comme séparés, il ne peut y avoir de réalisation du Soi.
Est digne d’être appelée « action », l’action qui révèle l’éternelle union de Dieu et de l’homme. Le reste est futile, indigne du nom d’action… Un non-acte. Cette union n’est pas à établir. Elle existe de toute éternité.
Parmi tant d’aspects, devinez-en un… Si le Bien-Aimé est le Soi, la défaite est Lui aussi, et tout ce qui se défait.
Vous dites « transitoire » ce qui ne reste pas en place, n’est-ce pas ? Mais qu’est-ce qui ne reste pas ? Qui ne reste pas ? Qui vient ? Qui va ? Changement, transformation, que sont-ils ? QUI ? Prenez les choses à la racine. Tout passe. La mort passe. La mort meurt. Qui va et où ? Qui vient et d’où ? Cet incessant va et vient, qu’est-ce ? QUI ?
Le sans-action… Le sans va-et-vient…
Tout dans l’univers dérive d’une substance fondamentale. On la réalise quand tous les nÏuds sont défaits. La cause de la Création -préservation- dissolution se révèle à qui vit « dénoué »…
Des efforts soutenus conduisent à être sans effort. Autrement dit, ce qui a été atteint par un effort soutenu est finalement transcendé…
Et vient la spontanéité !
Alors, « sans effort » vous êtes sur le chemin de l’infini.
Entrez dans le rythme de votre vraie nature. Un jour elle frappe comme un coup de foudre et vous saisit en un instant sans que vous puissiez résister. Il arrive un moment où « votre » action n’est plus nécessaire.
En fait il n’existe rien d’autre que l’Unique Instant. Dès l’Instant où vous Le trouvez, vous connaissez votre vrai Moi. Cet instant relie à l’ensemble de la création.
Chaque chose, chaque être est présent partout, de tout temps. Au royaume du Tout, dire que quelque chose existe ou n’existe pas n’a aucun sens.
Ce qui est entier est entier à tous égards. Une partie du Tout est aussi complète que le Tout en sa totalité.
Source : https://www.anandamayi.org/