
C’est en effet, un dialogue qui se poursuit entre Narada, le Maître, et le disciple Vyasadeva et l’on trouve ce dialogue au chapitre V du Livre 1, Verset 6
Vyasa dit : « ô Maître ! Tout ce qui est mystérieux t’est connu, car tu adores Celui qui crée et détruit l’Univers matériel. Celui qui encore soutient le monde spirituel, l’originelle Personne Divine, au-delà des trois gunas« .
Celui qui s’engage tout entier dans le Service du Seigneur incarne le savoir total. Un tel Bhakta, établi dans la forme parfaite du service de dévotion, partage en outre les perfections yogiques (astasiddhis) qui ne constituent cependant qu’un fragment de son opulence sublime. Un bhata comme Narada, exemple de l’être distinct parfait à tous égards, bien que restant subordonné au Seigneur Suprême, peut, par sa perfection spirituelle, accomplir toutes sortes de merveilles, ce que tous les êtres cherchent à réaliser.
Verset 7
Vyasadeva :
Vyasadeva : « Ta Grâce a pouvoir, comme le soleil, de voyager partout à travers les trois mondes, et comme l’air, de pénétrer au coeur de tous les êtres ; en cela, tu égales l’Ame Suprême omniprésente. Je te prie donc de déterminer quelle faute, moi soumis à un voeu de discipline régulatrice et absorbé par la Transcendance peut être mienne. »
Verset 8
Sri Narada dit : » Tu n’as pas vraiment exposé les gloires sublimes et sans tache du Seigneur Suprême. Or, toute philosophie qui n’apporte pas de satisfaction aux Sens spirituels et absolus du Seigneur doit être considérée comme sans valeur.
Commentaire de l’écrivain traducteur de l’Oeuvre Srimad Bhagavatam :
L’être distinct est l’éternel serviteur du Maître éternel, le Seigneur Suprême ; telle ests la relations naturelle et éternelle qui les unit. Si le Seigneur s’est multiplié en d’innombrables êtres distincts, c’est afin d’accepter d’eux un service d’amour, et seul cet échange pourra satisfaire à la fois le Seigneur et les être distincts.
Le grand érudit qu’est Vyasadeva a largement développé les Ecritures védiques, en terminant par l’esposé de la philosophie du Vedantâ, mais aucun de ces traités, ne glorifie directement le Seigneur Suprême. D’arides constructions philosophiques, même lorsqu’elles portent sur le sujet spirituel de l’Absolu, en présentent que peu d’attrait si elles ne florifient directement le Seigneur.
La réalisation de la Personne Divine représente l’aspect ultime de la réalisation de l’Absolu. En effet, la réalisation de l’Absolu en tant que Brahman impersonnel ou que Paramatma, l’Âme Suprême « localisée », engendre une félicité spirituelle moindre que la réalisation des Gloires de Sa Forme personnelle.
Bien que lui-même auteur de la philosophie du Vedanta, ou Vedanta-darsana, Vyasadeva demeure troublé. Quel genre de Félicité spirituelle peuvent donc goûter les lecteurs et les auditeurs du Vedanta s’ils n’en reçoivent pas l’explication directe de l’auteur ?
Ici s’exprime donc le besoin, pour Vyasadeva d’expliquer le Vedanta-Sutra, à travers le Srimad Bhagavatam.

Verset 9 Sri Narada : Ô grand Sage, tu as élaboré de la façon la plus vaste les quatres principes fondés sur les actes de piété, mais tu n’as pas donné autant d’importance à la description des gloires de la Personne Suprême, Vasudeva.
Srila Narada ne tarda pas à faire son diagnostic allant à la cause profonde de l’insatisfaction de Vyasadeva en ce qu’il avait négligé délibérément de glorifier le Seigneur à travers ses divers Pûranas d’où son désenchantement d’avoir négligé le service de Dévotion.
Ces enseignements nous montrent de façon claire qu’à moins de pratiquer le service de dévotion, nul ne peut trouver de satisfaction réelle, ce que confirme d’ailleurs la Bhagavad Gîta.
Le pur service à la Dévotion situe le bhakta dès lors au niveau de la réalisation spirituelle, au niveau du brahma-bhuta où il trouve la pleine satisfaction. Et cette pleine satisfaction représente en Soi que le début de la félicité spirituelle.
Il faut réaliser quelques progrès dans ce monde relatif en atteignant l’équanimité, à l’égalité d’esprit, pour ensuite s’établir dans le service d’amour sublime du Seigneur. Tel est l’enseignement de la Personne Divine dans la Bhagavad-Gîta.
En conclusion, pour se maintenir au niveau du brahma-bhuta, aussi bien que pour accroître son degré de réalisation spirituelle, Vyasadeva se voit recommander par Nârada de décrire avec enthousiasme et en profondeur le sentier du service de dévotion, seule manière pour lui de se délivrer d’un grave découragement.
Source : le Srimad Bhagavatam

Un article sera écrit sur les termes sanskrits utilisés pour cette page et le lien sera posé ci-dessous chers Lecteurs et lectrices. Namaste
Soyez bénis