
Prenez soin des affaires de la vie courante.
Je ne les déclare pas superflues.
Mais toujours, gardez un oeil sur Dieu.
Si vous faites ainsi, vous verrez fatalement que le « CELA EST » et le « MOI JE » sont aussi liés que l’arbre et son ombre.
Le « MOI JE » est une ombre projetée du « CELA EST ».
En suivant l’ombre on parvient au pied de l’arbre.
De la même façon on parvient à Dieu en menant une vie normale, avec toutes ses occupations MAIS sans LE perdre de vue.
Il n’y a rien à quoi renoncer. Trouvons plutôt l’élan pour traverser la vie. Après tous ses élans restreints, l’être humain doit trouver le Grand Elan.
L’esprit de service, le Service réel, ne suit aucune règle préétablie.
Il est si personnel qu’il n’admet aucune directive.
Un jour alors que vous « faites votre service » de façon conventionnelle, l’inspiration survient !
A partir de là, tout ce qui est à faire se fera de façon inspirée.
Oui. Dieu peut être vu. On peut Lui parler, de la même façon que je vous vois et que je vous parle !
Elle rit…
Le jeu de Krishna peut à peine être saisi de ceux qui se sont libérés dans cette vie.
Etre libéré implique qu’on s’est dégagé des liens qui nous attachaient.
Etre libre est une autre affaire !
Ceux qui sont libres comprennent le jeu de Krishna.
Ces jeux commencent où s’achève le Védanta.
Cela est ineffable.
Dans ce jeu, il n’y a qu’un être.
Il est Radha et toutes les amoureuses, leurs troupeaux, Tout en Un.
Krishna en lui-même se rejoint de toutes les façons.
Dans le monde, rien n’est isolé. Tout interagit.
Création, maintien, destruction ne sont qu’un seul et même événement.
Mais votre façon de mener votre vie vous a fait prendre tout de travers.
Vous vous retrouvez empétrés en vous-mêmes.
Il va falloir dans votre relation au monde remettre tout à plat.
Il n’y a pas de problème quand tout est à sa place.
Faites de votre mieux. Dieu fera le reste.
Dénouez ce que vous pouvez. Le reste se dénouera de soi-même.
Qu’est-ce que s’incliner ? Renverser le contenu d’un pot. S’incliner, c’est renverser tout notre contenu. Vous dites que votre tête est pleine d’idées, d’impressions… Mais quand vous vous penchez, rien ne sort. Comme pour une salière humide, rien ne passe par les trous !
Vous allez au bain public. Admettons qu’il n’y en ait qu’un, mais vous partez d’endroits différents ; alors les chemins sont différents pour y parvenir. De même la religion est une et toutes les pratiques tendent au même but. Elles apparaissent très différentes pour répondre à la situation de chacun.
Il n’y a « grâce » que dans la distinction du « moi » et du « toi ».
Après leur fusion, qui montre de la grâce à qui ?
Dieu a aussi ses caprices. Il est parfait en toutes choses.
Pourquoi serait-il sans caprices ?
Parce que vous agissez selon des motivations, vous attribuez à Dieu des motivations. Ultimement… rien de tel.
Le feu brûle, nous brûle si on l’approche, qu’on le veuille ou non. Si vous approchez la Déesse sans le savoir, c’est la même chose. Bien sûr un objet pris dans la glace ne flambera pas aussitôt. Mais le feu le lèchera. Si vous approchez un être habité par la Déesse, cela risque de vous laisser des traces…
Pour atteindre Dieu, tout ce qui est à faire est de vous mettre en marche selon les indications que donne le guru. Une fois partis, tout va de soi. Supposez que vous vouliez rejoindre le Gange. Vous demandez une première fois à quelqu’un la direction. Il vous la donne. Ensuite même si vous vous égarez, d’autres personnes vous remettront sur la route. Vous y arriverez forcément. Le tout est de rester en mouvement. Même si la première personne qui vous a indiqué la bonne direction ne vous accompagne pas jusqu’au Gange, vous y arriverez par vos propres moyens.
J’appelle les Ecritures des horaires de chemin de fer. Vous voulez aller par le train d’un point à un autre. Toutes les stations jusqu’à votre destination sont indiquées. Mais seulement les noms. Comment vous faire une idée des lieux eux-mêmes ? En plus, tout n’est pas indiqué, seulement les agglomérations les plus importantes. Les Ecritures ne disent pas non plus tout d’une quête spirituelle. Elles indiquent les grandes étapes. Vous n’y trouverez pas quantité d’expériences qui peuvent survenir, ni les infinies nuances d’une progression. Peut-on répertorier les passages de couleurs d’un lever du jour ? Les Ecritures ne peuvent avoir le dernier mot en matière de quête spirituelle. Elles montrent les grandes lignes (et pas toutes). C’est pourquoi nous dirons que ce qui se trouve dans les Ecritures est aussi vrai que ce qui ne s’y trouve pas…
Dire : « au moyen du silence, Il se révèle » n’a pas de sens. La Connaissance Suprême ne vient pas « au moyen » de quoi que ce soit. La Connaissance Suprême se révèle d’elle-même. Mais, pour désagréger ce qui « voile », certaines pratiques spirituelles, certaines disciplines sont opportunes.
Le silence réel s’impose quand la pensée n’a plus nulle part où aller. Mais en réalité, qu’il y ait pensée ou pas, que l’on parle ou pas, ne fait aucune différence !
Le « laissez-moi me donner sans attendre aucun résultat » est encore un désir de résultat ! Néanmoins, cette aspiration à l’action non égoïste l’aidera peut-être à advenir.
Dieu donne ses instructions de toutes les façons. On peut apprendre des arbres, des animaux. Le guru est partout présent.
L’esprit est agité. Bien sûr, il se démène de tous côtés et ne s’apaise que s’il hérite enfin de son bien propre, son droit de naissance : la pure attitude.
Rien ne doit être forcé. Il suffit de favoriser un bon climat et vos proches se développent spontanément. Le fruit le plus succulent est celui qu’on laisse mûrir tranquillement sur sa branche.
Est VU, vraiment vu, ce qui une fois vu enlève tout désir d’en voir plus.
Est ENTENDU, vraiment entendu, ce qui une fois entendu enlève tout désir d’en entendre plus.
Ne plus croire en rien est une phase naturelle de toute quête spirituelle. En un sens, les Déités, les Ecritures induisent en erreur. Toute tentative de confiner dans des mots et des concepts ce qui est inexprimable falsifie. Mais déclarer ou écrire que les Ecritures sont fausses est une autre forme d’Ecriture…
Dans la méditation « faire » et « être » sont si différents ! On tente de méditer, on « fait » de la méditation, mais le jour où la méditation émane de soi, où elle « est », quel autre monde !
Voyez. Vous recevez une éducation comparable.
Vous vous référez aux mêmes livres.
Certains en font des conférences, d’autres des poèmes…
Une porte barricadée se force de deux façons : en la mettant à bas, où en se couchant devant. Ainsi, on se met à bas soi-même !
Les visions, les « vibrations » se manifestent tant que nous en sommes au monde du « je veux ». Du moment où nous rejoignons notre nature réelle, ces « distinctions » disparaissent.
Le mystère de l’univers se révèle à qui sait atteindre le « non-quoi-que-ce-soit ».
Un bébé ne sait pas dire « maman » et pourtant quand il pleure, la mère sait qu’il l’appelle, et accourt.
(Ça ne marche pas avec les plus grands !…)
De la même façon, tant que nous sommes ignorants nous pouvons appeler Dieu par n’importe quel moyen. Il comprend.
Quand le guru dit : je suis toujours avec vous, cela peut s’entendre de bien des façons.
Allons d’abord au plus vaste :
Le guru est inséparable de chaque particule de l’univers. En cela il n’est pas distinct de vous. L’univers n’est qu’une seule et même substance. Le guru et le disciple en font partie, inséparables. En celà, le guru est avec vous.
En outre, le guru est avec vous sous la forme du mantra.
Enfin, sur un mode plus singulier, certains sages ont le pouvoir d’être en plusieurs endroits en même temps. Pour le bénéfice de ses disciples, le guru, par son don d’ubiquité, peut approcher distinctement chacun d’entre eux, à tout moment.
En cela aussi, le guru est avec vous.
Source : https://www.anandamayi.org/