6. Le Bienheureux au Chant II suite& extrait chant XI -1 à 5☼~~☼☼~~☼☼~~☼☼~~☼

Chant II : Sloka de 37 à 72

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37. Ou bien tué, tu accéderas au ciel, ou bien victorieux, tu régneras sur la terre. Redresses toi donc, ô fils de Kunti, résolu à combattre !

38. Plaisir et douleur, profits et pertes, victoire et défaite, considère que tout cela se vaut et apprêtes toi au combat. De la sorte tu éviteras le péché.

39. Je tai enseigné la doctrine sous l’angle spéculatif. Je vais maintenant te l’exposer sous l’angle de la pratique. En t’y exerçant, tu t’affranchiras des liens de l’acte.

40. Pour celui qui avance dans cette voie, il n’est pas de retour en arrière. Même une très modeste pratique permet d’éviter de grands dangers.

41. Ici ô fils de Kuru une pensée unifiée est ce qui convient pour la décision. Chez les indécis, la pensée va se ramifiant à l’infini.

42. Il est une parole fleurie – ô fils de Prthâ – proférée par des hommes qui manquent de sagesse, attachés qu’ils sont à la lettre des Védas, prétendant qu’il n’y a rien au-delà.

43.Hommes de désir, obsédés par les plaisirs célestes, leurs discours, tourné vers les jouissances et les pouvoirs magiques, se perd dans le dédale des rites et ne débouche que sur les renaissances comme fruits des actes.

44. Ceux que fascinent les jouissances et les pouvoirs, succombent au prestige d’un tel langage. Chez eux, l’intelligence même unifiée, se montre inapte au reccueillement.

45. Les Védas ont pour domaine les trois attributs constitutifs (de la Nature). Place-toi ô Arjuna au-delà de ces attributs. Affranchis-toi des couples d’opposés. Demeure en permanence dans l’élément du sattva, indifférent aux richesses, maître de toi-même.

46. Pour un Brahmane parvenir à la sagesse, l’ensemble des Vedas a ausssi peu d’utilité qu’un puits en période d’inondation.

47. Tu as vocation à agir mais non à récolter le fruit de tes actes. Que ces fruits ne soient pas le motif de ton action ; mais ne t’attache pas davantage au non agir.

48. Etablis dans cette discipline du yoga, adonne-toi à l’action, ô Dhananjaya. Demeure l’âme égale dans le succès et dans l’échec car le yoga est l’équanimité.

49. L’acte, en effet, est de loin inférieur – ô Dhananjaya à l’exercice de la pensée. Prends donc refuge dans la pensée. Misérables sont ceux qui n’agissent qu’en vue du fruit.

50. Celui qui exerce sa pensée transcende ici-bàs la bonne et la mauvaise conduite. Aussi appliques-toi à la discipline du yoga. Elle est l’excellence de l’agir.

51. Les sages parvenus à la maîtrise de leur pensée délaissent le fruit des actes. Libérés des liens de la renaissance, ils vont au séjour bienheureux.

52. Quant ta pensée aura traversé le fourré de l’égarement, tu n’éprouveras que dégoût pour tout ce que t’aura enseigné et pourrait encore t’enseigner la Révélation.

53. Quant ta pensée, rendue perplexe par l’enseignement révélé, se fixera et se stabilisera dans le reccueillement, alors tu seras en possession du yoga.

Arjuna dit :

54. »L’homme confirmé en sagesse et instalé dans le recueillement que dire de lui ? Stabilisé dans sa pensée, comment s’exprime t’il ? Comment se tient t’il assis ? Comment marche t’il ? »

Le Bienheureux dit :

55. « Est confirmé en sagesse »-ô fils de Prithâ- celui qui a congédié tous les désirs qui hantent l’esprit et qui trouve sa satisfaction en soi et pour soi.

56. Sans trouble dans la souffrance, sans attrait pour le plaisir, libre d’attachement, de colère et de crainte, cet ascète est réputé « stabilisé dans sa pensée ».

57. Celui qui est détaché de tout, n’exulte pas dans la bonne fortune ni ne se révolte dans le malheur, celui-là est confirmé en sagesse.

58. Celui qui, à la manière de la tortue rétractant ses membres, retire ses sens des objets sensibles, celui-là est confirmé en sagesse.

59. Les objets des sens s’évanouissent pour l’âme incarnée qui n’en fait plus son aliment. Leur saveur subsiste mais s’évanouit à son tour qui a reconnu la suprême Réalité.

60. L’homme éclairé lui-même voit, en dépit de ses efforts, ses sens tyrranique entraîner de force son esprit.

61. Aussi convient t’il de les dompter tous et, concentré de se fixer uniquement sur moi. Qui tient ses sens en son pouvoir est vraiment confirmé en sagesse.

62. Un attachement s’éveille chez celui qui s’attarde à considérer les objets des sens. De l’attachement naît le désir et du désir l’irrascibilité.

63. De l’irascibilité naît l’égarement, de l’égarement la défaillance de la mémoire, laquelle entraîne le naufrage du jugement et, finalement, la perte de l’homme lui-même.

64. Mais celui qui traverse le monde extérieur avec des sens maintenus sous son empire, libre d’attraction et de répulsion, celui-là, âme disciplinée, accède à la sérénité.

65. Et dans cette sérénité il trouve la fin de toutes les souffrances car dans un esprit apaisé, bien vite, le jugement se raffermit.

66. Pas de jugement chez l’indiscipliné et pas davantage de capacité à méditer. Mais qui ne médite pas ne connaîtra pas la paix de l’âme et, sans elle, d’où lui viendrait le bonheur ?

67. L’homme qui cède à l’impétuosité de ses sens voit son esprit emporté par eux, comme sur l’océan un vaisseau par la tempête.

68. C’est pourquoi – ô héros aux grands bras – seul est vraiment confirmé en sagesse celui dont les sens sont parfaitement tenus à l’écart des objets sensibles.

69. Ce qui est nuit pour tous les êtres est, pour l’homme maître de ses sens, le temps de l’éveil. Et quand les êtres sont éveillés, c’est la nuit pour l’ascète voyant.

70. De même que l’océan où affluent les eaux demeure toujours plein et contenu dans ses rivages, de même celui en qui refluent tous les désirs atteint à la paix spirituelle mais non celui qui cède à l’attrait du désir.

71. L’homme congédiant tout désir, vit libre de convoitise, détaché du « je » et du « mien », celui-là accède à la paix spirituelle.

72. C’est là -ô fils de Prthâ – la condition brahmanique. Qui l’a atteint ne s’égare plus. Si on s’y établit, fût ce à l’article de la mort, on parvient à l’extinction en brahman.

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Ce matin, ouvrant le « Livre du Bienheureux » : il est lu :

Chapitre 11 : La vision cosmique :

1. » Ce suprême secret relatif au Soi que tu m’as fait l’honneur de me révéler a dissipé mon égarement »

2. »De ta bouche ô héros aux yeux de lotus j’ai appris en détail l’origine et la fin des êtres, ainsi que mon impérissable grandeur »

3. « En vérité, tu es bien le Suprême Seigneur, comme tu l’as toi-même proclamé. Je voudrai contempler – Ô suprême esprit – ta forme souveraine

4. « Si tu estimes, ô maitre, qu’il m’est possible de la voir, alors ô Seigneur du Yoga, révèle-moi ton Soi impérissable ! »Le Bienheureux (le Seigneur) dit :

5. « Vois – ô fils (de Prthâ) – par centaines, par milliers, mes formes divines, infiniment diverses dans leurs couleurs et leurs aspects.

Bhagavad Gîta ou Le livre du Bienheureux, Chapitre 11 Verset ci-dessus 1 à 5 (traduction d’Emile Senart et de Michel Hulin)

Arjuna pose des questions au Seigneur lui ayant révélé le secret du Soi, c’est-à-dire la Demeure où il réside en chacun des êtres au-delà des formes extérieures : l’âme immortelle (Atman) où Il réside au-delà du voile des apparences des formes mortelles et, Ajurna ajoute que cette révélation l’a sorti de son égarement.

Pourquoi se sentit t’il égaré ? Tout simplement l’âme sait tout, mais les êtres ont oublié que ce Trésor vit en chacun et qui est Source de Connaissance, de Paix et d’Amour.

Arjuna désire ensuite que le Seigneur lui révèle « son Soi impérissable » et Sa forme souveraine. Le Seigneur lui répond qu’il lui est possible de la voir dans la multiplicité des formes et des couleurs et de leurs aspects, comme des fragments entier de ce qu’Il Est.

Arjuna désire voir le Seigneur dans Sa forme Souveraine et il lui est répondu de regarder toutes ces formes par milliers où Il se trouve aussi puisque issu de la Source et du Seigneur Lui-même.Comme l’exprime Ananadamayi Ma : »Tout est le Seigneur ».

Arjuna est invité à voir le Seigneur par toutes les formes divines diversifiée par les couleurs et leurs aspects. C’est ainsi qu’Il se manifeste partout du grain de sable à la brindille, dans les ruisseaux et les montagnes, en tout ce qui apparaît dans les formes multiples.

C’est ainsi que Anandamayi Ma répond à la question : »Peut t’on voir le Seigneur ? ». Et sans hésiter, Ma, répond : »Oui ». Le Seigneur se manifeste sous toutes les formes divines répond t’il.

Et, Il peut également se manifester sous différents aspects car, en réalité nous formons le Un depuis toujours et cela reste ainsi sans début ni fin. Ce n’est que l’oubli de notre Véritable Nature qui nous égare piégé par le monde des apparences où nous sommes devenus compacts et où des voiles ont couvert cette Connaissance, cette situation n’est que provisoire et fait partie du monde des apparences, c’est ainsi que le Seigneur parle et par Sa Grâce ôte les voiles de l’ignorance et du conditionnement. Ainsi Est. Ainsi Soi.

Jai Mâ

Hare Krishna

« Aimons-nous les uns les autres » « La Paix soit avec vous » Jésus-Christ

Gloire au Seigneur

5. « Vois – ô fils (de Prthâ) – par centaines, par milliers, mes formes divines, infiniment diverses dans leurs couleurs et leurs aspects.

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Voici une belle lecture du Chant II de la Bhagavad Gîta par Le vieux sage. Il ajoute au titre « Théorie et pratique ». Merci pour cette belle voix.

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