
Dans ce chapitre, Krishna ouvre un enseignement d’une ampleur nouvelle. Il ne parle plus seulement de discipline, d’action juste ou de méditation. Il révèle Sa nature, Sa présence, Sa réalité, et la manière dont l’être humain peut Le connaître.
C’est un chapitre de révélation, un chapitre où le Divin se dévoile.
Connaître le Divin : un chemin d’union
Krishna dit à Arjuna que celui qui s’attache à Lui avec constance, celui qui oriente son cœur, son mental, son souffle vers le Divin, celui‑là Le connaîtra dans Sa totalité.
La connaissance dont il est question n’est pas intellectuelle. Ce n’est pas une accumulation d’idées. C’est une connaissance vivante, une reconnaissance intérieure, comme si l’âme se souvenait soudain de ce qu’elle a toujours su.
La nature du Divin : visible et invisible
Krishna révèle que le Divin se manifeste sous deux formes :Sa nature inférieure, visible, matérielle : la terre, l’eau, le feu, l’air, l’espace, le mental, l’intellect, l’ego.
Sa nature supérieure, invisible, spirituelle : la conscience qui anime tout, la vie qui circule dans chaque être, l’essence qui soutient l’univers.
Le monde n’est pas séparé du Divin : il est une expression du Divin.
Le Divin comme origine et soutien de tout
Krishna affirme être : la source de toute chose, le soutien de l’univers, le principe qui ordonne la nature, la force qui maintient l’équilibre, la présence qui habite chaque cœur.
Il n’y a rien en dehors de Lui. Tout ce qui existe repose en Lui comme les perles d’un collier reposent sur un fil invisible.
Pourquoi si peu Le connaissent ?
Krishna explique que la plupart des êtres sont absorbés par : le désir, la peur, la recherche du plaisir, la confusion et l’ignorance.
Ils voient le monde, mais pas l’essence. Ils voient les formes, mais pas la lumière qui les traverse.
Ce n’est pas une faute : c’est une étape de l’évolution de la conscience.
Ceux qui cherchent vraiment
Krishna distingue quatre types de chercheurs : celui qui souffre et cherche refuge, celui qui désire comprendre, celui qui cherche un bienfait et celui qui cherche la vérité pour elle-même.
Tous sont accueillis. Tous sont entendus. Tous avancent, chacun à son rythme.
Mais celui qui cherche la vérité pour la vérité, celui qui aime le Divin pour le Divin, celui‑là est le plus proche de la réalisation.
Connaître le Divin, c’est Le reconnaître partout
Le sommet du Chant est une vision unitive : le Divin n’est pas ailleurs. Il n’est pas dans un lieu lointain. Il n’est pas séparé du monde. Le divin est partout dans la flagrance de la terre, la lumière du soleil, dans chaque être, l’intelligence dans le cœur et la force dans l’effort, la paix dans le silence.
Connaître le Divin, c’est voir l’Unité derrière la diversité.
Conclusion : le Yoga de la Connaissance est un éveil
Le Chant VII enseigne que : le Divin est la source de tout le monde est sa manifestation et l’âme peut le connaître. La dévotion sincère ouvre la porte et la vision unitive et la réalisation suprême.
Ce n’est pas une croyance. C’est une expérience intérieure, le souvenir de qui nous sommes : une reconnaissance.
La Nature Supérieure et la Nature Inférieure
Dans le Chant VII, Krishna révèle que le Divin se manifeste à travers deux natures : une nature inférieure (apara-prakṛti), et une nature supérieure (para-prakṛti).
Ces deux aspects ne sont pas opposés : ils sont complémentaires, comme l’ombre et la lumière, comme la forme et l’essence.
La « Nature Inférieure » : la manifestation visible
La nature inférieure est tout ce qui compose le monde matériel et psychologique. Elle inclut : la terre, le corps et la matière solide ; l’eau, les fluides et les émotions pour un virgule ; le feu avec l’énergie et la transformation ; l’air qui est le mouvement et la respiration ; l’espace qui est le contenant et l’ouverture ; le mental avec ses pensées les images et les désirs ; l’intellect qui donne une analyse une logique ; et l’ego le sentiment d’être « moi je ».
C’est la nature matérielle qui change, évolue, se transforme. Elle est belle, mais instable. Elle est nécessaire, mais jamais définitive.
Elle représente la dimension phénoménale, ce que nous percevons avec les sens.
La Nature Supérieure : la conscience qui anime tout
La nature supérieure est la vie intérieure, la conscience pure, l’essence immuable, l’Âme, Atman notre Véritable Nature : le Soi.
Elle est : le silence du cœur, le silence des pensées virgule la lumière intérieure qui éclaire, la force qui anime le corps virgule la conscience qui observe, larme qui traverse les vies et le souffle spirituel qui contient l’univers entier. C’est la dimension éternelle dans laquelle nous nous trouvons dans l’ici et le maintenant éternellement.
Notre véritable nature est stable et c’est ainsi qu’on la reconnaît avec l’Observateur et que l’on peut goûter à cela dans le présent dans le silence du cœur;
Elle représente la dimension éternelle, ce qui ne change jamais.
Le Divin à la Source divine
Krishna explique que la nature inférieure n’existe pas par elle-même. Elle est soutenue, pénétrée, animée par la nature supérieure.
Sans la conscience : le mental ne pourrait pas penser et le corps ne pourrait pas vivre et le monde ne pourrait pas être perçu
La nature supérieure est comme le fil invisible qui relie toutes les perles d’un collier. On ne le voit pas, mais sans lui, rien ne tient.
Pourquoi cette distinction est essentielle pour le yoga
Comprendre ces deux natures change tout dans la pratique spirituelle.
Cela montre que le monde n’est pas une illusion à rejeter
La nature inférieure n’est pas “mauvaise”. Elle est simplement transitoire. Elle est le terrain d’expérience, le champ d’évolution.
Cela montre que la paix ne vient pas du monde extérieur
La nature inférieure est instable : elle ne peut pas offrir une paix durable.
La paix vient de la nature supérieure : la conscience, le Soi, l’essence.
On ne quitte pas le monde : on cesse de s’identifier uniquement à sa dimension inférieure.
L’être humain : un pont entre les deux natures
L’être humain est un être double :par son corps, son mental, ses émotions, il appartient à la nature inférieure ;par sa conscience, son âme, sa lumière intérieure, il appartient à la nature supérieure.
Le yoga consiste à unifier ces deux dimensions. À vivre dans le monde, mais à partir du Soi. À agir, mais sans s’identifier à l’ego. À aimer, mais sans attachement.
La vision finale : tout est le Divin
Le sommet de l’enseignement est simple et immense :
les deux natures sont des expressions du Divin.
La nature inférieure est Sa manifestation. La nature supérieure est Sa Présence. Le monde est Son corps. La conscience est Sa lumière.
Il n’y a pas deux réalités : il n’y a qu’une seule réalité, vue sous deux angles.
Conclusion : comprendre les deux natures, c’est comprendre la vie
Cette distinction révèle : pourquoi nous souffrons ? pourquoi nous cherchons ? Pourquoi nous évoluons ? Pourquoi nous méditons ? Et pourquoi nous aspirons à la paix.
Elle montre que la spiritualité n’est pas une fuite du monde, mais une reconnaissance de la dimension supérieure qui l’anime.
C’est l’un des enseignements les plus profonds de la Bhagavad‑Gîtâ.
Voici dans la chaîne youtube : Le Vieux Sage une belle lecture du Chant VII

La Bhagavad Gîtâ, traduction de Swami Chinmayananda
Quelques slokas seront ajoutés d’ici peu de temps.
Soyez béni vous qui passez par ici