
Il s’agit, en premier lieu, d’un dialogue entre le guerrier Ajurna et le conducteur du char qui est Sri Krishna.
Le point central de cette guerre est une lutte pour le pouvoir suprême entre deux familles puissantes ou deux clans rivaux descendants du même ancêtre appellé Kuru.
Ces deux clans sont formés par les deux fils de Kuru qui a eut deux fils : Dhirtarastra et Pandu. Dhirtarastra est aveugle de naissance, ce qui lui empêche de prendre le pouvoir.
Ces deux clans sont constitués d’un côté de Ajurna et de ses quatre frères car Pandu meurt, et de l’autre côté, chez les Kautavas, le premier né revendique le trône des cent fils de Dhirtarastra. Malgré diverses manoeuvres de réconciliation, tout débouche sur un conflit la bataille de Kukukhsetra qui durera dix-huit jours et décimera les deux camps.
C’est Arjuna qui est chargé du front des pandavas avec Krishna tenant les rennes du char attelés de plusieurs chevaux.
Krishna se révèlera peu à peu comme le Seigneur Suprême ou le Bienheureux (Bhagavan). Krishna s’avère être un cousin d’Ajurna avec qui il joua des jeux d’enfance. C’est ainsi que naît ces dialogues entre deux princes qui au fur et à mesure deviennent un monologue.
Les scrupules d’Ajurna au moment de s’engager dans la bataille qu’il sait devant être sanglante et que, dans un discours de Krishna, toute une vision de l’homme, de sa place dans l’Univers et de son rapport au divin vient à la fois résoudre et éclipser la problématique initiale.

Le clan des Kauvaras pourrait être un « Empire du Mal » et le chef Duryodhana est, au sens propre, démonisé par l’épopée qui le représente comme une incarnation de l’Asura Kali. Et, le pouvoir des Kauvara possède sa légitimité est reconnues par les Pandava. Le tort de Duryodhana est de ne pas se soumettre au jugement des brahmanes et à leur sanctification et donc par les dieux. Il reste une confusion dans chaque partie où il y a nombre de personnages qui auraient pu appartenir à l’autre camp.
Source : Résumé de quelques pages d’une partie de l’introduction de la Bhagavad Gîta de Michel Hulin
« Nous reprenons un passage ici tel quel de Michel Hulin dans l’Introduction de la Bhagavad Gîta, véritable livre de chevet et de méditation.
« Traditionnellement, ils divisent le texte en trois sections dites du :
Karma-yoga (Chant I à VI) Du bhakti yoga (Chant VII à XII) Du Jnâna yoga (Chant XIII à XVIII) »
Source : Extrait mot pour mot de la page 18 de l’Introduction de la Bhagavad Gîta de Michel Hulin.
Il y a au travers de la Bhagavad Gîta un message essentiel formulé au fil des pages. Pour bien saisir ce message et les termes sanskrits, il est bon d’avoir un Professeur ou le Guru ou les deux. Pour bien assimiler ce qui est enseigné au travers de ce parcours. Nous aurons quelques extraits au fil des pages.
Il y a plusieurs versions de la Bhagavad Gîta. Ici, la version de Michel Hulin a l’avantage d’avoir en fin de livre des propos de Adi Shankara en fin de ce livre, sur les chapitres choisis.
Nous en restons là pour l’instant quant à l’Introduction.
Namaste chers lecteurs et lectrices.
N’hésitez pas à commenter si le coeur vous en dit. Bonne lecture.
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Il y a diverses versions, le livre de Michel Hulin a une couverture bleue.
Chant I
1. Que s’est t’il passé – Ô Sanjaya – sur le champ sacré de Kuruksetra, lorsque mes hommes et deux de Pându s’y sont rencontrés, impatients d’en découdre ?
Sanjaya dit :
2. Voyant l’armée des Pândavas rangée en ordre de bataille, le roi Duryodhana s’approcha de son maître (d’armes) et lui tient ce discours :
3. « Regardes – ô Maître – cette puissante armée des fils de Pându, disposée en ordre de bataille par le fils de Drupada, ton brillant élève .
4. Il y a là des héros, de grands archers capables d’égaler au combat Arjuna et Bhîma, Yuyudhâna, Virâta et Drupada, grand guerrier sur son char.
5. Dhristaketu, Cekitâna, et le vaillant roi de Käsï, Purujit, Kuntibhoja, et ce taureau parmi les hommes qu’est le chef (du clan) des Sibi.
6. Le preux Yuddhâmayu et le puissant Uttamauja, le fils de Subhadrâ et ceux de Draupadî, tous grands guerriers sur leur char !
7. Quant à ceux qui se distinguent parmi les nôtres, ces chefs de mon armée, apprends-moi leurs noms, illustre brahmane :
8. Toi-même et Bhisma, et Karna et Kripa, victorieux au combat, Asvatthâman et Vikarna, ainsi que le fils de Somadatta.
(Les deux « clans » se connaissent tous par leurs prénoms, nous ne sommes pas familiarisé avec le sanskrit mais ne nous laissons pas distraire par cela, car la Bhagavad Gîta est une Enseignement précieux et très motivant)
9. Et bien d’autres héros encore, prêts à sacrifier leur vie pour moi ; ils différent par leurs armes et leurs équipements mais tous sont habiles au combat.
10. (La puissance de) notre armée, avec Bhïsma à sa tête, est sans limites, mais la puissance de la leur, commandée par Bhïsma est limitée.
11. Quelques place que vous occupiez dans la ligne de la bataille, ne songez qu’à protéger Bhïsma ! ».
12. Alors pour sa plus grande joie, l’ancien des Kuru, l’aïeul illustre, poussa un rugissement de lion et souffla dans sa conque.
13. Aussitôt, conques, tambours, tambourins, cymbales et cors retentirent dans un vacarme assourdissant.
14. A leur tour, le descendant de Madhu et le descendant de Pändu, debout sur leur grand char attelé de chevaux blancs, soufflèrent dans leurs conques Paundra.
15. Hirsikesa soufflait dans la conque Pancajanya, Dhananjaya dans Devadatta et Vrikodara, Dhananjaya et Vrikodara, aux exploits terribles, dans la grande conque Paundra.
16. Le roi Yuddhisthira, fils de Kunti, dans la conque Anantavijaya, Nakula et Sahadeva, dans Sughosa et Manipuspaka.
17. Le roi de Käsi, le meilleurs des archers, et Sikhandin, le grand guerrier, Dhirstadyumna, Virâta et l’invincible Sätyaki.
18. Drupada et ses fils, ô roi, Saubhadra aux grands bras, de tous côtés, faisaient résonner chacun sa conque.
19. Ebranlant la terre et le ciel, ce fracas assourdissant déchira le coeur des gens de Dh(i)rtharârastra.
20-21. Voyant les hommes de Dhrtarâstra ainsi rangés en formation de combat, et alors que déjà les flèches volaient de tous côtés, le Pândava dont la bannière porte l’emblème d’un singe éleva son arc et adressa -ô roi – ces paroles à Hrsïkesa : »Arrête, Acyuta, mon char entre les deux armées.
22. Je dois prendre le temps de détailler ces guerriers alignés impatients de combattre, voir avec qui il me faudra lutter dans cette bataille prête à s’engager.
23. Je veux dévisager ces combattants qui, rassemblés ici, prétendent soutenir par la force la cause du coupable fils de Dhrtarâstra ».
24. A ces mots de Gudakesa, Hrsikesa arrêta entre les deux armées le char incomparable.
25. Puis, face à Bhïsma, à Dorna, à tous les rois : »vois dit t’il ô fils de Pr(i)thâ, les Kurus rassemblés.
26.Alors le fils de Pr(i)thâ aperçut, répartis entre l’une et l’autre armée, des Pères des Grands-pères, des maîtres, des oncles, des frères, des fils, des petits-fils, des compagnons, des beaux-pères et des amis.
27. En voyant tous ses parents ainsi présents devant lui, le fils de Kuntî, submergé par la compassion et désemparé, prononça ces paroles :
28. « Voici Krishna qu eles hommes de ma parentèle s’avancent prêt à combattre. A cette vue, mes membres défaillent et ma bouche se déssèche.
29. Mon corps frissonne et mes poils se hérissent. (l’arc) Gandiva me tombe des mains et ma peau devient brûlante.
30. Je ne puis me tenir debout et mon esprit est comme pris de vertige. Je n’aperçois que de funestes présages.
31-32. Quant j’aurai massacré les miens dans a bataille, je ne vois pas quel bien pourra en résulter. Je ne désire – Ô Krishna – ni la victoire, ni la royauté, ni les plaisirs. Que nous importent – Ô Govinda – la royauté, les jouissances, et la vie elle-même ?
33. Ceux pour qui nous aspirions à la royauté, à la jouissance et aux plaisirs, les voici, prêts à s’entretuer, ayant fait sacrifice de leur vie et de leurs biens.
(suite à la page suivante : cliquez à gauche sur Bhagavad Gîta pour retrouver tous les article et, en l’occurence ici l’article 4.
Lecture du Chant I sur la chaîne youtube « Le Vieux Sage ».
☼☼~~Soyez bénis vous qui passez par ici ☼☼~~
Explication et étude du Chant I
Le Chant I se terminait par l’effondrement d’Arjuna. Le Chant II qui va suivre commence avec Krishna qui lui parle pour la première fois comme maître, pas comme ami.
Arjuna dit encore :
« Je suis accablé. »
« Je ne vois pas ce qui est juste. »
« Ma nature est confuse. »
« Enseigne-moi. »
C’est un moment de vulnérabilité totale. Arjuna reconnaît qu’il ne peut plus s’appuyer sur ses propres forces.
C’est là que Krishna commence à enseigner.
Krishna lui dit en substance :
« Ta tristesse n’est pas digne de toi. »
« Tu te laisses abattre par une faiblesse passagère. »
« Relève-toi. »
Ce n’est pas un reproche. C’est un appel à la force intérieure.
Krishna veut réveiller en Arjuna ce qu’il a oublié : sa nature profonde, immortelle, lumineuse.
🌟 3. La grande révélation : l’âme est immortelle
C’est ici que Krishna révèle l’un des enseignements les plus célèbres de la Gîtâ :
Le corps naît et meurt.
Mais l’âme (ātman) ne naît pas, ne meurt pas, ne change pas.
Elle est éternelle, indestructible, immuable.
Krishna dit :
« L’âme ne tue pas et ne peut être tuée. »
« Comme on change de vêtements, l’âme change de corps. »
« Ce qui est né mourra, ce qui meurt renaîtra. »
C’est un enseignement de détachement : Arjuna ne doit pas agir par peur de la mort, car la mort du corps n’est qu’un passage.
🌟 4. Le devoir (dharma) d’Arjuna
Krishna explique ensuite :
Arjuna est un kshatriya (=guerrier).
Son devoir est de protéger la justice.
Renoncer par faiblesse serait une faute.
Agir avec droiture est un acte sacré.Mais attention : Krishna ne dit pas « tue ».
Il dit : « Agis selon ton devoir, sans haine, sans attachement, sans égo. »
C’est la naissance du karma-yoga.
🌟 5. Le karma-yoga : agir sans attachement
Krishna enseigne :
« Agis.
Mais ne t’attache pas au résultat.
Ne cherche ni le succès ni l’échec.
Sois stable dans la joie comme dans la peine.
Laisse l’action être pure, sans égo.
C’est l’un des enseignements les plus profonds de toute la Gîtâ.
Le karma-yoga n’est pas l’inaction. C’est l’action libre, l’action juste, l’action sans peur, l’action sans égo.
Krishna lui dit en substance :
« Ta tristesse n’est pas digne de toi. »
« Tu te laisses abattre par une faiblesse passagère. »
« Relève-toi. »
Ce n’est pas un reproche. C’est un appel à la force intérieure.
Krishna veut réveiller en Arjuna ce qu’il a oublié : sa nature profonde, immortelle, lumineuse.