
Décision a été prise de prendre les Chants dans l’ordre. Vous trouverez la lecture de chaque Chant provenant de la chaîne le Vieux Sage, et déposé pour chaque chant sur ce site. Ainsi tous lecteurs pourra s’imprégner de cette Oeuvre essentielle des Vedas.
Les coordonnées ont été mise de ce Livre (de chevet ou à emporter partout car hautement édificateur) dans les articles précédents.
CHANT II -72 Sloka
1. Le voyant ainsi envahi par la pitié, aveuglé par un flot de larmes, désemparé, le destructeur de Madhu lui tint ce discours :
Le Bienheureux dit :
2. « D’où te viennent – Ô Arjuna – à l’heure du danger ces pensées troubles, indignes d’un homme noble, et qui ne mènent ni au ciel ni à l’honneur ?
3. Pas de lâcheté – ô fils de Prthâ – cela te sied mal. Chasses de ton coeur cette défaillance misérable et ressaisis toi ô terreur de tes ennemis !
Arjuna dit :
4. « Comment – ô destructeur de Madhu – pourrais-je dans le combat décocher mes flèches sur des êtres que je vénère, tels que Bhisma ou Drona ?
5. Plutôt qu’attenter à la vie de maîtres respectables, mieux vaudrait vivre d’aumônes ici-bas. Si j’en venais à tuer des maîtres, fussent t’ils âpres au gain, ma nourriture serait souillée de sang.
6. Et nous ignorons ce qui pourrait être pire : de les vaincre ou d’être vaincu par eux. En tuant ces gens de Dhrtarastra alignés devant nous, nous perdrions le goût même de vivre.
7. La compassion paralyse mon tempérament (de guerrier). Ne sachant plus où est mon devoir, je m’adresse à toi. Dis-moi clairement ce qui serait pour moi le meilleurs. Je suis ton disciple, je prends refuge en toi : Instruis-moi.
8. C’est que je n’entrevois pas ce qui pourrait éloigner de moi cette affliction qui consume mes forces, dussé-je acquérir sur terre une royauté sans rivale ou mêmela souveraineté parmi les dieux.
9. Quant il eut ainsi parlé à Hrsikesa, quand il eut déclaré à Govinda qu’il ne combattrait pas, Gudakesa, le héros terrible, s’enferma dans le silence.
10. Alors Hrsikesa, esquissant un sourire, répondit en ces termes au héros qui se tenait désemparé entre les deux armées :
11. « Tout en prononçant des paroles de sagesse, tu t’apitoies là où la pitié n’a pas de mise. Mais les vrais sages ne se lamentent ni sur les morts ni sur les vivants.
12. Jamais ne fut le temps où nous n’existions pas toi et moi et ces chefs de peuples. Jamais ne viendra celui où nous ne serons plus.
13. De même qu’en ce corps actuel le principe incarné traverse l’enfance, la jeunesse et la vieillesse, de même passe t’il après la mort dans un autre corps. Le sage ne s’y trompe pas.
14. C’est le contact avec les éléments matériels – ô fils de Kunti – qui engendre les sensations de chaud et de froid, de plaisir et de douleur. Elles vont et viennent mais ne durent pas. Supporte-les, ô Bharatide.
15. Celui qu’elle n’affligent pas – ô taureau parmi les hommes – et qui garde une âme égale dans le plaisir et dans la douleur, celui-là se qualifie pour l’immortalité.
16. Il n’y a ni présence du non-être ni absence de l’être. Les connaissances de la réalité discernent la frontière séparant ces deux (règnes).
17.Indestructible – saches-le – est la trame de cet univers : la détruire n’est au pouvoir de personne.
18. Ce sont (seulement) les corps où s’incarne ce principe qui ont ue fin ; lui-même est éternel, impérissable, inconcevable. C’est pourquoi tu dois combattre ô Bharatide !
19. Croire qu’il est susceptible de tuer ou d’être lui-même tué, c’est deux fois tomber dans l’erreur, car il ne tue ni n’est tué.
20. Jamais, il ne naît ni ne meurt. Il n’appartient ni au passé ni au futur. Sans naissance, permanent, éternel, l’Ancien ne se laisse pas abattre avec le corps.
21. L’homme qui le connaît comme indestructible, permanent, impérissable, qui donc pourrait-il s’imaginer tuer ou faire tuer et comment ?
22. Comme un homme qui abandonne ses habits usés pour en revêtir de nouveaux, le principe incarné abandonne ses corps usés pour en investir de nouveaux.
23. Le fer ne l’entame pas, le feu ne le consume pas, l’eau ne le détrempe pas, le vent ne le déssèche pas.
24. Inentamable, inconsumable, indétrempable, indesséchable, permanent, omniprésent, stable, inébranlable, il est éternel.
25. Il est dit non manifesté, inconcevable, inaltérable, il est éternel.
26. Dans le cas même où tu penserais – ô héros aux grands bras – qu’il meurt et renaît indéfiniment, il n’y aurait pour toi nul motif à t’apitoyer ainsi.
27. Car tout ce qui est né est assuré de mourir et tout ce qui a connu la mort de renaître. Face à l’inéluctable, il n’y a pas de place pour la pitié.
28. Les êtres – ô Bharatide – sont invisibles en leur commencement, visibles au milieu de leur trajectoire, à nouveau invisibles en leur fin. Qu’y peuvent les lamentations ?
29. Untel le voit comme une merveille, un autre le décrit comme une merveille, un autre encore entend parler de lui comme d’une merveille. Et pourtant, même après ces témoignages, nul ne le connaît.
30. Ce principe incarné – ô Bharatide – demeure invulnérable dans le corps de chacun. Pas de pitié, donc, pour qui que ce soit !
31-32. Pense aussi à ton devoir d’état et tu ne trembleras pas. Pour un Kyatriya, rien ne vaut une juste guerre, car c’est du ciel qui s’ouvre alors inopinément Les ksatriya – ô fils de Prthâ – sont trop heureux d’accepter un tel combat.
33- Te refuser à cette lutte légitime, ce serait forfaire à ton devoir, à l’honneur et tomber dans le péché.
34. Et les gens iront colportant la honte ineffaçable. Pour un homme d’honneur, l’infamie est une chose pire que la mort.
35. Les guerriers aux grands chars penseront que c’est par peur que tu as esquivé la bataille. Ceux qui te tenaient en haute estime n’auront plus pour toi que mépris.
36. Et tes ennemis se tienront sur ton compte mille propos insultants ; ils contesteront a vaillance Quel malheur plus cruel ?
Nous reviendrons sur cette page afin d’y comprendre les termes.
(La suite dans la page suivante).
ETUDE DU CHANT II et III (début) (suite dans les pages suivantes)
La sagesse (sāṅkhya) et la méditation (dhyāna)
Krishna introduit deux chemins :
✨ Le chemin de la connaissance (sāṅkhya)
Comprendre la nature de l’âme, du corps, du monde.
✨ Le chemin de l’action (karma-yoga)
Agir sans attachement.
Les deux mènent à la libération.
✨ 7. La fin du Chant II : Arjuna commence à s’ouvrir
À la fin du chant, Arjuna n’est pas encore transformé. Mais quelque chose a changé :
Il écoute.
Il réfléchit.
Il commence à comprendre.
Il n’est plus dans la panique totale.
Le Chant II est la semence de toute la Gîtâ.
🌼 Le sens profond du Chant II
Voici la synthèse essentielle :
✨ 1. L’âme est immortelle
La mort n’est qu’un changement de forme.
✨ 2. Le devoir juste est sacré
Agir selon le dharma est une offrande.
✨ 3. L’action sans attachement libère
C’est le cœur du karma-yoga.
✨ 4. La sagesse et l’action sont complémentaires
Comprendre et agir vont ensemble.
✨ 5. La crise d’Arjuna est le début de la transformation
La confusion ouvre la porte à la connaissance.
(CHANT V sera remis dans les pages suivantes)
MEDITATION SUR UN EXTRAIT DU CHANT V
2. Le Bienheureux dit : »Le renoncement aux actes et la maîtrise de soi-même mènent l’un à l’autre au souverain bien. Cependant, la maîtrise de soi dans l’action l’emporte sur le renoncement aux actes ».
3. On reconnaît le renonçant perpétuel à ceci qu’il est étranger à l’aversion et au désir. ll a surmonté – ô guerrier aux grands bras – les couples d’opposés et il s’affranchira aisément de la servitude.
4. Seuls les esprits puéril opposent spéculation et maîtrise de soi, mais non les sages. Qui est vraiment maître de l’un est assuré du fruit des deux.
5. L’état auquel parviennent les spéculatifs est également atteint par les praticiens de la maîtrise de soi. Il voit juste celui qui considère spéculation et maîtrise de soi comme une seule et même chose.
Extrait Bhagavad Gîta ou le Chant du Bienheureux Chant V , verset 2,3,4,5.
Page méditative
7. L’homme étant ainsi discipliné, maître de lui-même et de ses sens, n’est pas souillé par ses actes car son âmes’est identifié à celle de tous les êtres.
8. 9. Concentré, le connaisseur de la vérité considère qu’il n’agit pas, alors même qu’il voit, entend, touche, hume, goûte, marche, dort, respire, parle et laisse échapper ou saisit, ouvre et ferme les yeux.
C’est qu’il garde à l’esprit qu’ici (seuls) les sens agissent sur leurs objets respectifs.
10. Celui qui agit en délaissant tout attachement et en confiant tous les actes au brahman, le mal n’adhère pas davantage à sa personne que l’eau à la feuille de lotus.
11. Que ce soit le corps, l’organe interne, l’intellect ou simplement les sens, les ascètes agissent, en dehors de tout attachement, pour la purification de leur Soi.
Bhagavad Gîta (Extrait)ou Chant du Bienheureux – Chant V nommé L’application au renoncement sloka 7 à 11Pour aller à la Page suivante : veuillez cliquez sur le haut de cette page sur le lien BHAGAVAD GÎTA ETUDE DE CE LIVRE SACRE et vous trouverez l’article VI
Soyez béni vous qui passez par ici.