CHANT X ☼☼~~☼☼ Du rayonnement divin ☼~~☼☼~~☼☼~~☼☼~~☼

KRISHNA et ARJUNA

Le Chant X est un des plus splendides de toute la Bhagavad‑Gītā. Il est vaste, lumineux, cosmique. C’est le chant où Krishna révèle comment le Divin se manifeste dans le monde. Vibhūti Yoga : Le Yoga des Manifestations Divines

Ce n’est pas un chant abstrait : c’est un chant qui montre le Divin dans ce qui est grand, beau, puissant, noble, vivant.Le thème central : Vibhūti — les “splendeurs”, les “manifestations”

Vibhūti signifie : puissance, manifestation, expression, rayonnement, qualité suprême.

Krishna dit :

« Je me manifeste dans ce qui est le meilleur, le plus noble, le plus lumineux. »

Ce n’est pas de l’orgueil : c’est une manière de dire que le Divin se reconnaît dans l’excellence naturelle du monde. Arjuna demande à Krishna de décrire ses manifestations. Krishna explique qu’Il est la source de tout.

Les vibhūti : les manifestations dans le monde KRISHNA se trouve parmi les montagnes, Il est l’Himalaya ; parmi les rivières, Il est le Gange, parmi les guerriers, Il est Arjuna ; parmi les animaux, Il est le lion ; parmi les saisons, Il est le printemps ; parmi les lettres, Il est le “A”. Arjuna est émerveillé et demande à voir la forme cosmique (qui viendra au Chant XI).

Pourquoi ce chant est si splendide ? Parce qu’il montre que : le Divin n’est pas loin ; le Divin n’est pas abstrait ; le Divin n’est pas caché ; le Divin est dans ce qui est beau ; dans ce qui est grand, dans ce qui est vivant ; dans ce qui est noble ; dans ce qui est puissant ; dans ce qui est simple.

C’est un chant qui ouvre les yeux sur la présence du Divin dans le monde.

SRI KRISHNA HAR HAR MAHADEV

Le Chant X est un chant de contemplation

Il invite à regarder le monde autrement : une montagne devient une manifestation, une rivière devient une manifestation, un arbre devient une manifestation, une qualité humaine devient une manifestation.

Ce chant transforme la vision : il fait passer de la matière à la présence.

Ce que vous allez aimer dans ce chant : sa clarté, sa beauté, sa poésie, sa puissance, sa simplicité, sa profondeur et sa manière de relier le Divin au monde.

Le Chant X est un des plus splendides chant de la Bhagavad‑Gītā car il révèle comment le Divin se manifeste dans le monde comme une présence vivante dans ce qui est grand, noble, puissant, lumineux.

C’est un chant qui transforme la vision : on ne regarde plus le monde comme une matière, mais comme une expression du Divin.

Arjuna demande à Krishna de se révéler davantage. « Tu m’as parlé de Ta nature. Mais dis-moi encore : comment Te manifester dans le monde ? Comment Te reconnaître ? » C’est une demande très humaine : comment voir le Divin dans la vie quotidienne ?

Krishna répond avec une clarté magnifique. « Là où tu vois quelque chose de grand, de beau, de noble, de puissant, sache que c’est une manifestation de Moi. »

Arjuna demande : « Comment Te connaître dans Tes manifestations ? » Krishna affirme : « Je suis la source de tout. Tout émane de Moi. Les sages le savent et Me vénèrent. »

Les vibhūti : les manifestations dans le monde

Krishna donne une série d’exemples splendides : parmi les êtres lumineux, Il est le soleil ; parmi les rivières, Il est le Gange ; parmi les montagnes, Il est l’Himalaya ; parmi les animaux, Il est le lion ; parmi les saisons, Il est le printemps ; parmi les guerriers, Il est Arjuna ; parmi les lettres, Il est le “A” ; parmi les chants sacrés, Il est le Sāma‑Veda ; parmi les arbres, Il est le figuier sacré (aśvattha)

Chaque exemple est un symbole : le Divin se manifeste dans ce qui est le plus élevé dans chaque catégorie.

Arjuna est émerveillé. Il demande à Krishna de lui montrer Sa forme cosmique. Krishna accepte — et cela deviendra le Chant XI, un des plus puissants de toute la Gītā.

Le Chant X est un chant de manifestations divines. Krishna montre comment le Divin se révèle dans ce qui est le plus élevé dans chaque catégorie du monde.

Voici les symboles majeurs, avec leur sens profond.

Le Soleil est la première manifestation citée. Krishna dit : « Parmi les luminaires, je suis le Soleil. »

Le Divin est la lumière qui permet de voir, intérieurement et extérieurement.

Krishna dit :

« Parmi les lettres, je suis le A. » Le Divin est le commencement de tout langage, donc de toute pensée.

Le Divin est le commencement de tout langage, donc de toute pensée.

Krishna dit :

« Parmi les montagnes, je suis l’Himalaya. »

L’Himalaya représente la grandeur immobile, la présence qui ne bouge pas.

Krishna dit :

« Parmi les animaux, je suis le lion. »

Sens symbolique

Le lion n’est pas seulement fort : il est royal. C’est la force majestueuse, pas brutale.

Krishna dit : « Parmi les saisons, je suis le printemps. » Le printemps est la manifestation de la vie qui revient.

Krishna dit :

« Parmi les arbres, je suis l’Aśvattha. » (Le figuier) C’est l’arbre qui relie terre, ciel, et conscience.

Krishna dit :

« Parmi les rivières, je suis le Gange » Le Gange est la rivière sacrée, symbole de purification intérieure.

Krishna dit :

« Parmi les Veda, je suis le Sāma‑Veda. »

Le Sāma‑Veda est le Veda chanté, celui qui élève la conscience par le son, les vibrations divines, l’harmonie, la beauté sonore

Krishna dit : « Parmi les guerriers, je suis Arjuna. »

« Parmi les guerriers, je suis Arjuna. » Arjuna représente la droiture, le courage, la clarté intérieure. Arjuna n’est pas choisi pour sa force, mais pour sa pureté de cœur.

Krishna dit : « Je suis le parfum de la terre. »

C’est un symbole magnifique : le Divin est ce que l’on sent, mais que l’on ne voit pas.

🕉️ Les trois lettres de AUM (OM) — Le son primordial

AUM est composé de trois lettres : A – U – M et d’un silence final.

Ces trois lettres sont un résumé de tout l’univers, de toute la conscience, de toute la vie.

1. “A” — Le commencement, l’éveil, la création

Lettre A

  • C’est le premier son que l’être humain peut prononcer.
  • C’est l’ouverture, l’origine, le début.
  • C’est la vibration de Brahmā, le principe créateur.
  • C’est l’état de veille (jāgrat).

Sens profond

“A” représente tout ce qui commence, tout ce qui s’ouvre, tout ce qui naît.

2. “U” — La continuité, le rêve, la préservation

Lettre U

  • C’est le son qui glisse, qui relie, qui continue.
  • C’est la vibration de Viṣṇu, le principe qui préserve.
  • C’est l’état de rêve (svapna).

Sens profond

“U” représente la vie en mouvement, la continuité, le lien entre les choses.

“M” — La fin, le retour, le sommeil profond

Lettre M

  • C’est le son qui se ferme, qui se recueille.
  • C’est la vibration de Śiva, le principe de dissolution.
  • C’est l’état de sommeil profond (suṣupti).

“M” représente la fin des formes, le retour à l’essence, le repos total.

4. Le silence après AUM — Le Brahman pur

Silence_AUM

Après le “M”, il y a un silence. Ce silence est le symbole de :

  • la conscience pure,
  • l’état sans forme,
  • le Brahman absolu,
  • la non-dualité,
  • la paix profonde.

C’est l’état appelé turīya, le “quatrième”, au-delà des trois états de conscience.

ÉlémentSymboleSens profond
ACréationÉveil, commencement
UPréservationContinuité, rêve
MDissolutionRepos, sommeil profond
SilenceBrahmanConscience pure

Le Chant X parle des manifestations du Divin dans le monde. AUM parle de la structure de la conscience elle-même.

Les deux ensemble donnent une vision complète :

  • Chant X : le Divin dans le monde.
  • AUM : le Divin dans la conscience.

🕉️ Turiya — sens du terme sanskrit

Turiya (तु​री​य) signifie littéralement : « le quatrième ».

C’est le quatrième état de conscience, au‑delà des trois états ordinaires :

  1. Veille (jāgrat)
  2. Rêve (svapna)
  3. Sommeil profond (suṣupti)

Turiya est au‑delà de ces trois états.

Sens profond

  • Conscience pure
  • Présence silencieuse
  • Non‑dualité
  • Paix absolue
  • Le Brahman sans forme
  • L’état où l’on n’est ni dans le monde, ni dans le rêve, ni dans le sommeil

Turiya n’est pas un état que l’on “atteint” comme un lieu. C’est la conscience qui est toujours là, mais que l’on ne reconnaît pas parce que l’esprit est occupé par les trois autres états.

Comme le ciel est toujours présent derrière les nuages, turiya est toujours présent derrière les pensées, les rêves, et le sommeil.

Lien avec AUM

Les trois lettres A – U – M représentent les trois états :

  • A → veille
  • U → rêve
  • M → sommeil profond

Et le silence après AUM représente turiya.

C’est pour cela que AUM est un symbole complet de la conscience.

Krishna dit que tout émane de Lui : les êtres, les qualités, les forces, les beautés, les puissances.

Krishna dit :

« Je me manifeste dans ce qui est le meilleur, le plus noble, le plus lumineux. »

Le Chant X est un chant de contemplation

Il invite à regarder le monde autrement :

Ce chant transforme la vision : il fait passer de la matière à la présence.

Arjuna dit en substance :

« Tu m’as parlé de Ta nature. Mais dis-moi encore : comment Te manifester dans le monde ? Comment Te reconnaître ? »

C’est une demande très humaine : comment voir le Divin dans la vie quotidienne ?

Krishna répond avec une clarté magnifique.

Krishna dit :

« Là où tu vois quelque chose de grand, de beau, de noble, de puissant, sache que c’est une manifestation de Moi. »

Krishna affirme : « Je suis la source de tout. Tout émane de Moi. Les sages le savent et Me vénèrent. »

La Bhagavad Gîta, vidéo de la chaine Le vieux sage. Version de la Bhagavad gîta par Swami Chimayananda.

Chants de la Bhagavad Gîta de Michel Hulin : chant X ci dessous.

Nous commençons directement, cette fois, avec les slokas du Chant X

Du livre de la Bhagavad Gîta de Michel Hulin chant X

  1. Le Seigneur dit : Écoute une fois encore, ô guerrier aux grands bras, ma parole suprême. L’entendre te réjouit, et c’est pour ton bien que je te la communique.
  2. Ni les troupes des dieux ni les grands voyants ne connaissent mon origine, car c’est de moi que procèdent les dieux et les grands voyants eux-mêmes.
  3. Celui d’entre les mortels qui me connaît comme le grand souverain des mondes, mais on est, sans commencement, celui-là est délivré de l’égarement et affranchi de toutes ces fautes.
  4. Jugement, connaissance, discernement, patience, véracité, maîtrise de soi, tranquillité, plaisir et douleur, existence et inexistence, crainte et absence de crainte,
  5. Non-violence, égalité d’âme, contentement, ascétisme, libéralité, honneur et déshonneur, toutes ces diverses conditions des êtres proviennent de moi seul.
  6. Les sept grands voyants des origines, ainsi que les quatre Manu, procèdent de moi : ils sont issus de mon esprit et ont à leur tour engendré toutes les créatures de l’univers.
  7. Celui qui connaît réellement mon rayonnement et mon pouvoir yogique, celui-là, sans aucun doute, est unifié par un yoga inébranlable.
  8. Je suis l’origine de tout ; de moi procède toute chose. C’est animés de cette conviction que les sages me vénèrent dans une fervente dévotion.
  9. L’esprit fixé sur moi, leur souffle vital déposé en moi, ils s’éclairent les uns les autres et content sans cesse mes hauts faits, y contentement et joie.
  10. À ceux-là qui sont constamment unifiés et qui m’adorent avec amour, je donne ce yoga de l’intelligence par lequel ils parviennent jusqu’à moi.
  11. C’est par pure compassion pour eux que, demeurant en leur propre nature, je dissipe les ténèbres nées de l’ignorance par le flambeau resplendissant de la connaissance.

12. Arjuna dit : Tu es le Brahman suprême, le séjour suprême, la purification suprême, la personne éternelle et divine, la divinité première, le Seigneur non né et omniprésent.

13. C’est ainsi que te nomment tous les voyants, le voyant divin Nārada, de même qu’Asita, Devala et Vyāsa. Et toi-même, tu viens de me le déclarer.

14. Tout ce que tu me dis là, ô Keśava, je le tiens pour vrai. En vérité, ô Seigneur, ni les dieux ni les démons ne connaissent ta manifestation.

15. Toi seul te connais par toi-même, ô Personne suprême, source des êtres, Seigneur des êtres, Dieu des dieux, Maître du monde !

16. Daigne me décrire sans réserve tes manifestations divines, celles par lesquelles tu t’équilibres en imprégnant ces mondes.

17. Comment, en te méditant constamment, ô Yogi, puis-je te connaître ? Dans quelles structures particulières de ton être, ô Seigneur, dois-je te concevoir ?

18. Expose-moi à nouveau en détail, ô Janārdana, ton pouvoir yogique et ta manifestation, car je ne saurais me lasser d’entendre tes paroles immortelles.

19. Le Seigneur dit : Soit ! Je vais te décrire mes manifestations divines, du moins les principales, ô meilleur des Kuru, car il n’y a pas de fin à mon extension.

20. Je suis l’Âme, ô Guḍākeśa, établie au cœur de tous les êtres. Je suis le commencement, le milieu et la fin de tous les êtres.


21. Parmi les Āditya, je suis Viṣṇu ; parmi les astres radiants, je suis le Soleil glorieux. Je suis Marīci parmi les Marut ; parmi les constellations, je suis la Lune.

22. Parmi les Veda, je suis le Sāma-Veda ; parmi les dieux, je suis Vāsava. Parmi les sens, je suis le sens interne ; dans les êtres, je suis la conscience.

23. Parmi les Rudra, je suis Śaṅkara ; et le Seigneur des richesses parmi les Yakṣa et les Rākṣasa. Parmi les Vasu, je suis le Feu ; parmi les sommets montagneux, je suis le Meru.

24. Parmi les prêtres domestiques, sache, ô fils de Pṛthā, que je suis le premier, Bṛhaspati. Parmi les chefs d’armée, je suis Skanda ; parmi les étendues d’eau, je suis l’Océan.

25. Parmi les grands voyants, je suis Bhṛgu ; parmi les paroles, je suis la syllabe unique AUM. Parmi les sacrifices, je suis le sacrifice de murmure ; parmi les réalités immobiles, je suis l’Himalaya.

26. Parmi tous les arbres, je suis le figuier sacré ; parmi les voyants divins, je suis Nārada. Parmi les Gandharva, je suis Citraratha ; parmi les parfaits, je suis le muni Kapila.

27. Parmi les chevaux, sache que je suis Uccaiḥśravas, né du nectar ; parmi les nobles éléphants, je suis Airāvata ; et parmi les hommes, je suis le roi.

28. Parmi les armes, je suis le foudre ; parmi les vaches, je suis la vache d’abondance Kāmadhuk. Je sers de cause d’engendrement sous les traits de Kandarpa ; parmi les serpents, je suis Vāsuki.

29. Parmi les Nāga, je suis Ananta ; parmi les habitants des eaux, je suis Varuṇa. Parmi les ancêtres, je suis Aryaman ; parmi les régulateurs, je suis Yama.

30. Parmi les démons, je suis Prahlāda ; parmi les mesures, je suis le Temps. Parmi les fauves, je suis le roi des animaux (le Lion) ; parmi les oiseaux, je suis le fils de Vinatā (Garuḍa).


31. Parmi les purificateurs, je suis le Vent ; parmi les porteurs d’armes, je suis Rāma. Parmi les monstres marins, je suis le requin ; parmi les fleuves, je suis le Gange.

32. Des créations, je suis le commencement, la fin et aussi le milieu, ô Arjuna. Parmi les sciences, je suis la science de l’Âme suprême ; je suis le dialogue de ceux qui discutent.

33. Parmi les lettres, je suis la lettre A ; parmi les composés grammaticaux, je suis le double. Je suis moi-même le Temps impérissable ; je suis le Dispensateur aux visages tournés de tous côtés.

34. Je suis la Mort qui ravit tout, et la source des choses à venir. Parmi les vertus féminines, je suis la gloire, la beauté, la parole, la mémoire, l’intelligence, la constance et la patience.

35. Parmi les hymnes, je suis le Bṛhat-Sāman ; parmi les mètres poétiques, je suis la Gāyatrī. Parmi les mois, je suis le mois de Mārgaśīrṣa ; parmi les saisons, je suis la saison fleurie (le Printemps).


36. Je suis le jeu des tricheurs, l’éclat de ce qui est éclatant. Je suis la victoire, je suis l’effort, je suis la bonté des gens de bien.

37. Parmi les descendants de Vṛṣṇi, je suis le fils de Vasudeva (Krishna) ; parmi les Pāṇḍava, je suis le conquérant des richesses (Arjuna). Parmi les sages, je suis Vyāsa ; parmi les poètes inspirés, je suis le poète Uśanas.

38. De ceux qui châtient, je suis le bâton de justice ; de ceux qui cherchent la victoire, je suis la politique. Des secrets, je suis le silence ; des connaisseurs, je suis la connaissance.

39. Et quelle que soit la semence de tous les êtres, c’est moi, ô Arjuna. Il n’est pas d’être, mobile ou immobile, qui puisse exister en dehors de moi.

40. Il n’y a pas de fin à mes manifestations divines, ô vainqueur des ennemis. Ce que je viens de t’exposer n’est qu’un résumé de l’étendue de mon rayonnement.

41. Tout être qui possède un pouvoir, une beauté ou une vigueur, sache qu’il est issu d’une parcelle de ma splendeur.

42. Mais à quoi bon pour toi cette connaissance détaillée, ô Arjuna ? Sache seulement que je soutiens l’univers entier avec une simple parcelle de moi-même.


Dans le verset 2 du Chant X de la Krishna explique que ni les dieux (devas) ni les grands sages ne connaissent son origine, car il est le principe absolu d’où ils proviennent tous. Brahman suprême, l’Absolu lui-même.

À ce titre, les forces de création (Brahmaet de destruction (Shiva) ne sont que des énergies ou des manifestations partielles qui découlent directement de lui. Dans le cadre de cette étude du Chant X, Krishna se positionne au-dessus des fonctions de création et de destruction du monde matériel. Il est le « Père » spirituel universel car il donne naissance aux dieux qui gèrent l’univers. Shiva, bien que souverain destructeur du monde physique, émane de cette même source divine absolue selon la perspective de la Gîtâ.

Dans le verset 6 : Krishna est le Père de l’univers car il est la source absolue de tout ce qui existe. Shiva et Brahma manifestent des forces spécifiques (création et destruction) qui découlent de cette même source suprême selon la Bhagavad-Gîtâ.

Dans le sloka 13 :

Arjuna fait une démonstration de logique imparable en citant ces noms :

  1. Il cite le sage des dieux (Nārada) qui a proclamé la grandeur de Krishna au tout début du monde.
  2. Il cite les grands sages du passé (Asita et Devala) qui l’ont confirmé au fil des âges.
  3. Il cite le sage le plus proche et le plus grand de leur époque (Vyāsa).

C’est comme si Arjuna disait à Krishna : « Tout le monde le dit, depuis le commencement de l’univers jusqu’à aujourd’hui, et maintenant c’est toi-même qui me le confirmes !

Dans le verset 14 : Kesava signification de ce mot

Le nom Keśava (ou Keshava) est l’un des plus beaux et des plus riches titres donnés à Krishna–Au verset 14, Arjuna l’utilise avec beaucoup d’affection et de respect. En sanskrit, ce nom a trois grandes significations profondes :

  • Signification : Le nom vient des racines Ka (le dieu Brahma), Iśa (le dieu Shiva) et Va (celui qui contrôle). Keśava désigne celui qui est à la source de la création et de la destruction.
  • Pourquoi Arjuna l’utilise ici : Au verset 14, Arjuna dit : « Tout ce que tu me dis, ô Keśava, je le tiens pour vrai. » En l’appelant ainsi, Arjuna reconnaît que Krishna possède la connaissance absolue capable de détruire toutes ses illusions et tous ses doutes, tout comme il contrôle les forces de l’univers.

2. Celui qui a de magnifiques cheveux longs (Le sens littéral)

  • Signification : Keśa signifie « cheveux ». Keśava veut dire « celui qui a une chevelure abondante, noire et magnifique ».
  • Le symbole : Dans la culture indienne ancienne, une belle et longue chevelure symbolise une immense force vitale, la beauté divine et la majesté.

3. Le vainqueur du démon Keśī (Le sens historique)

  • Signification : Dans son enfance, Krishna a vaincu un terrible démon sous la forme d’un cheval sauvage enragé nommé Keśī, qui terrorisait les habitants. En éliminant ce monstre, il a reçu le titre de Keśava (le vainqueur de Keśī).
  • L’analogie : Le démon-cheval Keśī représente symboliquement l’orgueil et l’esprit sauvage qui s’emballe. En appelant Krishna « Keśava », Arjuna lui demande implicitement de dompter ses propres pensées sauvages et son anxiété face à la bataille.


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