6. ☼~~☼Babaji, Mataji, Lahiri Mahasaya

MAHAVATAR SRI BABAJI

Les montagnes escarpées du nord de l’Himalaya, près de Badrina rayan, sont encore sanctifiées à ce jour par la présence vivante de Babaji, guru de Lahiri Mahasaya.

Le Maître, qui vit retiré, conserve sa forme corporelle depuis des siècles, sinon des millénaires. L’immortel Babaji est un avatar. En sanskrit, ce terme signifie : « descente » (des racines ava : « vers le bas », et tri : « passer »).

Dans les Écritures hindoues, avatara exprime la descente de la Divinité dans la chair. « Le niveau spirituel de Babaji est au-delà de toute compréhension humaine, m’expliquait Sri Yukteswar.

La vision limitée de l’homme ne peut pénétrer son étoile transcendantale. Il est vain d’essayer d’imaginer l’accomplissement spirituel de l’avatar, car il est inconcevable. » Les Upanishads ont codifié en détail les différents stades de l’avancement spirituel.

Un siddha (être parfait) est celui qui a progressé de l’état de jivanmukta (libéré durant sa vie sur terre), vers celui de pa ramukta (complètement libéré, ayant un pouvoir total sur la mort).

Définitivement libéré de la servitude de maya et de ses cycles de réin- carnations successives, le paramukta retourne rarement dans un corps physique et, s’il le fait, devient un avatar, désigné par le Divin pour conférer au monde de suprêmes bénédictions.

Un avatar n’est pas soumis à l’ordre universel ; son corps pur, apparaissant telle une image lumineuse, est libéré de toute dette envers la Nature.

Au premier abord, on ne perçoit rien d’extraordinaire dans la forme physique d’un avatar, mais il arrive parfois qu’il ne projette aucune ombre et qu’il ne laisse aucune empreinte de pas sur le sol en marchant.

Ce sont là des preuves extérieures symboliques de son affranchissement des ténèbres de l’ignorance et de toute dépendance envers la matière.

Seul un tel homme-Dieu connaît la Vérité qui se cache derrière la relativité de la vie et de la mort.

Omar Khayyam, poète si mal compris, a chanté cet homme libéré dans son œuvre immortelle, les Rubaiyat :

Ah ! Lune de ma Joie, ignorant le déclin,

La Lune céleste une fois de plus se lève ;

En vain me verra-t-elle en ce même jardin

Quel que soit le nombre de fois qu’elle se lève.

La « Lune de ma Joie, ignorant le déclin » c’est Dieu, l’Étoile Polaire éternelle, toujours immuable.

La « Lune céleste [qui] une fois de plus se lève », c’est le cosmos visible soumis à la loi du retour cyclique.

Par la réalisation du Soi, le prophète persan s’est libéré à jamais de la contrainte des retours sur terre : ce « jardin » de la Nature, ou Maya. « Quel que soit le nombre de fois qu’elle se lève, en vain me verra-t-elle ! » Combien l’univers étonné est frustré dans sa recherche par cette totale absence !

Le Christ a témoigné de sa liberté en d’autres termes : « Un scribe s’approcha, et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras ».

Jésus lui répondit : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » »

Le Christ vivant dans la vaste omniprésence, en quel lieu, en effet, pourrait-on le suivre si ce n’est dans l’immensité de l’Esprit ?

Krishna, Rama, Bouddha et Patanjali furent quelques-uns des anciens avatars de l’Inde.

Une importante littérature poétique en langue tamoule s’est développée autour d’Agastya, un avatar du sud de l’Inde.

Ce dernier a accompli de nombreux miracles durant les siècles ayant précédé et suivi l’ère chrétienne et il aurait conservé, dit-on, son enve- loppe charnelle jusqu’à nos jours.

En Inde, la mission de Babaji est d’aider les prophètes dans les tâches particulières qu’ils ont à accomplir ; d’après la hiérarchie éta- blie dans les Écritures, on peut donc lui attribuer le titre de Mahava tar (Grand Avatar).

Il a déclaré avoir initié au yoga Shankara, le réorganisateur de l’Ordre des Swamis et Kabir, le célèbre mystique du Moyen Âge.

Au XIXe siècle, son principal disciple fut Lahiri Mahasaya.

D’après la traduction anglaise d’Edward FitzGerald. Matthieu 8 : 19-20.

Shankara dont le guru est connu dans l’histoire sous le nom de Govinda Jati, a été initié au Kriya Yoga par Babaji, à Bénarès.

Lorsque Babaji raconta ce fait à Lahiri Mahasaya et à Swami Kebalananda, il leur fournit de nombreux détails fascinants sur sa rencontre avec le grand moniste. qui, comme nous le savons, donna une nouvelle vitalité à l’art perdu du Kriya.

Babaji est en communion constante avec le Christ. Ensemble, ils émettent des vibrations rédemptrices et ont conçu la technique spiri- tuelle de salut pour l’âge actuel.

La tâche de ces deux maîtres qui ont atteint une complète réalisation – l’un possédant un corps et l’autre n’en possédant pas – est d’inciter les nations à renoncer aux guerres, aux haines raciales, au sectarisme religieux et au matérialisme dont les maux se retournent contre l’homme.

Babaji est tout à fait conscient de la tendance des temps modernes, particulièrement de l’influence et de la complexité de la civilisation occidentale, et il comprend la nécessité de répandre les techniques libératrices du yoga, aussi bien en Orient qu’en Occident.

L’absence de toute référence historique concernant Babaji ne doit pas nous surprendre.

Au cours des siècles, le grand guru ne s’est jamais manifesté ouvertement ; l’éclat d’une publicité, susceptible d’être mal interprétée, ne fait pas partie de ses projets millénaires.

À l’image du Créateur, Pouvoir unique et silencieux, Babaji œuvre humblement dans l’ombre.

Les grands prophètes comme le Christ ou Krishna ne viennent sur terre que dans un but spécifique et spectaculaire ; ils s’en vont aussi- tôt leur mission accomplie.

D’autres avatars, comme Babaji, entre prennent une œuvre de longue haleine, davantage axée sur le lent progrès de l’évolution humaine au cours des siècles plutôt que sur un événement marquant de l’histoire.

De tels maîtres se dérobent toujours aux regards du commun des mortels et ont le pouvoir de se rendre invisibles à volonté.

Donc, pour ces raisons et parce qu’ils demandent en général à leurs disciples de garder le silence à leur sujet, de nombreuses figures spirituelles éminentes demeurent inconnues du monde.

Dans ces pages consacrées à Babaji, je donne simplement un aperçu de sa vie quelques faits qu’il estime approprié et utile de révéler au grand public.

On n’a jamais rien pu découvrir de précis sur la famille de Babaji ni sur son lieu de naissance, même si ces faits tiennent à cœur aux his- toriens.

Le Maître s’exprime généralement en hindi, mais il peut aussi s’entretenir facilement dans tout autre langue. Il a adopté le simple titre de Babaji (révérend père).

Cependant, les disciples de Lahiri Mahasaya lui ont conféré d’autres titres en signe de respect : Mahamuni Babaji Maharaj (le grand Maître extatique), Maha Yogi (le Grand Yogi), et Trambak Baba ou Shiva Baba (titres des avatars de Shiva).

En fait, est-il si important de ne pas connaître le nom patronymique d’un maître pleinement libéré ? « Toute personne qui prononce avec vénération le nom de Babaji, disait Lahiri Mahasaya, s’attire instantanément une bénédiction spirituelle. »

Le corps de l’immortel guru ne montre aucun signe de vieillesse ; son apparence est celle d’un jeune homme de vingt-cinq ans au plus.

De teint clair, de taille et de corpulence moyennes, le corps de Babaji, beau et vigoureux, émet un rayonnement perceptible.

Ses yeux noirs sont doux et calmes ; ses longs cheveux brillants ont une couleur cuivrée. Parfois, le visage de Babaji ressemble d’une manière étonnante à celui de Lahiri Mahasaya.

Cette ressemblance était certaines fois si frappante que, dans sa vieillesse, Lahiri Mahasaya aurait pu passer pour le père de l’éternellement jeune Babaji.

Swami Kebalananda, mon vénérable professeur de sanskrit, a passé un certain temps auprès de Babaji, dans l’Himalaya.

« Le Maître incomparable se déplace en compagnie de son groupe d’un endroit à l’autre dans les montagnes, me dit Kebalananda. Son petit groupe comprend deux disciples américains particulièrement évolués.

Après avoir séjourné un certain temps dans un même lieu, Babaji déclare : Dera danda uthao (levons le camp et reprenons notre bâton de pèlerin). Il porte avec lui un danda (bâton de bambou).

Ces mots signalent le départ et il se transporte instantanément avec son petit groupe dans un autre lieu. Pour changer de place, il n’utilise pas toujours ce procédé astral ; parfois, il va à pied d’un sommet à l’autre.

« Babaji ne peut être vu ou reconnu par les autres que s’il désire qu’il en soit ainsi.

Il est apparu, dit-on, sous des aspects légèrement différents à divers fidèles – certaines fois avec une barbe et des moustaches et d’autres fois sans elles.

Son corps incorruptible n’a nul be soin de nourriture ; aussi, le Maître ne mange-t-il que rarement. Ce pendant, par courtoisie envers les disciples qui viennent lui rendre visite, il accepte occasionnellement de prendre des fruits ou du riz cuit dans du lait et du beurre clarifié.

Babaji (révérend père) est un titre donné couramment en Inde ; de nombreux maîtres éminents sont appelés « Babaji ».

Cependant, aucun d’eux n’est le Mahavatar Babaji, guru de Lahiri Mahasaya.

L’existence du Mahavatar fut révélée pour la première fois au public en 1946, dans Autobiographie d’un Yogi.

« Deux épisodes étonnants de la vie de Babaji m’ont été rapportés, poursuivit Kebalananda. Une nuit où ses disciples étaient assis autour d’un immense feu allumé pour célébrer une cérémonie védique sacrée, le guru s’empara soudain d’un tison ardent et frappa légère ment l’épaule nue d’un chela qui se trouvait près du feu.

« « Comme c’est cruel, Maître ! protesta Lahiri Mahasaya qui se trouvait présent à cette cérémonie.

« —Aurais-tu préféré le voir être réduit en cendres sous tes yeux, conformément au décret de son karma passé ? » « En prononçant ces paroles, Babaji posa la main sur l’épaule mutilée du chela pour la guérir.

Puis il lui dit : « « Cette nuit, je t’ai épargné une mort atroce. Les exigences de la loi karmique ont été satisfaites grâce à la légère souffrance provoquée par cette brûlure. »

« Une autre fois, le cercle sacré des disciples de Babaji fut surpris par l’arrivée d’un inconnu. Il avait grimpé avec une remarquable agilité jusqu’à la plate-forme rocheuse quasiment inaccessible où se trouvait le campement du guru.

« « Maître, vous devez être le grand Babaji ! »

« Une vénération indicible éclairait le visage de l’homme. « « Durant des mois, je vous ai cherché sans relâche dans ces montagnes hostiles. Je vous supplie de m’accepter comme disciple. »

« Comme le grand guru ne donnait aucune réponse, l’homme désigna l’abîme tapissé de rochers s’étendant sous le promontoire et dit : « « Si vous ne voulez pas de moi, je sauterai dans le précipice. La vie n’a plus de sens pour moi si je ne suis pas digne de vous avoir comme guide pour me conduire vers le Divin.

« —Alors saute, lui dit Babaji froidement. Je ne peux t’accepter comme disciple dans ton état d’évolution actuelle. »

« L’homme se jeta immédiatement en bas de la falaise. Babaji demanda aux disciples bouleversés de descendre chercher le corps de l’inconnu.

Lorsqu’ils revinrent avec le corps déchiqueté, le Maître imposa les mains sur le cadavre, et voici qu’il ouvrit les yeux et qu’il se prosterna humblement devant le guru omnipotent.

« « Tu es maintenant prêt à devenir mon disciple lui dit Babaji. « Le visage rayonnant, il se pencha affectueusement vers son chela ressuscité : « « Tu as courageusement traversé cette épreuve difficile ; tu n’auras plus jamais à craindre la mort. Désormais, tu fais partie de notre groupe d’immortels. »

« Ensuite, il prononça ses paroles usuelles annonçant le départ : Dera danda uthao, et tout le groupe disparut de la montagne. »

Un avatar vit dans l’omniprésence de l’Esprit ; pour lui, il n’existe aucune limitation de temps ou d’espace.

C’est pourquoi, la seule raison qui motive Babaji à conserver son corps physique de siècle en siècle est la suivante : le désir d’apporter à l’humanité un exemple concret des possibilités existant en chacun de nous.

S’il n’était pas donné à l’homme d’entrevoir la Divinité faite chair, il resterait à jamais sous le joug de la puissante illusion de maya, en croyant qu’il lui est impossible de transcender sa condition de mortel.

Jésus savait depuis le début de quelle manière se déroulerait son existence. Il en traversa chaque étape, non pour lui-même et non par contrainte karmique, mais uniquement pour l’élévation d’êtres hu- mains éclairés.

Les quatre évangélistes – Matthieu, Marc, Luc et Jean – ont rapporté par écrit sa vie sublime à l’intention des générations futures.

Pour Babaji également, il n’existe aucune notion relative telle que passé, présent ou futur ; il connaissait depuis le début toutes les phases de sa vie.

Cependant, pour s’adapter à la compréhension limitée des hommes, il a joué de nombreux actes de sa vie divine en présence d’un ou de plusieurs témoins.

C’est ainsi qu’un disciple de Lahiri Mahasaya fut présent quand Babaji jugea le moment venu de proclamer qu’un corps pouvait être immortel. I

l fit cette promesse devant Ram Gopal Muzumdar afin que tous les hommes en quête de Dieu en aient connaissance un jour et y trouvent une source d’inspiration.

Les grands maîtres ne prennent la parole et ne participent à ce qui semble être le cours naturel des évènements que pour le bien de l’humanité.

L’épreuve se rapporte à l’obéissance. Quand le maître réalisé a dit : « Alors saute », l’homme a obéi.

S’il avait hésité, il se serait contredit puisqu’il avait auparavant considéré sa vie comme n’ayant aucun sens sans la direction spirituelle de Babaji. De plus, cette hésitation aurait prouvé qu’il n’avait pas une foi totale dans le guru. Aussi, bien que draconienne et inhabituelle, cette épreuve n’en fut pas moins parfaite en la circonstance.

C’est ainsi que le Christ a dit : « Père… Pour moi, je savais que Tu m’exauces toujours ; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est Toi qui m’as envoyé. »

Lors de mon séjour à Ranbajpur chez Ram Gopal, le « Saint qui ne dort jamais », celui-ci me fit le récit extraordinaire de sa première rencontre avec Babaji :

« Je quittais parfois ma grotte isolée pour venir m’asseoir aux pieds de Lahiri Mahasaya, à Bénarès, me dit Ram Gopal. Un soir, vers minuit, alors que je méditais en silence parmi un groupe de ses disciples, Lahiri Mahasaya me fit une demande surprenante : « « Ram Gopal, va tout de suite au ghat de Dasaswamedh. »

« J’atteignis bientôt cet endroit retiré. La nuit était éclairée par la lune et le ciel constellé d’étoiles scintillantes. Je restai patiemment assis en silence pendant un moment. Soudain, près de moi, une énorme dalle de pierre attira mon attention. Elle se souleva peu à peu, révélant une grotte souterraine. Comme la dalle s’immobilisait, main tenue en l’air par quelque procédé invisible, la forme drapée d’une jeune femme à la beauté incomparable sortit de la grotte et s’éleva en lévitation dans les airs. Entourée d’un doux halo de lumière, la jeune femme redescendit lentement et se tint immobile devant moi, plongée dans un état d’extase.

Finissant par s’animer, elle me parla avec dou ceur : « « Je suis Mataji, la sœur de Babaji.

Je lui ai demandé, ainsi qu’à Lahiri Mahasaya, de venir cette nuit à ma grotte afin de discuter d’un sujet de la plus haute importance. »

« C’est alors que je vis une étrange clarté diffuse glisser rapidement au-dessus du Gange en se reflétant dans les eaux opaques. Cette lumière se rapprocha de plus en plus et, dans un éclair aveuglant, apparut aux côtés de Mataji pour se condenser instantanément sous la forme humaine de Lahiri Mahasaya. Ce dernier se prosterna humblement aux pieds de la sainte.

Jean 11 : 41-42.

Le yogi omniprésent qui savait que j’avais négligé de me prosterner devant l’autel de Tarakeswar (Chapitre 13).

« Sainte Mère. » Mataji a, elle aussi, vécu pendant des siècles ; elle est presque aussi avancée spirituellement que son frère. Toujours en extase, elle vit dans une grotte souterraine secrète près du ghat de Dasaswamedh.

« Avant que je ne me ressaisisse, je vis avec émerveillement un amas de lumière mystique tournoyer dans le ciel. Rapidement, le tourbillon flamboyant descendit près de notre groupe et se matérialisa sous la forme d’un beau jeune homme.

Je compris immédiatement qu’il s’agissait de Babaji. Il ressemblait à Lahiri Mahasaya ; cependant Babaji paraissait beaucoup plus jeune que son disciple et portait de longs cheveux brillants.

« Lahiri Mahasaya, Mataji et moi-même, nous nous agenouillâmes pour toucher les pieds du grand guru. Au contact de sa chair divine, une sensation éthérée de gloire béatifique fit vibrer chaque fibre de mon être.

« « Sœur bénie, dit Babaji, j’ai l’intention d’abandonner mon corps et de me plonger dans le Courant infini.

« —J’avais déjà deviné tes intentions, Maître bien-aimé. Je voulais en parler avec toi cette nuit. Pourquoi rejeter ton corps ? »

« La sainte femme le regarda d’un air implorant. « « Quelle différence cela fait-il que je sois revêtu d’une vague visible ou invisible sur l’océan de mon Esprit divin ? »

« Mataji répondit avec ce charmant trait d’esprit : « « Immortel Guru, si cela ne fait aucune différence, alors je t’en prie, n’abandonne jamais ta forme physique.

« —Qu’il en soit ainsi, dit Babaji d’un ton solennel. Je ne rejetterai jamais mon corps physique et resterai toujours visible pour au moins un petit nombre de personnes sur terre. C’est le Seigneur qui vient ainsi d’exprimer Sa volonté par ta bouche. »

« Comme j’écoutais respectueusement la conversation entre ces deux grands êtres, Babaji se tourna vers moi et me dit avec bienveillance : « « Ne crains rien, Ram Gopal, tu es béni d’avoir été témoin de cette promesse d’immortalité.″ « La douce voix mélodieuse de Babaji s’atténua de plus en plus ; sa forme et celle de Lahiri Mahasaya lévitèrent lentement et repartirent.

Cet incident fait penser à Thalès.

Ce grand philosophe grec enseignait qu’il n’y a aucune différence entre la vie et la mort : « Pourquoi alors ne mourez-vous pas ? objecta quelqu’un. —Parce que cela ne fait aucune différence ! » répondit Thalès. au-dessus du Gange.

Un halo de lumière éblouissante enveloppa leurs corps tandis qu’ils s’évanouissaient dans le ciel nocturne.

La forme de Mataji flotta vers la grotte dans laquelle elle redescendit. La dalle de pierre s’abaissa vers le sol, puis referma la grotte, comme si des mains invisibles l’avaient actionnée.

« Infiniment inspiré, je retournai chez Lahiri Mahasaya. Lorsque, au lever du jour, je me prosternai devant lui, mon guru eut un sourire de connivence et me dit :

« « Je suis heureux pour toi, Ram Gopal. Le désir que tu avais si souvent exprimé de rencontrer Babaji et Mataji s’est enfin merveilleusement réalisé.″

« Mes compagnons disciples m’apprirent que Lahiri Mahasaya n’avait pas quitté son estrade depuis mon départ pour le ghat de Da saswamedh à minuit. « « Il a fait un admirable discours sur l’immortalité après que tu sois parti » me dit l’un des chelas.

« Pour la première fois, je pris conscience de la vérité contenue dans les versets des Écritures lorsqu’ils affirment qu’un homme ayant réalisé le Soi peut matérialiser plusieurs corps pour apparaître en même temps en différents lieux. »

Et Ram Gopal conclut ainsi : « Lahiri Mahasaya m’expliqua plus tard de nombreux points métaphysiques concernant le mystérieux plan divin pour notre terre.

Dieu a choisi Babaji pour conserver sa forme corporelle tout au long de ce cycle mondial particulier. Les époques se succèderont, mais le Maître immortel sera toujours présent sur la scène terrestre pour contempler le drame des siècles. »

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole (demeure continuellement dans la Conscience Christique), il ne verra jamais la mort. » (Jean 8 : 51.) Par ces paroles, le Christ ne faisait pas allusion à une vie immortelle dans un corps physique – emprisonnement monotone qu’on ne souhaiterait même pas à un pécheur, encore moins à un saint !

L’homme de réalisation dont a parlé le Christ est celui qui s’est réveillé du sommeil mortel de l’ignorance pour ne faire qu’un avec la Vie éternelle. (Voir chapitre 43.)

La nature essentielle de l’homme est l’Esprit omniprésent et sans forme. L’incarnation obligatoire ou karmique est le résultat d’avidya, l’ignorance.

Les Écritures hindoues enseignent que la naissance et la mort sont des manifestations de maya, l’illusion cosmique. La naissance et la mort n’ont une signification que dans le monde de la relativité. Babaji n’est pas limité à un corps physique ni à cette planète, mais, suivant la volonté de Dieu, il a à remplir une mission particulière sur terre.

Om Namah Shivaya

Source : Extrait du livre de Paramahansa Yogananda « Autobiographie d’un Yogi.

ANANDAMAYI MA MATAJI
LAHIRI MAHASAYA

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