Au Chant V : L’application au renoncement ☼~~☼☼~~☼☼~~☼☼~~☼

HARE KRISHNA HAR HAR MAHADEV

Le Yoga du Renoncement à l’Action (Karma‑Sannyāsa‑Yoga)

De la Bhagavad Gîta de Michel Hulin Chant V et verset (sloka)

L’application du renoncement

  1. Arjuna dit :  » tu loues ô Krishna le renoncement à l’action et derechef la maîtrise de soi dans l’action. Des deux lequel enfant est le meilleur ? Dis le moi sans ambage ! »
  2. Le Bienheureux dit : » Le renoncement aux actes et la maîtrise de soi mènent l’un et l’autre au souverain bien cependant la maîtrise de soi dans l’action l’emporte sur le renoncement aux actes.
  3. On reconnaît le renonçant perpétuel à ceci qu’il est étranger à l’aversion et au désir. Il a surmonté au guerrier au grand bras les couples d’opposé et il s’affranchit aisément de la servitude.
  4. Seuls les esprits puérils opposent spéculation et maîtrise de soi, mais non les sages. Qui est vraiment maître de l’un est assuré du fruit des deux.
  5. L’état auquel parvienne les spéculatifs est également atteint par les praticiens de la maîtrise de soi. Il voit juste celui qui considère spéculation et maîtrise de soi comme une seule et même chose.
  6. Pourtant au guerrier au grand bras le renoncement est difficile à atteindre pour qui ne cultive pas la maîtrise de soi. celui qui se consacre à cette maîtrise ne tarde pas à parvenir au Brahman
  7. L’homme ainsi discipliné, maître de lui-même et de ses actes, n’est pas souillé par ses actes car son âme s’est identifiée à celle de tous les êtres.
  8. 9. Concentré, le connaisseur de la vérité considère qu’il n’agit pas, alors même qu’il voit, entend, touche, hume, goûte, marche, dort, respire, parle, laisse échapper où saisit, ouvre ou ferme les yeux. C’est qu’il garde à l’esprit qu’ici (seuls) les sens agissent sur leurs objets respectifs.

10. Celui qui agit en délaissant tout attachement et en confiance tout ses actes au brahman, le mal n’adhère pas davantage à sa personne que l’eau à la feuille de Lotus.

11. Que ce soit par le corps, l’organe interne, l’intellect ou simplement les sens, les ancêtres agissent, en dehors de tout attachement, pour la purification de leur soi

12. L’ascète discipliné, s’affranchissant du fruit des actes, parvient à la paix définitive. L’homme indiscipliné, attaché aux fruits des actes sous l’incitation du désir, demeure dans la servitude.

13. Renonçant en pensée à tous les actes, le principe incarné se tient heureux, maître de lui-même virgule dans sa forteresse au 9 portes sans agir ni faire agir (4 note de Shankara : « celui qui voit la réalité suprême renonce en pensée à tous les actes, c’est-à-dire qu’ils les délaisse lucidement en discernant le non-agir au cœur même de l’agir par tous les actes il faut entendre aussi bien les rites d’obligations constantes que ceux liés à certaines occasions, également les rites votifs et les actions interdites. Ayant cessé toute activité que ce soit par le corps, l’esprit ou la parole, l’esprit apaisé, sans tracas, ayant congédié toute préoccupation étrangère au soi, se tient là heureux : il est maître de lui-même car il a maîtrisé ses sens.

Question : où se tient-il et comment ?

Réponse dans sa forteresse au 9 portes au 9 portes il s’agit du corps qui possède 9 orifices, dont 7 situées sur la tête et servant à la perception externe et de en bas pour le passage de l’urine et des excréments.

C’est parce qu’il comporte ces 9 orifices que le corps est appelé la forteresse aux 9 portes ; le corps est en effet comparable à une cité, avec le soi suprême comme monarque ; cette cité a pour habitant l’essence, l’esprit, l’intellect et leurs objets qui, tous servent les intérêts de leur souverain, lui procurant une expérience consciente variée. Dans cette cité se tient le principe incarné qui a renoncé à tous les actes »)

14. Le seigneur de l’univers n’engendre ni les actes ni la condition d’agent, ni le lien qui attache les actes à leurs fruits point c’est la nature propre des êtres qui intervient ici.

15. Le seigneur n’assume ni le mal ni le bien accompli par les êtres. Mais la connaissance est voilée par l’inconnaissance et c’est de là que procèdent l’égarement de tous les êtres.

16. Chez eux, au contraire en ce non savoir a été détruit par le savoir virgule la suprême connaissance resplendit comme le soleil.

17. Appliquant leur esprit à elle, s’identifiant à elle, s’appuyant sur elle, prenant refuge en elle, trouvant en elle leur fin ultime, ils accèdent à la condition dont on ne revient pas, toute souillure évacuée par le savoir.

18. Ceux qui savent jettent un regard égal sur le brahmane érudit et vertueux, sur la vache virgule sur l’éléphant, sur le chien et sur le mangeur de chien.

19. Le monde sensible est transcendé en cette vie même par ce dont l’esprit se fixe sur l’immuable Or brahmane est partout le même est sans défaut : aussi est-ce sur lui qu’ils sont fixés.

20. Le plaisir ne le réjouit pas plus que la souffrance ne l’afflige. L’esprit affermi, jamais troublé virgule le connaisseur du brahman établi en brahmane.

21. Sans s’attacher aux contacts extérieurs, c’est en lui-même qu’il trouve le bonheur. L’esprit concentré sur son union au brahmane, il goûte un bonheur indestructible.

22. Les jouissances nées des contacts extérieurs ne sont qu’une source de souffrance. Elles ont un commencement et une fin Ô fils de Kunti. Le sage n’y trouve pas sa joie.

23. Celui qui dès ici-bas, avant même d’être libéré du corps, c’est endiguer les assauts du désir et de la colère, celui-là est un homme unifié , un homme heureux.

24. Celui qui ne trouve de bonheur, de joie, de lumière qu’en lui même, l’ascète identifié au brahmane, atteint l’extinction en brahman.

25. Ils atteignent l’extinction en brahman, les sages purifiés de toute souillure et qui ont tranché la dualité. Ils se sont domptés eux-mêmes et trouvent leur bonheur dans celui de tous les êtres.

26. Les ascètes détachées du désir et de la colère, qui maîtrise leurs esprits et se connaissent eux-mêmes ont devant eux l’extinction en brahman.

27. 28. Expulsant tous les contacts extérieurs, ramenant son pouvoir visuel entre les sourcils, équilibrant les souffles inspirés et expirés auxquels le nez livre passage, le sage, tendu vers la délivrance et toujours dégagé du désir, de la crainte et de la colère, est affranchi.

29. Me reconnaissant comme le bénéficiaire du sacrifice de l’ascèse, comme le Souverain des mondes et l’Ami de tous les être, il accède à la paix. .

Le Chant V de la Bhagavad‑Gîtâ explore un thème fondamental : comment vivre dans le monde sans être enchaîné par le monde.

C’est un Chant qui répond à une question essentielle d’Arjuna : vaut‑il mieux renoncer à toute action (sannyāsa) ou agir sans attachement (karma‑yoga) ?

Krishna répond que les deux chemins mènent à la libération, mais que l’un est plus adapté à la plupart des êtres humains.

Il devient un instrument, un canal, un témoin.

L’action continue, mais l’ego se dissout.

L’action purifie quand elle est offerte

Krishna dit que l’action, quand elle est accomplie avec justesse, sans désir personne, offerte au Divin devient pure, libératrice, transformatrice.

C’est le principe du yajña, le sacrifice intérieur.

Krishna décrit l’état du sage : Le sage est libre même en agissant : il voit l’unité en tout, il n’est pas troublé par le plaisir ou la douleur, il n’est pas affecté par le succès ou l’échec, il reste calme dans l’action comme dans le repos. Il est libre intérieurement, même au milieu du monde.

Le thème profond de ce chant : l’union dans la non‑dualité

Le Chant V enseigne que la libération vient quand on comprend que : l’action appartient à la nature, le « je » n’est pas l’auteur, le Divin est le témoin intérieur, tout est interconnecté, il n’y a pas de séparation réelle.

Conclusion : le Chant V est le yoga de la liberté intérieure

Il enseigne que : l’on peut vivre dans le monde, agir pleinement, aimer, créer, servir, sans être enchaîné par rien.

La liberté n’est pas dans la fuite du monde, mais dans la transformation du regard.

Il existe un moment, dans la vie de tout chercheur, où la question devient brûlante : faut‑il quitter le monde pour trouver la paix, ou apprendre à vivre en lui sans s’y perdre ?

C’est à cette question qu’Arjuna se heurte, debout entre deux armées, le cœur tremblant. Et c’est à cette question que Krishna répond, avec une douceur ferme, comme un maître qui connaît déjà la vérité que son disciple cherche encore.

Renoncer n’est pas fuir

Krishna enseigne que le renoncement véritable n’a rien à voir avec l’abandon des responsabilités, ni avec la fuite vers les montagnes. On peut quitter sa maison, ses proches, ses devoirs… et rester prisonnier de ses désirs. On peut, au contraire, vivre au cœur du monde… et être libre comme le vent.

Le renoncement dont parle Krishna est intérieur.

C’est un renoncement silencieux, invisible, mais immense.

Agir sans s’attacher : la voie de la liberté

Krishna révèle alors un secret : l’action n’enchaîne que celui qui s’y attache.

Celui qui agit pour être reconnu, pour posséder, pour gagner, pour dominer… celui‑là se lie à ses propres actes comme un insecte à sa toile.

Mais celui qui agit : par devoir, par justesse, par amour, sans rien attendre, sans dire « c’est moi qui fais » celui=là demeure libre même au milieu du tumulte.

Il devient un instrument, un canal, un souffle. Il agit, mais ne s’alourdit pas. Il donne, mais ne s’épuise pas. Il avance, mais ne s’attache pas.

L’action offerte devient lumière

Krishna enseigne que toute action peut devenir un acte sacré. Il suffit de l’offrir intérieurement, comme on dépose une fleur sur un autel.

Alors : le travail devient prière, offrande et karma yoga

Ce n’est plus l’action qui compte, mais l’intention qui la porte. Une intention pure transforme même les tâches les plus simples en chemin de libération.

Le sage : un être libre au cœur du monde

Krishna décrit ensuite l’état du sage, celui qui a compris l’unité de toute chose.

Le sage voit la même lumière dans l’ami et dans l’ennemi, ne se laisse pas troubler par la joie ou la peine, ne se gonfle pas de fierté dans le succès, ne s’effondre pas dans l’échec, demeure égal, stable, paisible.

Il n’est pas indifférent : il est transparent. Il n’est pas froid : il est libre. Il n’est pas détaché du monde : il est détaché de l’illusion.

L’unité derrière toutes les actions

Le cœur du chapitre est là : il n’y a pas deux chemins — celui de l’action et celui du renoncement. Il n’y a qu’un seul chemin : agir sans s’approprier.

Quand l’ego se retire, quand le “je fais” disparaît, quand l’action devient fluide comme l’eau, alors la paix s’installe, profonde, durable, inébranlable.

C’est la paix de celui qui a compris que tout vient du Divin, que tout retourne au Divin, et que lui‑même n’est qu’un témoin, un souffle, une étincelle.

Conclusion : la liberté intérieure au milieu du monde

Le Chapitre V enseigne que la vraie liberté n’est pas dans la solitude des ermitages, mais dans la pureté du cœur.

On peut vivre, aimer, travailler, créer, servir… et rester libre comme un lotus sur l’eau.

Le renoncement n’est pas un retrait : c’est une transformation du regard.

Ici, il est mis un document à propos de la Bhagavad Gîta ; présentation et explications générales par Colette Poggi.

Sera ajouter d’ici peu de temps : des extraits de ce Chant V

Voici une autre version de la Bhagavad Gîta lue par Le Vieux Sage au CHANT V : les traductions diverses se rejoignent toutes en l’Essence de ces Chants.

Cette lecture est douce à l’oreille et très méditative, et c’est un grand bonheur d’entendre de telles lectures claires et sensibles dans une version poétique et très lumineuse. Merci au lecteur : Le Vieux Sage sur youtube.

La Bhagavad Gita par Swami Chinmayananda chant V

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