
Thérèse d’Avila, profondément mystique a laissé des littératures extrêmement profondes. Pour l’époque, Thérèse était avangardiste pour cette époque au niveau de son enseignement spirituel chrétien.515, Ávila : Thérèse naît dans une grande famille espagnole. Enfant, elle aime les récits de saints ; à douze ans, elle perd sa mère.
Sa vocation : après une adolescence où elle aime aussi les romans et la vie mondaine, elle choisit d’entrer au monastère de l’Incarnation à Ávila, malgré l’opposition de son père. Sa santé est longtemps fragile.
Sa vie intérieure : sa prière prend une place de plus en plus grande. Dans ses écrits, elle raconte des expériences mystiques qui suscitent parfois la méfiance de ses confesseurs.
1562, la fondatrice : elle ouvre le monastère Saint-Joseph à Ávila. Elle souhaite une vie carmélite plus simple, marquée par la pauvreté, la prière et le recueillement. Malgré les oppositions, elle fonde ensuite des monastères à travers l’Espagne et travaille avec Jean de la Croix à la réforme du Carmel.
1582 : malade, elle meurt à Alba de Tormes après avoir poursuivi ses fondations presque jusqu’au bout. Elle sera canonisée en 1622, puis proclamée docteure de l’Église en 1970.
Le fil qui ressort de cette longue page est celui d’une contemplative qui était aussi une femme d’action : elle prie, écrit, voyage et tient bon dans les difficultés.
Thérèse d’Avila crée dans l’ordre du Carmel des règles bien précises et par la suite l’ordre des Carmes déchaux et cela s’étendra dans toute l’Europe et dans le monde.
Thérèse sera canonisée en1622, sa fête est fixée le 15 octobre. Elle sera déclarée Docteur de l’Eglise catholique. Elle sera la première femme a être déclarée Docteur de l’Eglise.
Elle est l’auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Ceux-ci sont régulièrement réédités dans le monde entier. Elle est encore aujourd’hui le sujet de nombreuses publications.
Après sa mort, le corps de Thérèse, incorrompu, est exhumé plusieurs fois. Très vite, sa dépouille se trouve être une relique disputée entre les couvents d’Avila et son lieu de naissance. Elle repose désormais dans un tombeau de marbre placé dans l’église du couvent d’Alba de Tormes en 1760. Plusieurs reliques ont été extraites de sa dépouille et sont présentes dans différentes églises d’Espagne.
Son père est Alonso Sánchez de Cepeda (1471-1544). D’un premier mariage avec Catalina del Peso y Henao (issue de la petite noblesse casstillane) , il a deux fils et une fille : Juan, Pedro et María. Devenu veuf, il se remarie avec Beatriz Dávila y Ahumada (1495-1528) apparentée à sa première épouse. Beatriz lui donne huit fils et deux filles : Hernando, Rodrigo, Teresa, Juan (de Ahumada), Lorenzo, Pedro, Jerónimo, Antonio, Agustín et Juana ; la famille compte ainsi treize enfants au total. Teresa est baptisée dans l’église Saint-Jean le 4 avril.
L’idéal pieux et l’exemple édifiant de la vie des Saints et marthyrs sont transmis à Thérèse dès son enfance par ses parents, le chevalier Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz Dávila y Ahumada. Selon la description faite dans ses écrits destinés à son confesseur (recueillis dans l’un de ses écrits autobiographiques, la Vida de Santa Teresa de Jesús), Thérèse montre dès sa tendre enfance une nature passionnée et une imagination fertile. Son père, amateur de lecture, possédait quelques romans, dont l’étude suscite l’éveil de la sensibilité de la petite fille de six ans.
Adolescence

Précocement instruite des histoires édifiantes de la vie des saints, elle souhaite vivre le martyr en allant avec son frère Rodrigue dans les « terres des infidèles » en Afrique du Nord musulmane : leur projet échoua car il débuta par une fugue : le frère et la soeur décide de se faire ermites.
Thérèse écrit : « Je faisais l’aumône mais cela ne fonctionnait pas. J’essayais la solitude pour prier mes dévotions, qui étaient nombreuses, et particulièrement le rosaire. J’aimais beaucoup faire comme si nous étions des nonnes dans des monastères, quand je jouais avec d’autres petites filles, et je pense que je souhaitais l’être. »
En 1527, à l’âge de douze ans, Thérèse perd sa mère. La jeune Thérèse demande alors à la Vierge Marie de lui servir de mère.
Adolescente passionnée de romans de chevalerie (elle en écrit en 1529), elle oublie sa dévotion religieuse et ses jeux d’enfance. Elle déclare : « J’ai commencé à porter de beaux habits, et à vouloir paraître élégante, je soignais mes mains, ma coiffure et mes parfums, et toutes les vanités de cet âge, car j’étais très curieuse… J’avais quelques cousins germains… Ils étaient à peu près de mon âge, un peu plus vieux que moi ; nous étions toujours ensemble, ils m’aimaient beaucoup et chaque fois que quelque chose les rendait heureux, nous discutions et j’écoutais leurs joies et leurs enfantillages…
Tout le mal me vint d’une parente (une cousine semble-t-il) qui venait souvent chez nous. Je me trouvais fréquemment en sa compagnie pour bavarder, car elle m’aidait dans toutes les idées de passe-temps qui me venaient à l’esprit, et m’en proposait même d’autres ; elle me faisait également part de ses fréquentations et de ses futilités. Il me semble que ce fut lorsque je me mis à la fréquenter, à l’âge de quatorze ans, que le péché mortel m’éloigna de Dieu. »
Pendant trois mois, et avec la complicité des domestiques, elle succombe aux passe-temps des agréables compagnies, faisant ainsi courir un danger à elle-même et à l’honneur de son père et de ses frères. Elle prend également goût pour les parures avec le désir de plaire.
Cependant elle-même déclare qu’elle « détestait les choses malhonnêtes ». Son père décide alors d’envoyer Thérèse au couvent de Santa María de Gracia à Avila en 1531. Thérèse supporte difficilement son manque de liberté. Elle ne veut pas devenir religieuse, et ses adorateurs lui envoient des billets, mais comme, selon ses propres mots, « il n’y avait pas place pour tout cela, la chose cessa promptement ». Thérèse y reste jusqu’à l’automne 1532, sans se décider à embrasser la vie religieuse.
Vocation religieuse
Elle tombe gravement malade, et doit rentrer chez son père. Après sa convalescence, il la confie à sa sœur Marie de Cepeda qui vit à Castellanos de la Cañada avec son mari, don Martín de Guzmán y Barrientos. Luttant contre elle-même, elle parvient à dire à son père qu’elle souhaite entrer dans les ordres, tout en sachant qu’elle ne reviendra pas sur sa décision. Son père lui répond qu’il ne l’acceptera jamais de son vivant.
Aidée d’un de ses frères, Thérèse fugue du domicile familial le 2 novembre 1533 (ou le 2 novembre 1535, selon Francisco Ribera) pour le couvent de l’Incarnation à Avila.
Elle y prononce ses voeux le 3 novembre 1534 (selon Ribera, elle prend l’habit le 2 novembre 1536 et prononce ses vœux le 3 novembre 1537). Thérèse passera vingt-sept ans dans cette communauté très nombreuse. Ces premières années au Carmel se passent sans événements notables.
Mais elle est très critique vis-à-vis des pratiques religieuses de l’ordre, qu’elle réformera quelques années plus tard.
Après être entrée au couvent, sa santé se détériore. Elle souffre très probablement de crises d’épilepsie, d’évanouissements, d’une cardiomyopathie non définie et d’autres troubles ; ainsi se passe la première année. Pour la guérir, son père l’emmène en 1535 à Zapardiel de la Canada avec sa soeur. Thérèse reste dans ce village jusqu’au printemps 1536 (elle réussit même durant son séjour à convertir un prêtre qui y vivait en concubinage).
De retour à Avila le dimanche des Rameaux de l’année 1537, elle subit en juillet une rechute de quatre jours chez son père. Elle reste paralysée pendant plus de deux ans. Aussi bien avant qu’après sa rechute, elle connut de grandes souffrances physiques.
Vers le milieu de l’année 1539, Thérèse recouvre la santé, selon elle, grâce à Saint Joseph. Avec la santé reviennent les goûts mondains, faciles à satisfaire : Thérèse vit à nouveau au couvent et reçoit de fréquentes visites.
Si cette période est tellement difficile, Thérèse reçoit un soutien très important pour sa formation spirituelle. Avant d’arriver à Zapardiel de la Cañada, elle passe à Ortigoza, chez l’oncle Pedro de Cepeda. Homme de foi et de sciences, il octroie, à sa nièce qui ne sait pas encore comment faire oraison, un livre du traité du recueillement, Le troisième Abécédaire du frère franciscain Francisco de Osuna.
Pour la première fois, Thérèse apprend tant trois niveaux et façons d’oraison que l’étude consultant les livres.
Elle développera plus tard, dans Le Livre de la vie, ses quatre niveaux d’oraison. Et dans cette autobiographe, elle exprime que, par les écritures, elle étudie intensivement les vertus de saint François d’Assise (pour la preuve par ses stigmates), de saint Antoine de Padoue (l’amour pour l’Enfant-Jésus) ainsi que de saint Bernard de Clairvaux et de sainte Catherine de Sienne.
Conversion
Selon elle, son esprit s’alanguit, au point de lui faire abandonner la prière (1541). Un jour, par hasard, elle voit dans un oratoire une image de Jésus=Christ souffrant qui provoque en elle une profonde émotion.
Elle dira : « C’était une représentation si vive de ce que Notre-Seigneur endura pour nous, qu’en voyant le divin Maître dans cet état, je me sentis profondément bouleversée. Au souvenir de l’ingratitude dont j’avais payé tant d’amour, je fus saisie d’une si grande douleur qu’il me semblait sentir mon cœur se fendre. ». Elle décide alors de reprendre l’oraison. La lecture des Confessions de saint Augustin l’encourage dans sa conversion.
Ressentant des grâces spirituelles dans son oraison, Thérèse se confie à son confesseur pour savoir si elles viennent de Dieu ou du démon.
Celui-ci, après l’avoir écoutée, lui indique que c’est le démon qui lui crée des illusions ; cette nouvelle cause beaucoup de tourments à Thérèse. Après plusieurs années où il lui tient ce même discours, l’ecclésiastique conseille finalement à Thérèse d’aller consulter des prêtres de la toute récente Compagnie de Jésus.
C’est à ce moment, en 1555, que les jésuites Juan de Padranos et Balthazar Alvarez fondent un collège à Avila.
Padranos devient le confesseur de Thérèse.
L’année suivante (1556), Thérèse commence à ressentir des faveurs spirituelles intenses, et peu après en 1557, elle se voit encouragée par saint François Borgia.
Sainte Thérèse raconte sa première vision ainsi qu’une vue de l’enfer en 1557 ; en 1559, elle prend pour confesseur Baltasar Alvarez, qui dirige sa conscience pendant six ans, et reçoit, dit-elle, de grandes faveurs célestes, parmi lesquelles la vision de Jésus ressuscité, des expériences de ravissement spirituel intenses et des épisodes de lévitation dont elle supplie Dieu de la délivrer, ainsi qu’elle le raconte dans son autobiographie.
En 1560, elle fait le Voeu de toujours aspirer à la plus grande perfection : elle veut fonder à Ávila un monastère observant strictement la règle de l’Ordre, qui inclut l’obligation de la pauvreté, de la solitude et du silence. Son confesseur, le dominicain Pedro Ibáñez, lui ordonne d’écrire le récit de sa vie, travail qui va durer de 1561 à juin 1562. Plus tard, sur les conseils de Soto, elle réécrit le récit de sa vie en 1566.
Oraison et Transverbération

La tranverbération de Sainte Thérèse d’Avila : une oeuvre de Le Bernin, 1652
L’oraison naturelle peut être pratiquée par chacun, avec la Grâce du Seigneur, essentiellement par la piété, le silence et l’Ouverture, la persévérance.
Sainte Thérèse le souligne dans les trois premières Demeures du Château intérieur, un des livres qui fut écrit par la Sainte.
Cependant ces deux vertus ne suffisent pas, même avec l’aide de la grâce, pour conduire à l’oraison surnaturelle, don gratuit de Dieu qui l’accorde même parfois à des âmes dont l’état spirituel est encore imparfait.
C’est seulement lorsque l’âme pénètre dans la quatrième demeure que se fait le passage du naturel au surnaturel, ainsi que Thérèse l’écrit elle-même.
La contemplation mystique consiste en « des dons extraordinaires que Dieu ne donne que quand et à qui il lui plaît », et qu’elle introduit l’âme dans « un monde nouveau dont la beauté la ravit, et dont l’objet sont les vérités surnaturelles que la lumière divine lui découvre.
Sainte Thérèse exprime qu’elle connu la transverbération dans sa biographie française publiée au XVIème siècle Thérèse dit :
« Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n’était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré qu’il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu’ils semblent s’enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d’or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l’enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu’il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait tout embrasée d’un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle m’arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur était si excessive qu’on ne pouvait que désirer qu’elle se poursuive, et que l’âme ne se contente de moins que Dieu. Ce n’est pas une douleur corporelle, mais spirituelle, même si le corps y participe un peu, et même très fort. C’est un échange d’amour si suave qui se passe entre l’âme et Dieu, que moi je supplie sa bonté de le révéler à ceux qui penseraient que je mens… Les jours où je vivais cela, j’allais comme abasourdie, je souhaitais ni voir ni parler avec personne, mais m’embraser dans ma peine, qui pour moi était une des plus grandes gloires, de celles qu’ont connues ses serviteurs. »
« Dans toutes les pages du livre de sa vie se voient les marques d’une passion vive, d’une franchise absolue et d’un illuminisme de la foi des fidèles. Toutes ses révélations témoignent de sa croyance profonde en une union spirituelle entre elle et le Christ. Elle voyait Dieu, la Vierge, les saints et les anges dans toute leur splendeur et elle recevait d’en-haut des inspirations mises à profit pour discipliner sa vie intérieure.
Dans sa jeunesse, ses aspirations furent peu nombreuses et semblent confuses ; ce fut seulement en plein âge mûr qu’elles devinrent plus précises, plus fréquentes et aussi plus extraordinaires. Elle avait plus de quarante-trois ans quand elle vécut sa première extase. Ses visions se succédèrent sans interruption pendant deux ans et demi (1559-1561).
Soit par méfiance, soit pour la mettre à l’épreuve, ses supérieurs lui interdirent de s’abandonner à cet ardent penchant pour les dévotions mystiques, qui étaient pour elle comme une seconde vie, et lui ordonnèrent de résister à ces extases, dans lesquelles se consumait sa santé.
Elle obéit, mais en dépit de ses efforts, sa prière était si continue que même le sommeil ne parvenait à en arrêter le cours. Simultanément, embrasée d’un violent désir de voir Dieu, elle se sentait mourir. Cet état singulier déclencha à plusieurs reprises la vision qui serait à l’origine d’une fête particulière dans l’ordre du Carmel. »
Pour perpétuer la mémoire de cette mystérieuse blessure, le pape Benoît XIII, à la demande des carmélites, établit en 1726 la fête de la transverbération du Coeur de Sainte Thérèse d’Avila le 26 août.
Le biographe Boudot ajoute : « Jusqu’à son dernier soupir, Thérèse eut le privilège de converser avec les personnes divines, qui la consolaient ou lui révélaient certains secrets du ciel, celui d’être transportée en enfer ou au purgatoire, et encore celui de prévoir l’avenir. ». De nos jours, cette fête est toujours célébrée dans l’Ordre du Carmel avec rang de mémoire facultative, et mémoire obligatoire pour les moniales.
Première fondation à Ávila
Dès 1560, Pierre d’Alcántara soutient Thérèse dans sa détermination à mettre en pratique sa foi et son appel mystique. Il devient son maître spirituel et son conseiller. Ce soutien moral lui permettra d’entreprendre la création d’une série de couvents sans le laxisme qui l’avait choquée dans de nombreux cloîtres dont celui de l’Incarnation
Un autre point important est le temps d’oraison qui devient un temps obligatoire et important de la journée carmélitaine (deux heures quotidiennes), avec bien sûr, les sept offices liturgiques qui rythment la journée. Cette vie contemplative n’est pas une fin en soi pour Thérèse, mais un outil pour la sainteté de l’Église : en étant « l’apôtre des apôtres », elle veut offrir sa vie entière à Dieu pour la sainteté des ministres de l’Église. Thérèse dit qu’une religieuse authentique disciple et « amie » du Christ , par sa vie offerte dans le silence et la contemplation peut être d’un très grand prix pour le salut du monde.
Oppositions et persécutions
En 1576, une série de persécutions est lancée par l’ordre du carmel (les moines de l’ancienne observance) contre les réformateurs , Thérèse et ses disciples. En suivant des décrets adoptés lors de la réunion générale du chapitre à Plaisance, les « définisseurs » de l’ordre mettent un terme à toute nouvelle ouverture de couvent. Thérèse est assignée à rester dans l’un de ses couvents. Elle obéit et choisit Saint-Joseph à Tolède. Ses amis et disciples sont soumis à des décisions encore plus sévères. L’Inquisition bat son plein.
Le nonce Hormanet décède et le nouveau nonce est instruit à charge, par les carmes chaussés, contre Thérèse. Il arrive donc avec des idées très arrêtées sur la réforme thérésienne. Le père Gratien, protecteur de Thérèse, est démis de ses fonctions et le père Ange Salazar est nommé à sa place. Beaucoup de médisances et de calomnies circulent par écrit à son sujet, mais Thérèse reste dans son couvent, très calme, poursuivant sa correspondance. C’est à cette période qu’elle rédige son ouvrage majeur : Le château intérieur.
Après un certain temps, Thérèse tente d’écrire au roi d’Espagne pour lui demander sa protection, mais celui-ci, même avec le soutien des évêques, ne réussit pas à convaincre le nonce du Vatican.
Finalement, des carmes déchaussés se rendent à Rome pour demander la séparation en provinces carmélitaines autonomes des couvents réformés des autres couvents non réformés. Cette solution technique va résoudre les quatre années de blocages et d’oppositions : Thérèse peut reprendre ses fondations.
L’Inquisition espagnole va faire plusieurs enquêtes sur Thérèse, qui est une femme, et qui plus est, une conversa, enseignant une spiritualité intérieure et vivant des expériences mystiques ; l’Inquisition va bloquer un temps ses actions.
Thérèse avait rédigé un ouvrage autobiographique Le Livre de la Vie sur demande de son confesseur. Cet ouvrage contenant des enseignements sur la vie de prière et l’oraison mentale, Thérèse le diffuse dans ses couvents pour instruire ses carmélites. À la suite de la publication et de la diffusion de cet ouvrage à la cour même du roi d’Espagne, l’Inquisition fait effectuer une première étude de l’ouvrage en juillet 1575 par le père Domingo Banez qui donne un avis favorable.
Mais une seconde dénonciation en juillet 1576 par une jeune fille, accueillie comme novice dans un couvent par Thérèse, puis finalement expulsée pour indiscipline, entraîne la saisie par l’Inquisition de tous les livres (l’original et toutes les copies) et Thérèse est assignée à résidence dans un couvent de Castille en 1576. Les principaux chefs d’accusation de l’Inquisition concernent sa pratique de l’oraison mentale (et non vocale) propice aux effusions mystiques, telles la glosssolalie, les stigmates ou la lévitation qui lui sont accordées et sont dénoncées comme des signes de « possession démoniaque » par le manuel des dominicains Malleus Maleficarum. Ceux qui ne comprenne pas l’oeuvre du Seigneur, imagine le mal là où il n’est pas. Car la lévitation n’est pas un mouvement volontaire du corps et de l’ego. Elle est une Grâce ainsi que les autres Siddhis.
Compte tenu des accusations portées contre Thérèse par cette personne, l’Inquisition mène une enquête sur Thérèse même ; en 1580, son confesseur lui ordonne de brûler les Pensées sur l’amour de Dieu, méditations sur le Cantique des Cantiques ; en 1589, sept ans après sa mort, les théologiens de l’Inquisition demandent que son œuvre soit détruite.
Finalement Thérèse est totalement innocentée. Cependant, son autobiographie restera sous séquestre, entre les mains des Inquisiteurs, pendant treize ans, jusqu’à la mort de Thérèse, à son grand désespoir.
Après sa mort, la prieure du couvent de Madrid demande au Cardinal Quiroga, membre du conseil suprême, qu’on lui restitue l’ouvrage. Celui-ci accepte, et va même jusqu’à obtenir du conseil de l’Inquisition une subvention pour le faire publier.
Dernières fondations
Le 20 septembre 1582, son état empire car Thérèse souffrait d’une maladie inconnue et à la veille de la Saint François, elle dit à ses carmélites rassemblées autour d’elle : « Mes filles et mesdames, je vous prie, pour l’amour de Dieu, que les règles et les constitutions soient exactement observées, et que vous ne vous arrêtiez pas aux exemples de cette indigne pécheresse qui va mourir ; pensez plutôt à lui pardonner. »
À ces paroles, les religieuses fondent en larmes.
Sœur Anne de Saint Barthélemy la tient dans ses bras durant ses dernières heures. C’est ainsi qu’elle meurt durant la nuit du jeudi 4 au vendredi 15 octobre 1582. En effet, cette nuit-là, l’Espagne et l’Italie passent du calendrier Julien au calendrier grégorien par décision du Page Grégoire XIII.
La réformatrice du Carmel décède donc durant « la plus longue nuit qu’ait connue l’Espagne ». Depuis, elle est fêtée le 15 octobre.
Ses dernières paroles sont : « À la fin, je meurs en fille de l’Église » ; et : « L’heure est à présent venue, mon Époux, que nous nous voyions ». La cause de la mort est une metrorragie.
Thérèse est inhumée sans embaumement. Sa dépouille est enterrée dans le chœur de la chapelle du couvent de l’Annonciation de la ville d’Alba de Tormes.
Neuf mois après sa mort, une première exhumation a lieu : alors que les vêtements ont pourri, le corps est découvert incorrompu et en odeur de Sainteté.
Dernières translations
En 1598, un sépulcre est édifié. On y transfère les restes de son corps, toujours incorrompu, dans une nouvelle chapelle en 1616. Puis en 1670, on le transfère à nouveau pour l’installer dans une châsse d’argent. La dernière translation de ses restes a eu lieu le 13 octobre 1760 dans un tombeau en marbre sculpté par Jacques Marquet et placé au-dessus du maître autel de l’église de l’Annonciation d’Alba de Tormes.
Sainte Thérèse, la femme et la mystique

Francisco Riveira, le confesseur de la sainte, la décrivait physiquement ainsi : « Elle était de bonne stature, et au temps de sa jeunesse, belle, et encore au temps de sa vieillesse, elle supportait bien sa fatigue, le corps épais et très blanc, le visage rond et plein, de bonne taille et proportion ; le teint de couleur blanche et incarné, et lorsqu’elle était en prière, il s’enflammait et elle devenait très belle, tout ce teint clair et paisible ; la chevelure, noire et crépue, le front large, égal et beau ; les sourcils de couleur claire et tirant un peu sur le noir, grands et un peu épais, non en arc, mais un peu plats ».
Au plan intellectuel et théologique, sainte Thérèse ne cesse de souligner dans ses écrits son humilité, sa dévotion et son obéissance envers son confesseur, allant même jusqu’à avouer son ignorance doctrinale et son infériorité intellectuelle en tant que femme : « Une créature aussi misérable que moi, écrit-elle, peut trembler de parler d’une chose que je suis loin de mériter de comprendre. » Ces aveux d’incompétence avaient sans aucun doute pour but de la prémunir contre une possible condamnation de la part des juges de l’Inquisition ; en réalité, Thérèse d’Avila veut faire entendre son enseignement aux moniales de son ordre pour les encourager à suivre le chemin de la mystique, indiquant clairement qu’elle dit la vérité : « Je sais que ce que je dis est vrai […] Mon âme sent que telle est la vérité. […] Vous voyez cette âme que Dieu a rendue toute bête pour mieux graver en elle la vraie science », écrit-elle dans Le châteai intérieur. Au-delà des mots et de la raison discursive, Thérèse présente donc son expérience mystique comme constitutive de son enseignement spirituel ; son expérience personnelle, intuitive et affective, s’oppose ainsi à toute la scolastique érudite et aux savantes exégèses de l’institution de son époque. Cette théologie mystique annonce la mystique française du XVIIème siècle.
Comme le relate Michel de Certeau, les Carmélites espagnoles se laissaient saisir par l’inspiration divine d’une sainte chorégraphie. En effet, Thérèse d’Avila dansait dans ses couvents et encourageait ses sœurs à faire de même.
À sa suite, lors de la fondation des Carmels en France, Anne de Jésus dansa dans le Carmel de Dijon au moment de sa création, entourée par les sœurs françaises et la prieure qui en fait le récit.
Teresa dansait au jardin pendant les récréations, dans la chapelle devant le Saint Sacrement ou dans les couloirs des cellules. Des sources indiquent aussi une danse autour d’un cercueil, une autre lors de l’office de la Circoncision, et une pratique qui s’est poursuivie jusqu’à la fin de sa vie, comme en témoignent ses castagnettes, pour une danse à Noël 1580.
Béatification, canonisation et docteur de l’Église
Thérèse d’Avila est béatifiée en 1614 par le pape Paul V.
Le pape Grégoire XV canonise le 12 mars 1622. Ensuite Thérèse d’Avila fut déclarée Patronne d’Espagne par Urain VIII en 1627.
Le 27 septembre 1970, le pape Paul VI proclame Thérèse (avec Catherine de Sienne), docteur de l’Eglise. Elle est la première femme à obtenir ce titre.
Dans l’Église, sa fête le 15 octobre a rang de mémoire ligurgique mais dans l’Ordre du Carmel, sa fête est une solennité.
Influence religieuse
La mystique de sainte Thérèse d’Avila a influencé durablement les théologiens des siècles suivants, notamment saint François de Sales.
Déçu par la dégradation de l’Église catholique, il dénonce le langage savant et intellectuel de « plusieurs gens de lettres qui, après un grand tracas d’étude, se voient honteux de n’entendre pas ce qu’elle écrit si heureusement de la pratique du saint amour », écrit-il dans son Traité de l’amour de Dieu ; adhérant à une religion du cœur, il recommande la lecture des écrits de sainte Thérèse d’Avila avant même qu’elle n’ait été béatifiée.
En 2011, le pape Benoît XVI déclare : « sainte Thérèse de Jésus est une véritable maîtresse de vie chrétienne pour les fidèles de chaque temps. Dans notre société, souvent en manque de valeurs spirituelles, sainte Thérèse nous enseigne à être des témoins inlassables de Dieu, de sa présence et de son action, elle nous enseigne à ressentir réellement cette soif de Dieu qui existe dans la profondeur de notre cœur, ce désir de voir Dieu, de chercher Dieu, d’être en conversation avec Lui et d’être ses amis.
Telle est l’amitié qui est nécessaire pour nous tous et que nous devons rechercher, jour après jour, à nouveau. ». Il ajoute : « Que l’exemple de cette sainte, profondément contemplative et efficacement active, nous pousse nous aussi à consacrer chaque jour le juste temps à la prière, à cette ouverture vers Dieu, à ce chemin pour chercher Dieu, pour le voir, pour trouver son amitié et trouver ainsi la vraie vie ».
Influence culturelle et artistique
Thérèse d’Avila a profondément inspiré Paul Verlaine dans son travail de conversion, et notamment pour le recueil Sagesse (« Ô mon Dieu vous m’avez blessé d’amour »). Elle était pour lui l’exemple même de « la femme de génie » (Voyage en France par un Français).
Œuvre littéraire mystique de Sainte Thérèse d’Avila
Elle a laissé plusieurs écrits traitant de spiritualité, en particulier :
Le chemin de la perfection rédigé entre 1569 et 1576. Livre écrit à la demande des religieuses carmélites pour leur enseigner la vie de prière et l’oraison. Thérèse en profite pour les instruire également sur la conduite à tenir pour progresser dans leur cheminement spirituel.
Le château intérieur ou « Les Demeures » en 1577.
Le Livre de la Vie rédigé entre 1562 et 1565. Autobiographie dont le manuscrit original se trouve au monastère Saint Laurent de l’Escorial. Ce texte se termine à la fondation du premier couvent d’Avila. Le livre des Fondations constituant la suite de la biographie.
Le château intérieur Livre rédigé à la demande du Père Gratien (pour les carmélites), elle y compare le cheminement spirituel à un château contenant de nombreuses demeures (d’où les différents titres : Le château intérieur ou Les demeures). Ces demeures, au nombre de 7, composent les étapes du cheminement spirituel du chrétien jusqu’à l’union mystique (les épousailles). Il s’agit de l’ouvrage majeur de Thérèse décrivant de bout en bout, le chemin de l’âme grâce à l’oraison.
Pensées sur l’amour de Dieu ». Rédigée entre 1566 et 1574, cette réflexion de Thérèse sur le Cantique des Cantiques l’amène à parler de « la paix que Dieu donne aux âmes dans l’oraison, à l’oraison de quiétude et l’oraison d’union »
Œuvres d’organisation et de prière
Les Constitution(1563). Texte des constitutions pour les couvents réformés de carmélites et de carmes qu’elle a établis. Ce texte est approuvé par le général de l’ordre en 1567
Exclamations de l’âme à son Dieu [« Exclamaciones del alma a su Dios »]. Probablement rédigé autour de 1559, cet ouvrage est composé de 17 textes courts (1 à 2 pages) s’apparentant aux Soliloques de Saint Augustin.
Les Fondations (1573-1582). Récit biographique de Thérèse sur les fondations des couvents de carmélites, depuis celui de Saint-Joseph à Avila, jusqu’à celui de Burgos en 1582. Elle y intègre quelques chapitres sur le rôle de la supérieure (d’un couvent) dans l’accompagnement spirituel des carmélites, ainsi que des enseignements sur la vie de prière et d’oraison pour les religieuses.
Les Relations ou « Relations spirituelles . Cet ouvrage est constitué de la compilation d’une série de lettres (6 lettres) rédigées par Thérèse à l’intention de ses confesseurs, ainsi que d’une série de notes (une soixantaine), plus courtes rédigées en différents lieux et dates. Tous ses textes nous renseignent sur sa vie mystique et certaines de ses expériences spirituelles qui ne sont connues que dans ces textes.
Humiliation . Court texte de 4 pages en réponse à une réflexion sur la phrase « Cherche-toi en moi. ». Plusieurs personnes ayant donné une réponse personnelle, Thérèse leur répond, avec humour
Visite de déchaussées [« Visita de descalzas »]
Annotations [« Apuntaciones »]
Méditations sur les cantiques
Méditations sur le pater
Autres contributions
Thérèse écrivit aussi de nombreux poèmes et entretint une importante correspondance, dont plus de 400 lettres ont été conservées. Ses écrits ont fait l’objet de traductions dans de nombreuses langues.
Si les différents ouvrages thérésiens sont rapidement diffusés après leur rédaction, cette diffusion reste confidentielle car limitée à quelques couvents de la réforme et les copies se font manuellement. La publication officielle de ses écrits et auprès du grand public ne se fait qu’après sa mort, mais dans un délai relativement court.
https://youtu.be/64C1OteWS1Q?si=TfUTikKW5MCCAi3O Une très bonne vidéo concernant la Sainte, nommée Docteur de l’Eglise.
Sources : wikipédia, livres papiers.
Namasté à vous qui passez par ici, Bénédictions et Paix

